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Depuis longtemps j’entends parler d’interdire à l’Iran de « fabriquer de l’uranium enrichi » et j’ai toujours cette réflexion, de quel droit interdirait-on à ce pays cette production alors qu’elle a été autorisée dans bien d’autres pays, à commencer par le Pakistan qui me semble être une terre hospitalière envers certains extrémistes religieux et potentiellement bien plus dangereuse.

Je comprends bien que dans cette affaire l’utilisation de l’uranium enrichi peut ne pas être affectée uniquement à une exploitation civile mais également à la production d’armes nucléaires. Mais alors si l’on prétend à l’interdiction de produire il faut demander la destruction des armes et utilisation civile du nucléaire à tous les pays possesseurs – et qui trop souvent l’utilisent comme les USA, dans des guerres récentes.

Mais s’en débarrasser est un autre problème qui rejoint le problème de l’élimination des déchets issus de l’utilisation de l’uranium civil provenant des centrales atomiques.

Bien évidemment je souhaiterais comme tout à chacun que cesse toute utilisation, civils ou militaires, de l’uranium au nom des risques graves encourus par les populations, mais force est de constater hélas, que les enjeux économiques dominants auront le dessus sur toutes initiatives de ce genre.

En résumé vouloir interdire à l’Iran l’exploitation de l’uranium-sauf à s’aligner sur la position de l’État israélien, ce que fait la France- est pour moi, un droit d’ingérence dans les affaires iraniennes et si on entend faire la loi dans ce pays, il faut l’appliquer à soi-même et interdire à tous les possesseurs l’utilisation de l’uranium.

MC

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Vu par Politis

Iran : À quel jeu joue la France ?

Paris a bloqué un accord sur le dossier nucléaire. À la grande satisfaction d’Israël.

Les grandes puissances ne sont « pas loin d’un accord » avec Téhéran sur le nucléaire iranien, a commenté lundi Laurent Fabius, au lendemain de la conférence de Genève. « Pas loin », mais « nous n’y sommes pas encore », a précisé le ministre français des Affaires étrangères. Et si nous n’y sommes pas encore, c’est justement parce que la France a bloqué un accord qui faisait semble-t-il l’unanimité entre Américains, Russes, Iraniens, Chinois et Européens, à la notable exception de Paris.

Il n’est jamais très réconfortant, sur la scène internationale, de recevoir les félicitations de l’opposition républicaine américaine et d’Israël. Ce sont pourtant ces lauriers encombrants que notre diplomatie a cueillis après l’ajournement d’une négociation qui devait permettre de lever un certain nombre de sanctions économiques qui frappent la population iranienne si durement. Pourquoi cette crispation ? La version officielle fait état de garanties insuffisantes données par l’Iran, notamment au sujet du réacteur à eau lourde d’Arak.

On connaît le débat. Les grandes puissances veulent empêcher l’Iran d’accéder à l’arme atomique, mais le régime iranien ne veut pas renoncer au nucléaire civil. Or, la France souligne le fait que le réacteur d’Arak produit du plutonium susceptible d’être utilisé pour fabriquer la bombe. Elle insiste également sur le problème de l’enrichissement de l’uranium. Paris estime que les stocks d’uranium enrichi à 20 % doivent être détruits, alors qu’il faut un enrichissement à 90 % pour faire la bombe.

Il y a donc tout lieu de penser que le veto de la France n’est pas que technique. Il ne faut pas sous-estimer la volonté d’exister sur la scène internationale après le mauvais coup qui lui a été porté par Barack Obama dans le dossier syrien. On se souvient que le Président américain avait lâché la France après l’avoir encouragée à former une coalition pour frapper le régime de Bachar al-Assad. La France voudrait-elle se venger de cette mauvaise manière ?

Hélas, on ne peut pas exclure que l’intransigeance française résulte surtout d’une alliance stratégique et commerciale plus profonde avec Israël. Benyamin Netanyahou est vent debout contre tout accord avec l’Iran, qu’il considère comme la menace principale pour son pays. On sait que la politique israélienne, intérieure et extérieure, repose toujours sur le mythe de la « menace existentielle ». La volonté de Barack Obama et de John Kerry d’aboutir à un accord avec le nouveau Président iranien, Hassan Rohani, agace au plus haut point le gouvernement d’extrême droite israélien. Là aussi, il y a l’expression d’un vif ressentiment.

