ALSTOM PROVIDENTIEL

Les apparences sont de plus en plus trompeuses. Et c’est le cas à droite comme à gauche. Prenez Sarkozy. Toute l’affaire Bygmalion tourne autour de lui et du délirant financement de sa campagne de 2012. On pourrait s’attendre au moins à un profil bas, à défaut d’explications. Eh bien non ! Au lieu de se faire oublier, il clame que c’est bien la preuve qu’il est le sauveur de l’UMP.

Prenez Montebourg. Pour la reprise d’Alstom, il défendait, à grands moulinets d’épée et de « vigilance patriotique », Siemens, puis Siemens-Mitsubishi, contre le « dévorateur » Général Electric. C’est ce dernier qui a emporté le morceau. On pourrait croire que le redresseur a perdu, comme à Florange. Pas du tout ! Ignares que nous sommes, nous n’avons rien compris. L’intéressé vient lui-même de nous l’expliquer en se rengorgeant : c’est pour lui « une grande victoire »! Les apparences nous ont encore trompés !

L’économie, c’est un métier. Enfin, surtout la politique et la communication. Car, à y regarder de plus près, l’économie, en dépit des apparences, a dans cette affaire un rôle des plus secondaires. Ou alors, là encore, selon des règles qui défient la logique élémentaire.

Ainsi, avec 29,4 % des parts d’Alstom, Bouygues, qui avait grand mal à s’en débarrasser, se considérait de son propre aveu comme « un actionnaire minoritaire non contrôlant ». Avec les 20 % qu’ils veulent lui racheter, Montebourg et l’État prétendent exercer chez Alstom leurs « pouvoirs de souveraineté ». A 29 % on ne contrôle rien, à 20 % on est souverain… Logique, quand tu nous tiens !

Certes, les pouvoirs de l’État sont considérablement renforcés par le décret signé en mai par Valls sur le contrôle des investissements étrangers dans les secteurs considérés comme stratégiques. Mais c’est dire aussi que ce décret aurait suffi sans qu’il soit besoin de nationalisation partielle. Quand Montebourg, dans sa lettre au président de Général Electric, parle de souveraineté, il parle d’ailleurs des pouvoirs « attachés au décret ». Pas aux 20 % de l’État.

Quelle nécessité de nationaliser, de dépenser demain 2 milliards alors qu’on en a 50 à économiser ? L’activisme du ministre de l’Économie, même s’il a abouti à faire triompher Général Electric, qu’il vouait aux gémonies, a certes permis d’arracher quelques concessions pas ridicules en matière d’emploi et de gouvernance. Mais, c’est le lot de toute négociation.

La nationalisation choisie par Hollande n’a d’autre finalité que politique. Calmer Montebourg pour lui éviter le camouflet de trop après Florange, saluer son « engagement » et le laisser, non sans l’aide de ses communicants, se présenter comme le grand gagnant de l’opération. Envoyer, au passage, un signe aux contestataires du PS avant les discussions budgétaires. Et ne pas fâcher Bouygues en lui reprenant ses actions pas faciles à vendre avec en prime (voir article ci-dessous)un cadeau de 800 millions, ça peut toujours servir… Comme Montebourg s’en gargarise, cette nationalisation partielle est « une indéniable victoire politique ».

Nul ne saurait en douter, mais, pour la « victoire » économique, on risque très vite d’en reparler.

Erik Emptaz – Le Canard enchainé N°4887


 

Alstom : le prix du cadeau fait à Bouygues et… à Montebourg

Pour convaincre Martin Bouygues de lui prêter 20 % de ses actions et lui permettre, dans un second temps, d’entrer dans le capital d’Alstom, le gouvernement a eu un beau geste. Il l’a autorisé à encaisser un superdividende d’au moins 800 millions d’euros sur la transaction avec Général Electric.

