Glaneurs.

C’est loin d’être un métier, mais c’est la seule façon de survivre pour beaucoup de démunis. Trop de gens se retrouvent dans les conditions de survie du XIXe siècle. MC

Juva fredonne dans la file d’attente un chant de chez lui, l’Algérie. Comme tous les dimanches, il vient place Joinville, dans le 19e arrondissement de Paris, chercher ses fruits et légumes.

Chômeur en fin de droit, il rythme sa semaine entre le marché de La Courneuve, le mardi et le vendredi, et celui-ci, chaque dimanche. Sauf qu’ici, c’est différent. Il n’a pas à fouiller les cageots ou les poubelles pour trouver quelques fruits mangeables, il n’a pas à « glaner ». C’est l’association qui s’en charge.

Lui est client. Un rôle dont il n’a plus l’habitude. Le long de l’école du quartier, il fait la queue comme les autres. Lorsque vient son tour, il passe devant les tables où sont amassées les caisses d’avocats, de melons, de fraises. Les membres de l’association lui donnent une ration de ce qu’il veut gratuitement.

La Tente des glaneurs est installée ici depuis décembre 2013. Elle a fait ses premiers pas il y a quatre ans, à Lille, grâce à Jean-Louis Lemaire. « J’étais dégoûté de voir des gens faire les poubelles à la fin du marché et en même temps très étonné de la qualité des produits qu’ils trouvaient. » Bénévole aux Restos du cœur, il décide de créer une association. En quatre ans, vingt-cinq Tente des glaneurs se sont installées en France.

« On ne fait pas la charité. Les gens dans le besoin deviennent des acteurs du développement durable », assure Jean-Louis.

Fati est mère de famille et n’a trouvé qu’un emploi à mi-temps. Lorsqu’elle fait le marché, elle achète seulement le nécessaire et vient à la Tente pour les petits plus. « Il y a des fraises, les enfants vont être contents », assure-t-elle. Aujourd’hui, pour la première fois, elle a mené sa mère, Sarah, à la retraite. La vieille dame a du mal à détourner les yeux des étals. « Je ne touche pas grand-chose chaque mois, confie-t-elle, je suis obligée de faire attention. Je n’achète plus de viande. Je vois des choses que je n’ai pas mangées depuis longtemps. » Une dizaine de bénévoles viennent aider au tri des fruits et légumes, à la distribution. « Et dire que tout ça serait parti à la poubelle », se désole Olivier.

Tout commence sur le marché. Dans les allées, entre le brouhaha des prix lancés à la volée et les morceaux de melons tendus en dégustation, Anna, la présidente de la Tente des glaneurs du 19e arrondissement, se fraie un chemin, un gilet jaune sur les épaules. Une poignée de main pour chaque commerçant, deux mots sur les vacances, et, bien vite, le: « Alors, t’as quelque chose pour moi? » Parfois, il faut repasser, attendre que les derniers clients soient partis. Mais le résultat est là: dix caisses de pommes de terre, six d’avocats, une quarantaine de barquettes de fraises, plusieurs caisses de melons…

Les dons sont nombreux. « On est content d’être solidaire », dit Oussama, vendeur de fruits depuis dix-huit ans. L’opération est aussi rentable financièrement. Chaque commerçant paie une taxe selon le poids des déchets qu’il produit.

Depuis l’arrivée des Glaneurs, celle-ci a nettement diminué. Les membres de l’association ne se contentent pas de donner les aliments, ils s’intéressent à la situation des personnes accueillies.

À Lille comme ailleurs, ils constatent une augmentation du nombre d’étudiants, de retraités, de divorcés. Après une heure de distribution, tout le monde a été servi. Quelques légumes restent encore. Anna les propose aux passants. Tout, plutôt que jeter.

Raphaëlle Besançon

Les Glaneuses - Millet

Des glaneuses (souvent nommé Les Glaneuses) est un tableau de Jean-François Millet, peint en 1857.

C’est un tableau réaliste qui représente une vieille paysanne et deux plus jeunes, ces femmes sont pauvres car elles sont obligées de glaner des épis de blés pour se nourrir ; elles illustrent donc la misère des populations rurales du XIXème siècle. Les personnages présents sur ce tableau ne sont pas nombreux, cependant, à l’arrière-plan on y voit une charrette pleine de récolte, on peut donc imaginer qu’autour d’autres personnes sont présentes.

Au premier plan le peintre représente ces trois femmes, dos cassés, regards rivés au sol ; elles ne sont pas individualisées, on ne peut pas distinguer leur visage, bien que les détails et la précision de la peinture soient frappants, les récepteurs semblent complétement ignorés. On distingue les trois phases de leur récolte qui consiste à se baisser, ramasser et se relever, Millet veut représenter la douleur.