Barack Obama ne pardonne pas à Netanyahou son blocage de tout processus de négociation avec les Palestiniens et la poursuite de la colonisation. Où donc se situe la France de François Hollande et de Laurent Fabius dans cette affaire ? Se livre-t-elle à une simple gesticulation diplomatique ou exprime-t-elle un alignement stratégique sur Israël ?

Nous aurons dans une certaine mesure la réponse à cette question fin novembre, puisque c’est à cette date que les discussions de Genève doivent reprendre. Dans tous les cas, cette position risque d’être perdante. Soit la France renonce à ses exigences, et tout cela n’aura pas eu grande signification. Soit elle fait obstacle à tout accord, et elle se rangera ouvertement dans le camp d’un gouvernement israélien qui rêve d’en découdre avec l’Iran.

Denis Sieffert –  Article paru dans Politis n° 1277

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Selon Francis Wurtz ex député Européen GUE

L’INTRANSIGEANCE COUPABLE DE LA FRANCE SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN

Tous les observateurs avaient annoncé « un accord imminent« , le 8 novembre dernier, lors des négociations de Genève entre les chefs de la diplomatie du groupe des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations-Unies (USA, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France) élargi pour l’occasion à l’Allemagne, d’une part, et le représentant du nouveau Président iranien, M. Hassan Rouhani, d’autre part. Mais cet espoir a été déçu.

C’est l’intransigeance coupable de la France qui a empêché que ne s’ouvre, ce jour-là, une perspective de sortie de crise dans un conflit qui envenime le Moyen-Orient et empoisonne les relations internationales depuis plus de 30 ans, voire menace la paix mondiale en encourageant les jusqu’au-boutistes iraniens, israéliens et nord-américains.

Dans ce contexte ultra-sensible, ce blocage de la part de la France apparait clairement comme irresponsable et injustifiable. Obtenir au plus vite la révision de cette posture est un impératif politique majeur.

Quoiqu’on pense du régime en place à Téhéran -je ne compte pas parmi ses amis!-  il est indéniable que l’élection du nouveau Président iranien crée une nouvelle donne qui rompt avec la funeste ère Ahmadinejad. Cette opportunité historique doit d’autant plus être saisie qu’elle est fragile: voulue par la majorité de la population, tolérée par les plus hautes autorités religieuses, mais fermement combattue par les partisans de l’aile dure du régime, l’ouverture manifestée par le nouveau gouvernement a besoin d’être confortée par des succès rapides.

Refuser , dans de telles circonstances, un projet d’ « accord préliminaire » prévoyant une levée partielle des sanctions en échange d’actes significatifs de bonne volonté de l’Iran, revient à jouer avec le feu. Cette attitude constitue, en outre, une caution inespérée pour les élus républicains américains foncièrement hostiles à l’Iran, et dont une bataille offensive au Congrès peut faire échouer tout accord futur.

Comment expliquer semblable aventurisme de la part de la France, avec qui les nouveaux dirigeants iraniens soulignaient il y a peu « le potentiel énorme » de coopérations possibles? Est-ce le produit de la volonté de « compter » en se singularisant? Est-ce une forme de revanche après le camouflet qu’a représenté pour Paris, alors à la pointe d’un projet d’intervention militaire contre Damas, l’accord américano-russe sur l’élimination des armes chimiques en Syrie?

Est-ce un signe adressé aux dirigeants du Moyen-Orient qu’arrangerait une marginalisation durable de cette grande nation au rayonnement potentiellement puissant qu’est l’Iran -pensons aux grands démocrates au pouvoir dans les monarchies du Golfe ou en Israël…?

Quoiqu’il en soit, exiger de l’Iran, comme l’a fait Paris, le renoncement à des mesures qu’aucune législation internationale n’interdit n’est pas acceptable. Il en va ainsi de la question de l’enrichissement (jusqu’à 20%) de l’uranium, autorisé par le Traité de Non Prolifération Nucléaire , dès lors que les inspecteurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique ont la possibilité de vérifier sur place qu’il s’agit bien d’activités purement civiles et pacifiques -ce que le ministre des Affaires Etrangères iranien a confirmé.

Ajoutons que les postures de matamore n’ont pas tellement réussi aux Occidentaux jusqu’ici: entre le début des sanctions et aujourd’hui, les centrifugeuses pour l’enrichissement de l’uranium en Iran sont passées de 160 à…19000. Mieux vaut donc négocier.

Blog de F. Wurtz Permalien

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Par « Le Monde »

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Sommes-nous au bord d’une « méga explosion » au Proche Orient ?

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