Le calcul est simple à effectuer : sur les 12 milliards d’euros que le groupe américain va régler à Alstom pour prix de ses turbines, il faut défalquer quelques faux frais (remboursement d’une part de la dette, recapitalisation de la branche transports, coût de l’acquisition de la filiale transmission de la firme US, etc). A l’arrivée, il restera entre 2,5 et 3 milliards à distribuer aux actionnaires. Au premier rang desquels Bouygues, qui, pour l’instant, fort de ses 29,4 %, devrait en empocher près du tiers.

Coût de Bourse

Un joli cadeau qui est la contrepartie obtenue par Bouygues après une journée de rudes négociations, dimanche 22 juin, avec le patron de l’Agence des participations de l’État, David Azéma. « Si Bouygues n’avait pas accepté, a confié ce haut fonctionnaire au « Canard », l’accord aurait capoté car l’État n’aurait pu entrer au capital d’Alstom. » La condition posée par Arnaud Montebourg pour avaler le boa Général Electric.

Pour respecter le droit boursier, et permettre à Bouygues d’encaisser ces centaines de millions d’euros, l’État a dû accepter de différer à la fin de l’opération — soit au premier trimestre 2015 — son emprunt de titres. Du coup, l’État, censé devenir actionnaire d’Alstom pour s’assurer que ses intérêts seront respectés, ne le sera pas encore au moment le plus délicat : celui de la mise en place de la nouvelle entreprise Général Electric-Alstom.

En revanche, compte tenu de la complexité de l’accord signé dimanche, il est impossible aujourd’hui de calculer quelle somme encaissera in fine le groupe Bouygues si l’État décide d’acquérir ses actions, comme il pourra le faire pendant deux ans.

Mais, au fait, pourquoi l’État a-t-il décidé d’entrer dans le capital d’Alstom ? Il lui suffisait d’une seule action dotée d’un droit de veto — une golden share, dans le jargon boursier — pour pouvoir peser sur toutes les décisions stratégiques. Sans compter le décret du 14 mai, permettant à l’État de bloquer toute vente qu’il jugerait indésirable : par exemple des turbines Arabelle, destinées aux centrales nucléaires. De toute façon, l’État était déjà comme chez lui dans la maison Alstom, sans même être actionnaire. Sans disposer d’aucun de ces atouts, c’est l’Élysée qui, depuis le début et de bout en bout, a imposé à Alstom la solution Général Electric. Au nez et à la barbe de Montebourg !

Nationalisation consolation

Certes ! Mais il fallait que ce dernier puisse sauver la face, lui qui s’était battu avec acharnement pour une alliance Alstom-Siemens et qui avait bruyamment annoncé la constitution de deux « Airbus » européens : l’un pour l’énergie et l’autre pour le rail. Ainsi que le confie un com­municant qui a suivi les négociations, jour après jour, « il fallait à tout prix amadouer Montebourg. Et éviter qu’il démissionne du gouvernement, comme il le laissait entendre depuis des jours devant des journalistes ». Et comme, depuis Florange — et sa demande rejetée par Jean-Marc Ayrault —, Montebourg avait une nationalisa­tion de retard…

C’est l’anti-Florange », a approuvé Valls. Faussement in­génu, le ministre de l’Économie a ajouté, le 22 juin : « Je ne fais pas de comparaison. »

Mais en oubliant de parler du petit cadeau qui va avec.

Hervé Martin – Le Canard enchainé N°4887


Autres explications

La partie de poker menteur

« On n’a gagné », entonnent-ils tous en chœur. De Martin Bouygues aux PDG d’Alstom et de Général Electric en passant par Bercy, Matignon ou l’Élysée, tous se réjouissent. Curieuse partie de cartes dans laquelle il n’y aurait aucun perdant. L’autosatisfaction affichée d’Arnaud Montebourg, de Manuel Valls et de François Hollande paraît surréaliste aux fins connaisseurs du dossier tant cette affaire a été gérée, par le gouvernement, dans l’improvisation permanente. La prudence est donc de mise car les lendemains risquent fort de déchanter. En effet, les conditions dans lesquelles s’est déroulée la vente d’une partie du groupe français sont troublantes…

CORRUPTION

Le premier artisan du démantèlement d’Alstom est son PDG, Patrick Kron.

