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Novembre est la période où l’on rentre dans l’hiver, où l’on commence à penser aux fêtes de fin d’année et à s’acheter des gants.

C’est aussi la période où les ministères produisent les documents concernant le budget de l’année prochaine, budget qui en dit souvent long  sur la politique menée par un gouvernement.

Nous nous sommes attelés à décortiquer le budget et les financements annoncés par le ministère des Sports, histoire de comprendre dans quel sens souffle le vent. Voilà rapidement ce qu’il en ressort…

Globalement, le budget jeunesse-sport-vie associative progresse de 14%, mais un examen attentif permet de constater un fléchissement des crédits consacrés au sport. L’augmentation des moyens est imputable à l’apparition des emplois d’avenir dans le secteur de la jeunesse.

En voilà une bonne nouvelle !

Sauf que cette augmentation est largement à nuancer.

En effet, les 100 millions prévus « en plus » dans ce budget 2014 correspondent à un fond pour des « Projets innovants en faveur de la jeunesse ». Un fond qui pourra être prélevé entre 2014 et 2017, 100 millions d’euros sur 4 ans, ça ne fait pas « bezef » non plus.

Le budget du sport fait toujours partie des plus petits budgets alloués aux différents ministères puisqu’il représente 0,14% des crédits de l’État. Seulement 224,7 millions sont inscrits en autorisation de programme, soit -2,8%, et 231,1 millions en crédits de paiement soit -2,9%.

Le problème de ce budget tient à sa non remise en question des politiques antérieures de « ratio­nalisation » des moyens, c’est-à-dire de précarisation globale. N-y-a-t-il personne au ministère pour s’inquiéter du fait que les familles et les communes restent toujours largement les premières à financer le sport ?

N’y-a-t-il pas plus grande inégalité lorsque l’on connaît les réformes des collectivités territoriales prévues, réduisant toujours plus les crédits des municipalités ?

Rappelons que la dépense sportive totale en France est de 37,1 milliards et repose d’abord sur les familles qui contribuent à hauteur de 17,6 milliards, les collectivités pour 10,2 milliards, l’État pour 4,6 milliards par l’Éducation nationale (prof d’EPS et université en STAPS) et les entreprises pour 3,3 milliards.

Dans les principales évolutions de ce budget, notons la fragilité du soutien au sport pour tous qui passe de 14,8 millions à 7,2 millions soit -51,7%, ainsi que la baisse des crédits dédiés à la formation soit -11,6% avec l’extinction des dispositifs de soutien à la formation aux brevets professionnels.

Comme sous la droite, les villes qui auront de l’argent et de l’envie pourront tenter d’avoir une politique sportive « pour tous », mais généralement en composant avec des bouts de ficelles, tandis que celles qui n’ont que faire du sport ou n’ont pas les moyens feront sans, sans stade, sans piscine, sans éducateurs. Où bien elles dirigeront tranquillement leurs citoyens vers des salles de sports privées et onéreuses.

Nous pouvons faire le constat que le ministère des Sports se retrouve aujourd’hui dans une situation où il n’« assure pas ses missions premières », mais aussi perd « la maîtrise de son personnel ».

Le gouvernement dans son ensemble reste sur la voie de l’austérité. Ainsi, cette façon de cibler précisément ses aides sur des publics et des projets, atteint ses limites. Il est incapable par exemple d’être dans la promotion de la pratique sportive !

Mejdaline Mirhi