Ils n’ont pas honte !

La cour 
des miracles 
du journalisme délivre un brevet 
de respectabilité 
au maire FN de Hénin-Beaumont, 
 « élu de l’année » du trombinoscope.

Trombinoscope

Après seulement 33 ans d’existence, le Trombinoscope, annuaire des personnalités politiques, créé en 1981, est-il déjà atteint de sénilité précoce ?

La feuille, dirigée par (et vers, essentiellement) des journalistes parlementaires, a consacré le maire FN de Hénin-Beaumont, Steeve Briois, « élu local de l’année » 2014. Si ce n’est l’entre-soi journalistique, quelle fine analyse politique a conduit la crème des commentateurs – Arlette Chabot, Laurent Joffrin, Christophe Barbier et consorts – à une telle décision ?

« Nous aurions pu désigner Marine Le Pen dans la catégorie de la révélation politique de l’année, mais nous ne l’avons pas fait. » Gilles Leclerc, le président de la chaîne parlementaire Public Sénat, qui devait remettre le prix à Briois hier soir, à l’hôtel de Lassay (à l’Assemblée nationale), justifie bien mal le choix de ses pairs, dans la Voix du Nord : « Le jury ne pouvait pas ignorer le fait de la montée du FN. »

Comme si les directeurs de journaux, Laurent Joffrin, au Nouvel Observateur puis à Libération, Christophe Barbier à l’Express, n’avaient eux-mêmes accompagné cette « montée ».  Grégory Marin – L’Huma Quotidien – 28 Janv 2015


Version « Le Parisien ».

Polémique sur le prix du Trombinoscope remis au FN Steeve Briois

La cérémonie s’est déroulée ce mardi soir, à l’Hôtel de Lassay, sa résidence officielle. Mais le président de l’Assemblée nationale n’en était pas. Claude Bartolone a boycotté la remise des prix politiques du Trombinoscope, qui «saluent l’action et le professionnalisme de personnalités politiques qui se sont particulièrement illustrées durant l’année écoulée».

En cause ? L’attribution du prix «de l’élu local de l’année» au frontiste Steeve Briois. Une «première pour le FN», dont l’heureux élu s’est félicité sitôt le résultat connu.

En mars dernier, Briois a été élu maire d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) dès le premier tour, offrant là au Front national son premier trophée des municipales 2014.

Sitôt installé dans son siège de maire, il avait créé une polémique en mettant fin à la subvention accordée par la ville à la Ligue des droits de l’homme (LDH). [ Mais bien d’autres depuis)

C’est le président de la chaîne Public Sénat, Gilles Leclerc, qui lui a remis la récompense contestée, précisant qu’il ne s’agissait « pas d’une véritable récompense, mais du symbole » de la progression électorale du Front national. « Même s’il m’est attribué à contrecœur, ce prix me va droit au cœur », a rétorqué le maire de Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) et député européen.

« On n’a pas de plaisir à décerner un prix au Front national. Simplement, le jury a estimé qu’il était impossible, en 2015, de ne pas décerner un prix à quelqu’un de ce parti », justifie encore Alberto Toscano, membre du jury, auprès de LCP.

Au cours de l’année 2014, le parti de Marine Le Pen s’est distingué par ses résultats aux municipales de mars, mais surtout aux européennes de mai lors desquelles il est arrivé en tête. Une première depuis sa création.

Les frontistes y voient du « sectarisme »

Performance électorale ou pas, hors de question pour Bartolone « de participer à la normalisation du FN », a fait valoir son entourage. Une prise de position saluée par les députés socialistes du Pas-de-Calais, qui dénoncent un prix « sensationnaliste » n’aidant « pas à améliorer l’image de la politique et de l’action locale ».

Incompréhension aussi à droite. Interrogé mercredi matin sur RMC, François Baroin (UMP), sénateur-maire de Troyes (Aube) et président de l’Association des maires de France, dit qu’il « ne comprend pas (ce prix), c’est sa première élection. La réélection est plus difficile, c’est votre travail qui compte. Il faudrait se donner rendez-vous dans six ans ». (…)

Extrait d’un article paru dans « leparisien.fr », P.Th. – 27 Janv. 2015 – Permalien

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