Non seulement, il est personnellement intéressé à cette vente pour des raisons financières, mais cette cession d’actifs à un groupe américain le protège des poursuites engagées par la justice américaine. Depuis juillet 2013, l’entreprise est en effet accusée d’avoir versé des pots-de-vin à des hommes politiques indonésiens dans le cadre du contrat Taharan.

Accessoirement la justice américaine poursuit d’autres investigations en Inde et en Chine. À l’instar de BNP Paribas, le groupe français est donc sous la menace d’une lourde amende qui pourrait se monter à 1 milliard d’euros; Patrick Kron pourrait être personnellement poursuivi, comme l’ont déjà été ses collaborateurs.

Selon un proche du dossier, « ce risque a beaucoup pesé dans le choix du PDG d’Alstom à titre personnel, soucieux de réduire une amende qui sera beaucoup mieux gérée par une entreprise américaine ». C’est peu de dire que Patrick Kron s’est battu pour que Général Electric remporte la mise.

MANIPULATION?

Pour vendre, il fallait d’abord convaincre les actionnaires. Comment?

En leur faisant miroiter une belle plus-value. Le 21 janvier 2014, à l’occasion de la publication des résultats du troisième trimestre, Patrick Kron lance un avertissement qui inquiète la communauté financière: il annonce une « destruction de cash » au second semestre, un critère clé pour les analystes financiers. Une annonce d’autant plus troublante qu’il est inhabituel de communiquer sur ces résultats-là à l’occasion de résultats partiels.

Conséquence immédiate: en 2 semaines, le cours chute de 33 % et passe à 20 euros !

Quand GE promet de payer 33 euros l’action, cela assure un beau pactole aux actionnaires d’Alstom en cas de vente au groupe américain. Le 7 mai, le groupe publie ses résultats annuels et… surprise, il n’y a pas de destruction de cash, mais bien une création de cash de 340 millions d’euros !

Est-ce une simple erreur comptable arrivée fort à propos?

Interrogée pour savoir si le titre Alstom était sous surveillance et s’il y avait une enquête en cours, l’Autorité des marchés financiers (AMF) répond : « L’AMF fait son travail habituel de suivi et de surveillance, en particulier sur les valeurs significatives ou dès lors qu’une valeur connaît un mouvement inhabituel. L’AMF ne communique jamais sur les ouvertures d’enquête. » Fermez le ban.

MARTIN BOUYGUES ET UBU

Après l’avertissement du 21 janvier, le groupe Bouygues, actionnaire majoritaire d’Alstom à hauteur de 29,4 %, avait été obligé de déprécier de 1,4 milliard d’euros la valeur de son portefeuille Alstom dans ses comptes. Une dépréciation virtuelle puisque, comme le dit l’adage, pas vendu, pas perdu. Mais depuis trois ans Martin Bouygues souhaitait vendre cette participation qu’il avait achetée à l’État en 2006 pour une valeur d’environ 2 milliards d’euros, pour 20% d’Alstom. L’arrivée de GE dans le jeu représente une aubaine. Il négocie donc en catimini avec le groupe américain la vente de toutes ses actions pour un montant de 3,6 milliards d’euros. En 8 années d’actionnariat Bouygues aurait gagné une belle plus-value, à ajouter aux 500 millions de dividendes déjà perçus. Belle affaire.

Mais voilà que l’État décide, sans crier gare, d’entrer à nouveau au capital d’Alstom et de racheter les actions qu’il lui avait vendues quelques années plus tôt!

Un vrai jeu de bonneteau. Problème, Arnaud Montebourg ne peut pas se permettre d’offrir le même prix que GE. Il veut acheter au prix du marché, soit 28 euros. Après un week-end de bras de fer en coulisses, les deux hommes sortent de leur bataille à fleuret moucheté avec la décision la plus abracadabrantesque possible. Bouygues prête ses actions à l’État en attendant que ce dernier les lui rachète au fil de l’eau et au prix fort, c’est-à-dire à 35 euros!

