Chômeur, bouc émissaire du gouvernement

450.000 chômeurs en plus depuis que François Hollande est président !

Ce ne sont pas les chômeurs jetés à la rue, qui ferment ou qui délocalisent les entreprises pour que les dirigeants fassent des super profits pendant qu’eux s’appauvrissent. Un gouvernement qui fait passer les chômeurs pour des tricheurs aux indemnités, alors que les dirigeants d’entreprises « planquent » leurs frics à l’étranger pour échapper à l’imposition … chercher l’erreur. MC

Une fois encore dans la ligne de mire du gouvernement, les privés d’emploi risquent de voir à terme leurs indemnités rognées. Le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, prépare le terrain.

A vouloir mener une politique de droite, le gouvernement en est désormais réduit à pratiquer le même discours. Ainsi, dans un entretien au Journal du dimanche, Emmanuel Macron, ancien banquier d’affaires chez Rothschild, devenu ministre de l’Économie, juge qu’il ne doit y avoir « ni tabou ni posture » sur l’assurance chômage.

Comprendre que l’on va lancer en haut lieu le chantier d’une limitation de l’indemnisation des privés d’emploi au prétexte que « l’assurance chômage est en déficit de 4 milliards d’euros ». Une somme dix fois moindre que celle accordée, sans ciblage ni contrepartie, au patronat (41 milliards d’euros d’ici à 2017), en espérant une hypothétique relance de l’économie.

« L’assurance chômage fait partie des piliers de notre société, c’est un stabilisateur social (…) on ferait mieux de créer de l’emploi », s’est empressée de réagir la sénatrice socialiste de Paris, Marie-Noëlle Lienemann, animatrice de l’aile gauche du PS.

Même son de cloche, ou presque, du côté de l’ancien ministre de l’Éducation, Benoît Hamon, qui fustige des « initiatives prises de manière désordonnée » qui « désarçonnent les partenaires sociaux » et « inquiètent celles et ceux qui sont au chômage ».

S’il désapprouve la politique économique du gouvernement, Benoît Hamon tente une explication de texte : « Je crois qu’Emmanuel Macron comme le premier ministre mettent en œuvre des propositions, les mettent en débat parce qu’ils n’ont pas d’autre choix que de le faire et que l’Union européenne l’exige. »

Juste répartition des postures pour ce ballon d’essai lancé par l’Élysée – qui précisait, hier, que la négociation sur l’assurance chômage « viendra le moment venu » mais « pas immédiatement ».

Bruno Le Roux, patron des députés PS à l’Assemblée nationale, se veut lui aussi rassurant : « Ce n’est pas à l’agenda politique de la majorité (…) Avant que l’État prenne ses responsabilités, il faudra que les partenaires sociaux aient discuté (…). Nous serions avisés de laisser l’initiative aux partenaires sociaux. »

Et jusqu’au premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui, évitant soigneusement de se prononcer sur le fond, estime que « la gauche n’a pas de tabou, mais elle a quelques totems, en particulier le fait que quand le président de la République s’exprime, les ministres appliquent ».

Pour cette fois, le test n’est pas concluant. Mais la volonté d’installer dans les esprits que « les chômeurs seraient des profiteurs alors que ce sont les principales victimes de la dégradation du marché de l’emploi et de la montée du chômage », comme l’exprime le numéro un de la CGT, Thierry Lepaon, fait son chemin.

« Ce qui me choque le plus c’est qu’il n’ait pas fait référence au fait qu’aujourd’hui un chômeur sur deux ne touche pas d’indemnités », précise le responsable syndical. « La France à une préférence pour le chômage de masse bien indemnisé, c’est un fait», avait fait valoir, il y a peu, en Allemagne, Manuel Valls.

Procédant de la même logique du bouc émissaire, son ministre du Travail avait déjà expliqué début septembre qu’il fallait « vérifier que les gens cherchent du travail », ajoutant qu’ « à un moment, il faut qu’il y ait une sanction » .

L’absence de croissance et le chômage de masse durablement installés ne sauraient priver les actionnaires de toucher leurs dividendes – plus de 30 %, d’augmentation en 2013 – mais exflitrer l’argent du travail pour le ramener au capital devient un exercice de plus en plus périlleux en période de crise. Raison pour laquelle le gouvernement tente de racler les fonds de tiroir des plus modestes… en les culpabilisant.

Frédéric Durand

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