Au sujet de « Roms »

La polémique xénophobe des différents ministres de l’intérieur n’est pas sans conséquence sur l’entente, la cohésion sociale, en France . C’est la conséquence du non respect de notre devise « Liberté, égalité, fraternité » entre les habitants résidents en France. MC

« Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s’étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j’en vois et toujours avec un nouveau plaisir. L’admirable, c’est qu’ils excitaient la haine des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des moutons.

Je me suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols, et j’ai entendu de jolis mots à la Prud’homme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe.

On la retrouve chez tous les gens d’ordre.

C’est la haine que l’on porte au bédouin, à l’hérétique, au philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m’exaspère. Il est vrai que beaucoup de choses m’exaspèrent.

Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton. »

G. Flaubert, lettre à George Sand, Croisset, vers le 15 juin 1867

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Attention Manuel Valls n’est pas un fasciste : la preuve, il n’a pas proposé de mettre les Roms dans des fours crématoires pour nous en débarrasser « méthode trop coûteuse en ces périodes de cherté de l’énergie » …

NON, Valls est un démocrate et un grand humaniste: il veut le bien de toute l’humanité en voulant la rehausser  et l' »intégrer » à la couleur de sa race: blanche ;

« Je ne m’accommode pas de cette réalité (le manque de Blancs à Evry, propos de 2009) et je continuerai de la dénoncer au risque de heurter les esprits lumineux … » (extrait de son livre « Pouvoir »).

C’est vrai que notre hexagone serait harmonieux (et « lumineux ») , rien qu’avec des étrangers  blancs, fussent-ils espagnols nom de Dieu!

Ça nous purifierait  de la grisaille des faces de ROMS, NOIRS et autres arabes qui nous parasitent et métissent la descendance de nos femmes!

Ces pervers idéaux rouges républicains ibères, guérilleros d’Amérique latine, réfugiés chiliens ou antifascistes italiens,  ont importés impunément dans notre belle France tricolore et patriotique.

Encore une fois Valls ferait bien de trouver ses sources dans l’esprit des « lumières » justement ou chez Flaubert (voir ci-dessus), plutôt que chez Hortefeux, Besson, Guéant ou de vouloir plagier les éructations graveleuses du clan LE PEN …

La Princesse de Clèves, Zadig et Voltaire donnaient des boutons à la droite, et voilà que ce sont les lumières qui provoquent Alzheimer maintenant chez la gauche rebaptisée à l’eau bénie du libéralisme

Jean Fantini fils et petit-fils de macaroni exilés économiques mangeurs de pain gaulois depuis déjà 1920!

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« Une attaque contre l’État de droit »

Infatigable militant des droits de l’homme, Henri Leclerc est une conscience humaniste. L’une de celles qui se font rares aujourd’hui. Il fustige ici les dérives populistes et entorses aux grands principes du droit observées dans l’actualité récente, à propos des Roms, de l’affaire du bijoutier de Nice ou des tribunaux pour les étrangers dans les aéroports.

Politis – Que vous inspire le fait de voir des élus de la République soutenir le geste d’un commerçant qui s’est fait justice lui-même ?

Henri Leclerc : Tout d’abord, cela n’a rien de nouveau, mais c’est surtout une réaction totalement démagogique. Ce qui me paraît particulièrement grave, c’est que ces élus oublient qu’ils doivent aussi être des pédagogues, notamment pour ce qui concerne la règle de droit et sa fonction dans la société. Il est pourtant évident qu’il faut réagir en termes de droit face à des gens qui manifestent une réaction sur le mode des sentiments, de l’émotion. En outre, le fait que ces élus attaquent les juges [qui ont mis le commerçant en examen pour homicide volontaire, NDLR] est une absurdité. Je ne connais pas un juge qui ne doive prendre, dans une telle affaire, la décision prise par ses collègues en charge du dossier. Ce qu’ont fait les juges, c’est dire a priori, sans même examiner les circonstances, que la personne qui a commis cet acte est passible du droit. Outre le fait qu’elle est absurde, l’attitude de ces élus revient à revendiquer la fin de l’État de droit. C’est extrêmement grave, bien plus grave que les attaques d’un mouvement populaire qui exploite les sentiments de ras-le-bol et les peurs. Même si l’on peut comprendre ces sentiments, au demeurant, il reste que le droit, c’est le droit. Et que le droit, c’est compliqué ! À la fin de cette affaire, ce bijoutier sera – normalement – jugé par une cour d’assises. Où les jurés sont tout-puissants. Ils ont en effet la possibilité de dire que cet homme n’est pas coupable en dépit des actes qu’il a commis. Et on ne peut rien contre cela ! C’est le jugement populaire. C’est pourquoi cette affaire doit être soumise à la justice, à un débat contradictoire, avec le risque, certes déplorable, que des jurés populaires absolvent la légitime défense. Ce qui est déjà arrivé, je l’ai vu à plusieurs reprises.