Bouygues a gagné d’autant plus facilement que le ministre de l’Économie a oublié de négocier avec le patron de TF1 avant d’annoncer le rachat des actions par l’État… Une situation ubuesque qui montre le degré d’improvisation du gouvernement et sa méconnaissance des arcanes boursiers. En prime, le conseil d’administration d’Alstom, au sein duquel siègent un certain nombre de Bouygues boys, s’apprête à distribuer généreusement des dividendes avec les 7,3 milliards d’euros de la vente.

Question à plusieurs millions: qui recevra les dividendes?

L’État, heureux propriétaire momentané des actions Bouygues, ou le groupe Bouygues, à qui les actions n’ont pas encore été payées?

Selon l’AMF, « l’emprunteur dispose de l’attribut de la propriété, sauf disposition contraire ». En clair, l’État devrait percevoir les fameux dividendes sauf s’ils sont intégrés à la négociation et si Bouygues gagne encore la partie. Pour l’instant, ce point n’a pas encore été rendu public. Affaire à suivre…

POUR QUI SONNE LE GLAS?

Le principal négociateur de ce dossier chargé de défendre les intérêts de l’État est David Azema, le patron de l’Agence des participations de l’État (APE). Cette agence est placée sous l’autorité conjointe du ministre de l’Économie et du ministre des Finances.

Or David Azema vient de signifier à Bercy qu’il souhaitait quitter son poste actuel pour aller diriger le bureau français de Bank of America et prendre la place de Laurence Boone qui est, elle, devenue conseillère économique de François Hollande.

Or, cerise sur le gâteau, Bank of America est une des banques conseil d’Alstom! C’est ce qu’on appelle un conflit d’intérêts majeur; pourtant Michel Sapin comme Arnaud Montebourg, qui ne peuvent ignorer cette situation, n’ont pas jugé bon de la dénoncer.

Vous avez aimé l’affaire Bygmalion, vous allez adorer l’affaire Alstom…

Leslie Varenne – HD N°21448


 

Pour – Le monde – « l’affaire  Alstom »

1- Une affaire nationale.

2– 09 fév. 2014. Autour d’un dîner parisien.

Les démarches entre Alstom et Général Electric (GE) débutent au plus haut niveau des deux entreprises, les deux patrons, Patrick Kron et Jeffrey Immelt, se réunissant autour d’une table d’un restaurant parisien, à l’hôtel Le Bristol. Après le dîner, M. Immelt en informe son conseil d’administration et, le mois suivant, une équipe est formée chez GE ayant accès aux comptes d’Alstom, pour travailler aux noces.

3- 18 fév. 2014. Le gouvernement interpellé.

Le quotidien Les Échos révèle que le gouvernement a demandé quelques mois auparavant à un cabinet de conseil une étude sur la situation d’Alstom. La veille, Bouygues avait annoncé une dépréciation de sa participation de 29,4 %, du capital d’Alstom. En cause, le groupe est confronté à l’effondrement des marchés de l’énergie en Europe et une concurrence grandissante.

4- 23 avril 2014. Accord entre patrons.

Jeffrey Immelt propose à Patrick Kron de le rejoindre à Chicago, où GE tient son assemblée des actionnaires. La discussion aboutit. Il ne reste plus qu’à attendre l’offre officielle de GE.

5- 24 avril 2014. La fuite de Bloomberg.

Bloomberg publie une dépêche annonçant que GE est en « discussion avancée » pour racheter Alstom « pour plus de 13 milliards de dollars ». Patrick Kron rentre d’urgence de Chicago et file voir Arnaud Montebourg. Paris refuse d’entériner un démantèlement assumé par Kron. « J’assume la perspective d’un adossement de certaines activités d’Alstom à un groupe qui a la capacité de mieux relever les défis futurs », affirme le patron français, évoquant la nécessité d’assurer « l’avenir des métiers et des salariés ».

