C’était hier, et cela semble d’un autre temps.

Cela se passait place de la Liberté, et la musique jouait. La Marseillaise et God Save the Queen montaient dans le ciel de Benghazi. Cela sentait bon l’air marin et la victoire. Contre nous de la tyrannie de Kadhafi… Ce 15 septembre 2011, Nicolas Sarkozy et David Cameron célébraient la réussite de leur intervention militaire.

Mission accomplie.

Ce week-end, les diplomates américains ont évacué la Libye et Paris comme Londres viennent d’appeler leurs ressortissants à partir au plus vite. Il y a trois ans, à Benghazi, le Français appelait de ses vœux une « Libye unie ». L’Anglais, lui, lançait un inspiré « Profitez de la liberté ! ». Les deux hommes avaient des raisons de se féliciter.

Un sinistre autocrate passait la main. Leurs avions avaient brillamment opéré de concert.

On aurait dû se méfier.

Cette célébration en rappelait une autre. Quand, le 1er mai 2003, sur le porte-avions Abraham Lincoln, George Bush proclamait la fin des opérations ayant bouté Saddam Hussein hors de ses palais. Mission accomplie.

Une bannière portant la fière inscription était même déployée sur le pont d’envol.

Aujourd’hui, l’Irak est tombé en Scylla. Un « califat » y persécute chiites et chrétiens dans un même fanatisme hors d’âge. Le paradoxe est cruel.

C’est dans deux pays qui furent le théâtre d’opérations occidentales censées les nettoyer du Mal que le danger désormais se tapit.

Pour les Occidentaux, la Libye et l’Irak se referment. Hic sunt leones… Ici sont les djihadistes.

Des sanctuaires pour terroristes, tout aussi inquiétants que ne l’était l’Afghanistan en 2001. Et un peu plus près de l’Europe… Dans les deux cas, l’État a été détruit, il a disparu. Il a cédé la place aux milices et aux tribus.

Alors, ne rien faire ?

Non, bien sûr. Mais le faire quand on est prêt à « terminer le travail », pour reprendre les mots de George Bush en Irak ou de Nicolas Sarkozy en Libye.

Intervenir, mais réfléchir avant de faire table rase du passé. Car le pire, dans les guerres intestines, ce n’est pas toujours avant.

La Grange Arnaud, Le Figaro – Titre original Libye, Irak, tout ça pour ça – Permalien


 

Une autre solution de quel droit a-t-on usé … du droit d’ingérence, mon œil du droit de spolié des peuples ayant des ressources en minerais, énergies fossiles ou simplement d’un laisser passer entre deux pays pour des intérêts d’entrepreneurs nationaux ; les populations, le fric s’en fout. MC

 

 

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