Comment le FN s’ enracine

A l’aune du premier tour des municipales, le Front national a déjà battu son propre record.

Avec 596 listes, il en présente 84 de plus qu’en 1995, année faste où le mouvement d’extrême droite avait raflé trois mairies.

Une dizaine de villes de plus de 10000 habitants pourraient tomber dans son escarcelle. Cette percée est le résultat d’une stratégie d’implantation locale dans des territoires marginalisés.

En vingt ans, le vote frontiste a fortement progressé dans le grand périurbain et reculé dans les métropoles. La France périphérique vote Marine Le Pen.

Des territoires à fort taux de chômage, désindustrialisés, dont la classe moyenne est hantée par la peur d’être rattrapée par la banlieue. Légèrement schizophrène, le FN séduit deux électorats.

Au nord, il tient un discours anti système et mobilise sur l’économie et le social.

Dans le sud, il s’exprime sur des problématiques droitistes et identitaires.

Au-delà des résultats électoraux que le FN réalisera les 23 et 30 mars, Marine Le Pen a déjà réussi son pari. Ripolinée à la sauce laïco-républicaine, une nouvelle génération de frontistes compte s’appuyer sur son assise locale pour conquérir le pouvoir…

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Anne Laffeter et David Doucet –Inroks N°955 Tire original Un FN, deux visages