Les français servent de punchingball aux politiques.

Pas un jour ne se passe sans qu’un membre de ce gouvernement ne réclame une réforme néolibérale de plus. Comme si les dégâts n’étaient pas assez importants avec un taux de chômage de plus de 10 % et une aggravation des inégalités, si bien que la pauvreté touche aujourd’hui en France près de 9 millions de personnes.

Le président Hollande vient de déclarer que « la pauvreté est une humiliation pour la République », or ce sont les politiques menées qui nous ont conduits dans cette situation économique et sociale désastreuse.

En touchant aux prestations sociales, aux dépenses dans. les services de l’État et au budget des collectivités territoriales, ce sont près de 21 milliards d’euros de coupes budgétaires prévues pour 2015, ces mêmes « économies » qui contribueront à aggraver le chômage et la paupérisation d’une partie croissante de la population.

C’est dans ce contexte que le gouvernement tente de diviser ceux qui souffrent, entre ceux qui mériteraient qu’on les aide (les travailleurs mal payés, « ceux qui se lèvent tôt ») et ceux qui ne le mériteraient pas (les chômeurs, ceux qui perçoivent des prestations sociales).

Selon le ministre de l’Économie, il faudrait ainsi réformer une nouvelle fois l’assurance chômage, et ainsi réduire l’indemnisation des chômeurs, tout en accentuant leur contrôle.

Encore plus aujourd’hui, il est donc urgent d’intervenir; l’urgence est celle d’informer, d’éclairer, de déconstruire ces idées reçues, fondées sur des chiffres instrumentalisés, et surtout de proposer. Car il existe des alternatives.

Déjà, Pierre Bourdieu en 1995 déclarait que, face à la « connaissance abstraite et mutilée » d’une certaine science économique, il fallait la confronter à « une connaissance plus respectueuse des hommes et des réalités auxquelles ils sont confrontés ».

Loin des médias dominants, loin de la pensée académique dominante, des intellectuels, sociologues, politistes, anthropologues, historiens, économistes ont choisi de montrer leur soutien à tous ceux qui souffrent et à tous ceux qui luttent aujourd’hui.

Sabina Issehnane, économiste, extrait d’un texte.