Réactualisation ?

« À une situation exceptionnelle doivent répondre des mesures exceptionnelles. » Manuel Valls a raison, et on croise les doigts pour que cette heureuse disposition d’esprit l’habite longtemps. Déjà, le monde judiciaire est invité à plus de fermeté, et personne ne s’en plaindra – hormis les délinquants multirécidivistes, chez qui, comme on l’a vu, se recrutent les djihadistes.

Note perso : Lorsque « Le Figaro » encense Manuel Valls, je suis inquiet et me dit qu’il y a effectivement nivellement des idées d’une certaine Gauche proche de la Droite. MC

Mais on ne réglera aucun des problèmes vertigineux posés par la tragédie qui a endeuillé la France si on ne prend pas le mal à la racine. Or, de longue date, le mal est connu, diagnostiqué et localisé. Il se situe rue de Grenelle, à Paris, au siège du ministère de l’Éducation nationale.

Depuis bientôt quarante ans, ministre après ministre, il théorise son impuissance sous couvert de concepts oiseux professés par des syndicats d’enseignants archaïques mais sûrs de leur fait. Ceux-là ont fait de l’autorité une valeur exécrable, puisque supposée réactionnaire. Ils ont nourri le communautarisme en proclamant que tout se vaut et en persuadant leurs auditoires que le relativisme est l’alpha et l’oméga de la vie en société.

Ainsi donc les événements du 7 janvier sont dus à la destruction de toutes les valeurs de l’éducation nationale. À aucun moment n’est dénoncé le règne de la méritocratie et son vecteur l’individualisme érigé en loi pour le bienfait du libéralisme et des crédits à la consommation. Cette forme éducative en grande partie issue du milieu familial mais aussi relayé par l’éducation nationale s’adaptant aux besoins de main-d’œuvre du Medef, liée à un chômage consensuel

Ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem se retrouve face à un gigantesque dilemme. Elle doit renoncer à tout ce à quoi a cru la gauche. Le grand aggiornamento. Le temps est au retour des fameux « hussards noirs » de la République, qui transmettaient les connaissances et enseignaient les valeurs communes « sans distinction d’origine, de race ou de religion », comme le dit l’article premier de la Constitution.

  • La Marseillaise à l’école ? Oui, bien sûr.
  • Le service civique ? Il faut l’encourager.
  • La réaffirmation du maître incarnant l’indiscutable et irrécusable autorité ? Évidemment, oui.

Mais on doit revoir aussi d’autres aspects de l’Éducation nationale, notamment le fameux collège unique, dont mille et un rapports, de gauche comme de droite, ont signé l’échec patent depuis des décennies. Voilà le grand chantier de Najat Vallaud-Belkacem.

Certes, ses préférences partisanes plaident en sa défaveur et on peut craindre des demi-mesures arrangeantes et dérisoires. Mais sait-on jamais ? « À une situation exceptionnelle doivent répondre des mesures exceptionnelles. »

C’est son chef qui le lui demande.

Limbert Paul-Henri, Le Figaro

 

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