Une « autre » république !

Le Parlement ne joue plus aucun rôle, écrasé par la dérive monarchique et autoritaire d’un présidentialisme tout-puissant.

Au plan local: la réforme territoriale est une sorte d’infanticide, car elle est faite par des élus. Elle va instaurer des « monarchies présidentielles locales » dans les métropoles et détruire la démocratie locale, le fait communal.

Face à cette attaque sans précédent de la démocratie équivalent a la perte de souveraineté populaire, à quelle hauteur faut-il situer la riposte progressiste ?

Le décalage entre les promesses électorales et leurs réelles préoccupations une fois élue au depuis plusieurs décennies à porter discrédit du politique. C’est ainsi que l’idée de pouvoir révoquer des élus est séduisante mais son principal inconvénient est qu’elle renvoie, encore une fois, à la délégation d’un pouvoir fait sur un catalogue d’engagements, dont le candidat lui-même n’est pas sûr de pouvoir le mettre en place au soir de son élection.

Révoquer un élu au cours de son mandat.

Au fond, on pense résoudre le non-respect des engagements par la menace du bâton.

D’abord il faudrait cesser de penser que l’électeur et incapable de comprendre une politique à mener fussent-elles européennes ou mondialistes. Ensuite en quoi une sixième république peut-elle constituer un nouveau moteur de vie démocratique?

La novation fondamentale d’un nouveau système de démocratie représentative, tiendrait dans l’irruption de la participation citoyenne dans les processus de décision à tous les niveaux territoriaux et sous toutes les formes possibles et imaginables.

Une décision d’une assemblée élue n’est pas la même dans son contenu et sa légitimité si elle est prise par une personne ou une poignée de personnes, ou si elle est prise à l’issue d’un processus rassemblant plusieurs dizaines, centaines ou milliers de personnes et si tout ou partie d’entre elles participent à sa mise en œuvre car les citoyens entendent connaître le goût des engagements pris par l’élu. Il faut pratiquer le référendum décisionnel, c’est l’application la plus réaliste d’une démocratie directe.

Le contrôle des élus est normal. Il doit être citoyen.

On pourrait par exemple créer au début de chaque mandat une « assemblée citoyenne » composée de personnes à parité représentantes de la société française, tirés au sort et une partie proportionnelle représentante des syndicats, des associations, des partis.

Le rôle de cette assemblée serait de rédiger un rapport à mi-mandat débattu par l’assemblée, élue et l’assemblée citoyenne réunies ensemble et débouchant, si besoin, sur des référendums à propos de problèmes non ou mal résolus.

Voilà une irruption citoyenne permanente dans la gestion. Cette irruption citoyenne doit, bien entendu, s’accompagner d’une réforme des institutions elles-mêmes pour revaloriser le rôle des élus : primauté au Parlement, proportionnelle et parité, non-cumul des mandats, statut de l’élu.

D’après François Auguste, Conseiller régional Front de Gauche RA. – MC.