Politis – Aujourd’hui, on va instituer des tribunaux d’exception directement dans les aéroports pour juger les étrangers arrivant illégalement sur le territoire. N’est-ce pas là aussi le signe d’une République bafouée ?

Oui, bien sûr ! Cette idée de tribunaux excentrés étant amenés à statuer pratiquement dans des locaux de police, même s’il est inscrit « tribunal » au-dessus de la porte, est évidemment tout à fait contraire à ce que devrait être la fonction judiciaire elle-même. Au fond, en ce qui concerne les étrangers, cela traduit – ici aussi – le reproche fait aux juges de dire le droit, d’examiner scrupuleusement les situations juridiques et de se détacher complètement des exigences d’un ordre public que certains souhaiteraient voir au-dessus de la loi. Dans ces conditions, pourquoi ne pas mettre directement des tribunaux dans les prisons ou les commissariats de police ? Ici, il est évident que les étrangers n’ont pas tout à fait les mêmes droits que les autres ! Ces tribunaux sont des tribunaux ordinaires, mais ils deviennent d’exception du fait de leur localisation. Peut-être y aura-t-il un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme. Quoi qu’il en soit, cette initiative est en tout contraire à nos traditions – et à la tradition républicaine –, même si cela s’est malheureusement déjà vu. Il y a quelques années, on a jugé un réseau de passeurs directement dans le gymnase de la prison de Fleury-Mérogis. Et je me souviens avoir défendu des personnes, pendant la guerre d’Algérie, devant des tribunaux militaires qui siégeaient dans des casernes ou des prisons. Aujourd’hui, c’est la preuve que certains considèrent les étrangers comme des ennemis. Il y a là quelque chose d’insupportable.

Politis – De même, avec les Roms, le droit est bafoué. On voit ainsi des préfets déloger des familles et détruire leurs campements sans relogement, alors qu’une circulaire interministérielle d’août 2012 prévoit une obligation de les reloger…

C’est malheureusement une très vieille tradition, qui date sans doute des premières arrivées de populations roms en Europe. Déjà, au Moyen Âge, on trouve des récits terribles de la façon dont étaient accueillis ceux qu’on appelait alors les « Bohémiens ». Il y a aujourd’hui souvent le même regard et les mêmes accusations, de délinquance notamment. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de délinquance rom : elle existe et elle a de nombreuses causes mais, dans le même temps, leur refuser ne serait-ce qu’une pierre pour reposer leur tête est scandaleux. Les Roms sont devenus les boucs émissaires d’un certain nombre de peurs. Et, encore une fois, lorsque ces peurs sont relayées par des élus qui, pour des raisons démagogiques, perdent le sens du droit, elles ne font que s’accroître au sein de la population. Ce qui est extraordinaire, sur cette question comme sur celles dont nous venons de parler, c’est que le mouvement associatif est unanime pour dénoncer ces situations. Or, les relais médiatiques et les relais politiques ne viennent pas en soutien de ces protestations, notamment, celles des associations auxquelles j’appartiens. Nous ne sommes pas entendus, ou avons beaucoup de mal à l’être.

Politis – Pourtant, dans les années 1970, lorsqu’il y avait un crime raciste par exemple, de grands intellectuels, Sartre, Foucault ou Pierre Vidal-Naquet, réagissaient immédiatement. On a l’impression aujourd’hui d’un grand silence du côté des intellectuels…

Vous parlez d’un grand silence… mais vous êtes le premier journal à me donner la parole ! J’ai essayé de m’exprimer, mais aucun journal n’a voulu ne serait-ce que publier une tribune sur ces sujets. Le silence que vous pointez est donc aussi dû à la paresse des médias, qui, sur ces thèmes, n’interviewent que les politiques. Le problème, c’est au contraire le fait que les intellectuels n’ont plus la parole, parce que les médias ne la leur donnent plus. Regardons les appels et les pétitions que nous réalisons à la Ligue des droits de l’homme, tout comme les travaux de nombreux intellectuels : où sont les relais médiatiques ? Même les avis de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, qui est pourtant un organisme officiel dépendant du Premier ministre, tombent dans un silence complet alors qu’ils sont communiqués à toute la presse ! Je crois donc que les médias – pas tous, heureusement, mais néanmoins un très grand nombre – cèdent aussi au populisme, à une paresse populiste.

Olivier Doubre – 26 septembre 2013 Article paru dans Politis n° 1270

Nota Bene : Henri Leclerc est avocat pénaliste, ancien président de la Ligue des droits de l’homme.

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Impossible de résister …Xénophobie … au plaisir de diffuser le dessin de Babouse paru dans l’Huma Quotidien