Pat’ le footeux …

Par la grâce de saint Etienne du martyr des poteaux carrés, qu’est‑ce qui t’a pris mon garçon ? Est‑ce que je joue au foot, moi ? Non ! Alors pourquoi t’essaies de me piquer mon job ? T’es pas assez blindé comme ça ? Non, parce que là, après l’interview à la sulfateuse que tu as accordée l’autre dimanche à Téléfoot, je m’incline à domicile, n’étant qu’un petit joueur en ballerines en face du bulldozer à crampons de 18 que tu te révèles être aujourd’hui.

Extrait d’un article de Christophe Conte, paru dans les Inrockuptibles. Web : permalien  Que je trouve « bien troussé ». MC

Des lignes de putes, j’en ai franchi pas mal sur ce terrain, mais je dois bien admettre que toi, en une seule rasade à quatre lames, tu m’as mis hors jeu, limite à la retraite.

Car parvenir à encorner en rang d’oignons et sans élan Lizarazu, Fernandez, Ménès et Courbis, si tu fais un peu cas de mon expertise mon Patriçounet, on frôle le travail d’orfèvre, la main de Dieu dans la culotte d’un zouave.

Je le dis d’autant plus librement qu’à l‘époque du bus de Knysna, comme presque tout le monde, j’avais mal vécu l’arrogance avec laquelle tu jonglais en meneur de jeu puéril d’une fronde calamiteuse et obscène. Mais tout est pardonné, Pat’, par la bonté de saint Sébastien du caramel de vingt mètres dans la lucarne des connards, tu viens de te racheter au centuple.

Comme beaucoup, tu n’en peux plus que les matchs de foot durent 90 minutes et les commentaires sur les matchs 450 heures cumulées sur les radios et les télés. Il fallait bien que quelqu’un, un kamikaze de ton prestige, cloue le bavoir des professionnels du cul-sur-la-chaise une bonne fois pour toutes.

T’as juste oublié l’insupportable Larqué, la chialeuse de Geoffroy-Guichard, car ça fait longtemps qu’il nous broute le gazon avec ses leçons de foot périmées depuis 77 (…). Lizarazu en revanche tu l’as pas loupé, lui qui crachait des flammes sur Domenech mais qui avec Blanc et Deschamps, devant un jeu non moins consternant, n’a pas tenté un seul débordement, (…). (…), rien à ajouter sur Courbis, un type à côté duquel Balkany et Guérini passent pour des parangons de vertu.

En revanche, si tu m’autorises ce reproche, t’aurais pas dû t’en prendre au physique de Pierre Ménès, sa vulgarité de chauffeur de taxi réac étant bien suffisante pour une élimination directe. (…)

(…) je voudrais te mettre à l’aise, t’enlever la pression et peut‑être même l’envie d’aller perdre un peu plus de ton temps avec ces pingouins : la finale Brésil-Espagne du 13 juillet 2014, dans tous les cas de figure, tu la regarderas à la télé.

Je t’embrasse quand même, je suis beau joueur.