Revalorisation des pensions !

Les pensionnés touchant moins de 1200 euros brut par mois risquent d’attendre encore pour toucher la revalorisation de leur retraite de base, au 1er octobre 2014, promise par le gouvernement.

Une promesse de plus qui s’envole. Le gouvernement s’y était engagé auprès de sa majorité pour qu’elle vote le projet de loi de finances sur la Sécurité sociale, mais surtout aux retraités dont la pension (retraite de base et complémentaire) est inférieure à 1.200 euros brut par mois.

Après un gel depuis plus d’un an de leur pension, une petite revalorisation devait s’appliquer dès le 1er octobre pour « épargner » les plus démunis. Huit millions de retraités sont concernés, soit environ la moitié des bénéficiaires de pension.

Or; hier, la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), chargée de déterminer le montant global de chaque retraite et d’indiquer aux autres régimes à qui appliquer la revalorisation, ne disposait pas du décret nécessaire à la mise en place de la mesure de valorisation. Et les difficultés techniques associées aux interventions sur le répertoire des échanges inter-régimes de retraite (EIRR) soulevées au printemps par la Cnav et les syndicats n’étaient pas totalement résolues. L’inquiétude est donc montée d’un cran.

D’autant que le gouvernement avait indiqué en début d’été que la revalorisation des petites retraites pourrait ne pas intervenir au 1er octobre 2014 pour des « raisons techniques », mais que « tout retard sera compensé », sans plus de précision.

Une réévaluation minuscule et incompréhensible

« Ce n’est pas sérieux, résume Mijo Isabey, élue CGT au conseil d’administration de la Cnav. Un gouvernement ne peut pas faire une promesse sans en vérifier la faisabilité. Les retraités qui ont vu leur pouvoir d’achat fondre cette année attendent cette revalorisation. » Une mesure « urgente », confirme la secrétaire nationale de la CFDT retraités, Ombretta Frache.

Au-delà du gel des pensions de base et complémentaires, les retraités doivent faire face à une hausse de leur imposition, avec la suppression de la demi-part fiscale aux veufs et veuves ou divorcés qui ont élevé au moins un enfant, mais surtout avec la prise en compte dans l’impôt sur le revenu de la majoration familiale pour les personnes ayant au moins trois enfants de 10% sur la pension, jusqu’ici défiscalisée. 3,8 millions de retraités verront cette année une augmentation de leur revenu imposable. Et ceux qui étaient jusqu’à présent non imposables ne bénéficieront plus, en 2015, du taux réduit de CSG de 3,8 %.

Par ailleurs, la CGT juge « incompréhensible que le montant de cette réévaluation, aussi minuscule soit-il, ne soit toujours pas officiellement arrêté alors que les données sont connues. Le gouvernement s’apprête-t-il à modifier encore une fois les règles, pour faire encore moins, au motif que l’inflation est décidément plus basse que prévu? » s’interroge la Confédération.

De son côté, le gouvernement assure qu’il travaille afin qu’il « n’y ait pas de retard. Les travaux techniques qui ont débuté en juin avancent bien et le texte réglementaire interviendra rapidement », précise-t-on, sans confirmer que la revalorisation s’effectuera bien le 1er octobre.

En attendant, neuf organisations syndicales et associatives, ont appelé à une journée d’action sur les questions de pouvoir d’achat dans tous les départements, le 30 septembre. Une première mobilisation avait rassemblé, en juin, plus de 20.000 retraités à Paris.

Clotilde Mathieu – Huma quotidien 5/6/7 Sept 2014