6- 25 avril 2014. La cotation de l’action suspendue à Paris.

Dans la cacophonie sur l’avenir du groupe, ce dernier annonce que le cours de l’action Alstom est suspendu à la Bourse de Paris avant l’ouverture des échanges. Dans la soirée, des négociations sont engagées entre Clara Gaymard, la présidente de GE France, et M. Montebourg, sur la garantie de l’emploi dans les usines en France et la localisation de plusieurs centres de décision de Général Electric.

7- 26 avril 2014. Général Electric dépose son offre.

L’offre de GE est reçue officiellement par Alstom : le géant américain propose environ 12 milliards d’euros et le maintien des emplois en France.

8- 27 avril 2014. Siemens formule sa proposition.

Siemens annonce avoir proposé, dans un courrier écrit directement à Patrick Kron, de reprendre l’activité énergie d’Alstom, convoitée par GE contre la moitié de sa branche transports et une somme en cash. Le groupe allemand assure par ailleurs vouloir maintenir les emplois en France pendant au moins trois ans. Par ailleurs, sous la pression de Bercy, le conseil d’administration d’Alstom, prévu dans l’après-midi afin d’étudier l’offre de GE, n’est pas conclusif et reporte la signature du rachat.

9- 28 avril 2014. Une nationalisation totale écartée.

Les syndicats d’Alstom demandent à l’État de s’impliquer, et notamment de reprendre la part du capital détenu par le groupe Bouygues, qui souhaite s’en défaire.

10- 30 avril 2014. L’offre de l’Américain validée

Conformément aux vues de Patrick Kron, l’offre de GE de 12,35 milliards d’euros pour ses actifs dans l’énergie (70 % du chiffre d’affaires) est approuvée par le conseil d’administration du groupe français, qui met toutefois en place en parallèle un comité d’administrateurs indépendants pour étudier des propositions alternatives.

11- 5 mai 2014. Hollande fait monter les enchères.

François Hollande estime que l’offre de GE pour les activités énergie du groupe français est insuffisante, le président de la République rappelant que « l’État fait de la commande publique à Alstom ». Arnaud Montebourg appelle de son côté à l’émergence d’un partenariat ou d’une alliance, plutôt qu’à un rachat pur et simple. Cette alliance pourrait prendre la forme d’un « échange » d’activité, par exemple le transport de GE contre l’énergie d’Alstom.

12- 5 mai 2014. Hollande fait monter les enchères

François Hollande estime que l’offre de GE pour les activités énergie du groupe français est insuffisante, le président de la République rappelant que « l’État fait de la commande publique à Alstom ». Arnaud Montebourg appelle de son côté à l’émergence d’un partenariat ou d’une alliance, plutôt qu’à un rachat pur et simple. Cette alliance pourrait prendre la forme d’un « échange » d’activité, par exemple le transport de GE contre l’énergie d’Alstom.

13- 8 mai 2014. Le japonais Toshiba intéressé

Selon la presse japonaise, le conglomérat industriel Toshiba pourrait faire une offre à Général Electric pour reprendre une partie de la branche énergie d’Alstom (la partie réseaux et distribution), au cas où l’Américain parviendrait à acquérir le groupe français.

14- 9 mai 2014. La recherche d’un axe franco-allemand

Le gouvernement allemand assure partager la position de la France, après une visite du ministre français de l’économie, qui ne désarme pas face à la direction d’Alstom, plus favorable à l’offre américaine.

15- 13 mai 2014. Des investisseurs français dans la boucle

Des discussions seraient en cours entre Général Electric et des investisseurs français pour que le groupe américain leur cède une participation dans les activités éoliennes et hydroélectriques d’Alstom si son offre était retenue. Ces discussions porteraient notamment sur la possible cession d’une participation minoritaire. Le 9 mai, le journal Les Échos révélait que le gouvernement français souhaiterait que les activités d’éoliennes en mer soient récupérées par Areva en cas de succès de l’offre de GE.

