Dénier l’utilisation des armes chimiques …

Ce qui se passe en Syrie est atroce pour toute la population Syrienne d’autant plus que derrière ce conflit, il n’est pas question en premier de déstabilisation du pouvoir mais de conquête financière internationale.

Ce conflit est placé sous la même bannière déstabilisatrice des pays du Maghreb. Il est orchestré en sous-main par quelques pays et puissances financières internationales qui dans certains états n’ont pas hésité à destituer les gestionnaires souvent dictateurs alors que les structures du pays en place, permettaient à ses habitants de vivre décemment

L’exemple de la Libye est flagrant. Destituer et abattre ce dictateur qui eut l’outrecuidance de planter sa tente dans un jardin de la capitale, de défier notre trublion national Sarko 1er, n’apporta que deuil et désorganisation du pays pour le seul fait de s’accaparer les énergies fossiles qui jusque-là bénéficiait à la population. Dans le même temps dans l’indifférence générale, est laisser s’implanter l’extrémisme islamique, réducteur des libertés, quitte à revenir quelques années plus tard, guerroyer de nouveaux. Il n’est rien de plus fructueux que la reconstruction d’un pays dont bien évidemment, les habitants sont exclus … puisqu’ils ont tout perdu.

Quoi qu’il en soit, ceux-là mêmes qui se récrient de l’utilisation des armes chimiques en Syrie, sont bien mal placés pour le faire. MC

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Les USA et la guerre chimique …

Dès la première guerre du Golfe, les États-Unis ont utilisé des munitions à l’uranium appauvri. Depuis, de nombreux cas de malformations et de cancers ont touché la population irakienne. Mais l’étude de l’OMS sur le sujet tarde à être publiée.

En Irak, les maternités charrient leurs lots d’enfants malformés. De Falloujah (ouest de Bagdad), la BBC a, en 2012, rapporté des clichés d’un enfant à deux têtes et d’un nouveau-né à six doigts. Les bébés souffrent de malformations cardiaques, de leucémies, de cancers dans des proportions jamais vues – des maladies qui, dans un autre pays, pourraient être soignées.

A l’hôpital général de Falloujah, il naît plus de filles que de garçons, un phénomène déjà observé après les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. Même le ministère de la Santé irakien est sorti du silence l’an dernier : oui, la proportion de bébés naissant difformes est alarmante; et oui, le problème est lié aux munitions utilisées durant la première guerre du Golfe.

Pressée par l’opinion, l’armée américaine a d’abord reconnu qu’elle avait utilisé des bombes au phosphore blanc à Falloujah. Mais le docteur Busby, un Anglais responsable d’une étude réalisée entre 2005 et 2009 sur 48.000 habitants, découvre, après analyse d’échantillons de cheveux, des traces d’uranium appauvri. Il ajoute : « Je pense que l’armée a utilisé une arme d’un type nouveau, qui pénètre les habitations et brûle les gens à l’intérieur. »

Le poison se fixe dans les carcasses des tanks dans lesquels les enfants jouent, infiltre le sol et empoisonne Les nappes phréatiques. Trois études – deux financées par des ONG, une par le ministère des Affaires étrangères norvégien – mettent en cause l’usage d’obus à « uranium appauvri » par les forces de la coalition. On y lit que dans les maternités de Falloujah et de Bassorah, les mères ne demandent plus : « C’est une fille ou un garçon » mais « Est-il en bonne santé ? ».

L’uranium appauvri a un statut bâtard dans les textes de l’ONU.

Il n’entre pas dans la catégorie des armes de destruction massive comme les bombes nucléaires, ni dans celle des armes chimiques comme le gaz sarin. Très dense, il est parfait pour détruire les blindages. Déchet de l’industrie nucléaire, il est disponible en quantité et moins cher que le tungstène. Au contact de l’oxygène, il atteint des températures très élevées et embrase tout ce qui est inflammable.

Falloujah a subi deux offensives lourdes en 2004. Américains et Britanniques ont assiégé la ville après que quatre employés de la compagnie privée Blackwater ont été tués et leurs corps brûlés en place publique. Après huit mois de siège, les Américains ont pilonné de nouveau la ville, dans une des plus intenses guerres urbaines livrées par l’armée américaine depuis le Vietnam.

Le vétéran Ross Caputi, qui a combattu à Falloujah et administre aujourd’hui le site pacifiste thefallujahproject.org, affirme que lui et ses camarades ont utilisé un nouvel engin, le bazooka SMAW-NE, dont les munitions contiendraient de l’uranium appauvri. Les faisceaux convergent et se multiplient : le camp occidental utilise des munitions qui rendent difformes les enfants. L’usage de ces armes n’a pour l’instant fait l’objet d’aucune sanction ni d’une interdiction de la part de la communauté internationale.

Sous la pression de l’International Coalition to Ban Uranium Weapons, un collectif militant pour l’interdiction des armes à l’uranium, l’OMS a missionné une étude en partenariat avec le ministère irakien de la Santé. Ses conclusions, prévues pour novembre 2012, n’ont toujours pas vu le jour. La communauté scientifique est furieuse. Pourquoi ce mystérieux délai?

Sur son site, l’OMS évoque des « analyses additionnelles et non prévues ». Hans von Sponeck, ancien secrétaire général adjoint de l’ONU et coordinateur humanitaire des Nations unies en Irak de 1998 à 2000, a affirmé en mai au « Guardian » que « le gouvernement américain cherche à empêcher l’OMS d’expertiser les endroits les plus bombardés à l’uranium appauvri, là où les conséquences sur l’environnement et la santé sont les plus graves. »

Un sénateur américain, Jim McDermott, a demandé des comptes à l’armée. Il compare l’affaire de l’uranium appauvri à la catastrophe humanitaire de « l’agent orange » pendant la guerre du Vietnam. Dès 2005, il a obtenu du Congrès une enquête sur les effets de l’uranium appauvri sur les Marines. Contacté par « Les lnrocks », il se souvient : « Le rapport fait une feuille double, et ils disent qu’ils n’ont pas les moyens d’enquêter. L’armée ne veut pas perdre la qualité d’un métal comme l’uranium appauvri (…) J’étais physicien durant la guerre du Vietnam, et j’ai assisté au déni de l’armée américaine sur les conséquences de l’épandage de « l’agent orange ». C’est du déjà-vu (…) L’armée est dans le déni »

Maxime Robin – lnrocks N° 929

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