Les classes politiques françaises en dessous de tout

Voilà comment les Anglais voient nos classes politiques en France… Il est certes facile de voir la paille dans l’œil de son voisin plutôt que la poutre dans le sien, qu’il serait plus utile de balayer devant sa porte, reste qu’il y a une grande partie de vrai dans cet article. Et que dire de ces caricatures venant tout droit l’une de Belgique, l’autre d’Allemagne,  ne sont-elles pas le résumé d’une réalité. MC

Holsark

 

Retour de sarko

L’ancien président français Nicolas Sarkozy a le don de susciter des réactions contrastées dans un registre qui va de l’admiration au mépris. Mais il est une chose sur laquelle tout le monde s’accorde : sa brûlante ambition politique semble inextinguible. Lors de sa défaite à la présidentielle de 2012 face à François Hollande, Nicolas Sarkozy a immédiatement déclaré qu’il quittait la politique.

Deux ans plus tard, les médias ne parlent que de son retour. Alors que le centre droit français est en proie au désarroi le plus total, les partisans de Sarkozy assurent qu’en chemin vers la présidentielle de 2017 il pourrait bien se présenter à la présidence de l’UMP à la fin de l’année. Mais il y a un hic pour Nicolas Sarkozy : si son ambition ne l’a pas quitté, ses casseroles non plus.

Depuis plusieurs années, il est poursuivi par de nombreuses accusations concernant le financement illégal des campagnes de son parti. Aucune n’a encore débouché sur une condamnation. Mais [depuis le 2 juillet et sa mise en examen], l’ancien chef de l’Etat se trouve dans une position plutôt embarrassante, [étant soupçonné] de “trafic d’influence”. Ce serait une première en France pour un ancien président.

Mépris.

Le rythme de métronome auquel surgissent les scandales de corruption autour de personnalités en vue ne fait qu’attiser le mépris de l’électorat français pour sa classe politique. François Hollande, à la peine pour mettre en œuvre une série de réformes économiques pourtant limitées, affiche la pire cote de popularité qu’ait jamais eue un président sous la Ve République. Dans l’opposition, l’UMP est déchirée depuis deux ans par des conflits intestins.

Les partisans de Sarkozy le croient parfaitement capable de surmonter ces démêlés judiciaires et d’être pour la droite un candidat crédible. Pourtant, quand bien même réussirait-il à laver son honneur, Sarkozy n’est pas l’homme de la situation. Lorsqu’il était à l’Elysée, il a su se montrer audacieux sur la scène diplomatique et ferme en termes de sécurité.

C’est aussi un excellent homme politique de terrain. Mais sa présidence a été sérieusement ternie par son hyperactivité et une image de vanité qui lui a valu le surnom de “président Bling-Bling”. Il n’a pas su se montrer à la hauteur de sa promesse de lancer un vaste programme de réformes (une prétendue “rupture” avec le passé), restée lettre morte. La droite doit se chercher d’autres effigies moins flétries pour la prochaine présidentielle.

Malaise

Les pays voisins ont tendance à prendre un malin plaisir à regarder la France se débattre avec ses problèmes. Le prétendu “malaise français” est souvent exagéré. Le produit intérieur brut de la France est aujourd’hui supérieur à ce qu’il était en 2008, au début de la crise financière. Le pays n’a pas connu de grand chambardement de son secteur bancaire comme celui vécu par la Grande-Bretagne. La France reste un pays dont la culture est appréciée et enviée comme peu d’autres le sont.

Il ne s’agit pas pour autant de minimiser les préoccupations que suscite, à juste titre, la santé politique de la France. Aucun autre pays européen ne souffre aujourd’hui aussi cruellement de l’absence d’une autorité politique républicaine et fédératrice.

Nulle part ailleurs les chances de progression de l’extrême droite ne sont aussi alarmantes.

La France a besoin, et vite, de nouvelles figures politiques à droite comme à gauche, qui offrent au pays une vision nouvelle, audacieuse et vierge de toute souillure.

Hugh Carnegy Publié dans le Financial Times Londres Permalien