16- 14 mai 2014. Un décret pour protéger Alstom des investissements étrangers

Le premier ministre, Manuel Valls, signe un décret « relatif aux investissements étrangers soumis à autorisation préalable », qui permet à l’Etat de s’opposer à la prise de contrôle de quasiment n’importe quelle entreprise française. Un décret pris sous l’impulsion du ministre de l’économie, Arnaud Montebourg, et destiné à protéger Alstom de l’appétit de l’Américain.

17- 5 mai 2014. Divisions au gouvernement

« Général Electric est une très bonne opportunité pour Alstom. C’est le meilleur projet industriel », déclare Ségolène Royal dans une interview au magazine Paris Match, allant à l’encontre des positions du gouvernement.

18- 20 mai 2014. L’offre de Siemens attendue

« Siemens continue son travail », déclare Arnaud Montebourg devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, ajoutant que l’Allemand avait détaillé les « axes d’une alliance » dans un nouveau courrier à Alstom. Le groupe français a, sous la pression du gouvernement, également ouvert ses comptes à Siemens. Mais une offre ferme de la part de Siemens au conseil d’administration d’Alstom n’a pas encore été formulée. Le groupe allemand présentera une proposition formelle de rachat au plus tard le 16 juin.

19- 28 mai 2014. GE s’engage à créer 1 000 emplois en France

Jeffrey Immelt, le PDG de Général Electric, s’engage auprès de François Hollande à embaucher 1 000 personnes supplémentaires s’il met la main sur les activités énergie d’Alstom. C’est mieux que l’allemand Siemens, qui garantit, à ce stade, de maintenir l’emploi pendant trois ans à compter de la clôture de la transaction, autrement dit environ jusqu’en 2018.

20- 14 juin 2014. L’État pourrait entrer au capital d’Alstom

Alors que l’allemand Siemens peaufine un projet de reprise d’Alstom avec le japonais Mitsubishi, des syndicats du groupe français indiquent que l’État pourrait accompagner cette solution. Arnaud Montebourg aurait exposé aux syndicats l’offre selon laquelle l’État entrerait au capital d’Alstom au côté de l’industriel japonais, à parité. En acquérant entre 5 % et 10 % du capital d’Alstom, Mitsubishi proposerait une alliance sur le mode de celle nouée dans l’automobile entre Renault et Nissan.

21- 16 juin 2014. Siemens et Mitsubishi s’associent

C’est finalement un montage complexe à base de sociétés communes et de rachat d’actifs que le duo Siemens et Mitsubishi Heavy Industries présente dans une offre formelle aux administrateurs d’Alstom. Concrètement, le géant munichois ne propose plus de créer deux sociétés, l’une dans l’énergie à domination allemande, l’autre dans les transports à domination française, comme envisagé au départ. Mais de reprendre uniquement les activités turbines à gaz d’Alstom, pour 3,9 milliards d’euros.

22- 19 juin 2014. GE améliore son offre, la BPI entre dans la danse

Alors que GE présente une offre améliorée (trois coentreprises, droit de veto de l’Etat sur les activités liées au nucléaire et cession de l’activité de signalisation américaine), la Banque publique d’investissement (BPI) aurait dit être prête à investir dans l’entreprise française à la fois dans le scénario d’un rachat de la branche énergie par GE et dans celui d’une alliance avec le tandem Siemens-MHI. La CGT, de son côté, rejette toute offre étrangère sur Alstom et appelle l’État à entrer au capital.

23- 22 juin 2014. L’État devient le principal actionnaire d’Alstom

Arnaud Montebourg annonce être parvenu à un accord avec Bouygues, premier actionnaire d’Alstom. Cet accord permet à l’état d’exercer une « vigilance patriotique » sur l’avenir de l’entreprise française, dont une partie des activités est rachetée par GE. L’offre américaine de 12 milliards d’euros a été acceptée après cinq mois de négociations.

24- Fin momentanée du feuilleton ….

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