Syrie, « chair à canon » des financiers …

L’article qui suit dont il s’inspire de plusieurs informations recoupées, (dont une que vous pouvez consulter en suivant le lien « Du gaz naturel au gaz sarin… le fond du bourbier syrien » ), réaffirme nos analyses antérieures (dans ce même blog) sur la Syrie en particulier, mais aussi à tout ce qui se passe dans les pays bordant la région et auquel les USA, certains pays arabes et émirats à leurs soldes, ne sont pas étranger aux vues des intérêts et enjeux financiers. Intérêts qui font fis de la population locale prise en otage et qui n’en subissent que les effets négatifs et désastreux, face à une communauté muselée par ces enjeux auxquels ils sont (ou seront) financièrement intéressés et par voix de conséquence, contraints de laisser faire.

C’est l’approvisionnement de l’énergie qui est en jeu et les groupes financiers qui les initient aidé militairement par les états cités plus haut (et tant pis pour les pays ne voulant pas se soumettre), ne laisseront pas passer cette manne financière sans en tirer d’énormes profits.

Extraits de l’article …

Exagérons-nous lorsque nous affirmons que le couple gaz-pétrole est bien le sang de notre planète et que les pipelines et autres gazoducs qui en transportent sont les artères de ce globe. (…)

Personne n’espère subir les conséquences catastrophiques de cette crise, pourtant des vrais hommes, des enfants, des femmes, des vieux sont en train de payer de leur vrai sang les dommages collatéraux de cette crise. Où ? En Syrie au Machrik mais aussi ailleurs !

La crise syrienne est au cœur de la crise de Nabucco (Voir Wikipedia – http://fr.wikipedia.org/wiki/Nabucco_(gazoduc)  (…)

Nabucco - GazoducUn plan a-t-il été élaboré dans les couloirs du puissant G7 (évidement sous la pression des grandes sociétés financières et énergétiques transcontinentales) en 1992 ? Cette rencontre a eu lieu presque en parallèle, histoire de donner l’impression d’une démocratie mondiale, avec le fameux sommet de la terre dit par d’autres sommet des pauvres de l’UNCED, filiale de l’Organisation des Nations Unies, qui s’est tenue à Rio de Janeiro au Brésil et qui a donné naissance au protocole de Kyoto.

Ce protocole impose la réduction des émissions de gaz polluants dans l’atmosphère afin de limiter l’aggravation du réchauffement climatique. En soit, c’est louable.

Hélas, c’est bien là où germent les grands conflits mondiaux à venir ! L’Union européenne ratifie cet accord en 1994. Ainsi le gaz naturel est devenu la plus importante source d’énergie à la place du pétrole, qui a commencé à décliner d’importance stratégique pour chuter à la deuxième place. Il faut alors beaucoup de gaz à l’Europe, la plus grande consommatrice mondiale du gaz ! Or ce gaz, il est disponible en Iran et en Russie à profusion…

Les aléas politiques et diplomatiques vis-à-vis de l’Iran mènent l’Europe directement dans une position inconfortable face au pseudo monopole russe ! Avec le temps l’Europe soufre de l’insécurité quant à l’approvisionnement de ces besoins énergétiques. Ce problème rend indispensable l’intervention des stratèges américains ! Est-ce que Washington permettra l’expansion de l’influence russe en Europe après la dissolution du pacte de Varsovie et la probabilité de la disparition de la raison d’être de l’OTAN ? C’est ce que semblent réclamer certains européens !

En 1995 un accord au Qatar, a conduit le fils au pouvoir par un coup d’Etat (blanc) contre son père. Des accords rapides ont alors permis la démarcation de la frontière avec l’Iran et le début de l’extraction de gaz au Qatar pour tenter de couvrir la demande européenne et de réduire l’impact de la dépendance de l’Europe envers le gaz russe. L’impossibilité du transport du gaz du Qatar vers l’Europe par gazoduc, a rendu nécessaire de liquéfier le gaz malgré le coût élevé de cette opération.

La Syrie a refusé le passage d’un tel gazoduc puisque Qatar imposait d’y transporter du gaz israélien. Cette position stratégique syrienne restera en rigueur tant que le problème palestinien ne sera pas réglé.

L’étonnante ironie est que les états voisins : le Bahreïn et le Sultanat d’Oman achètent le gaz en provenance de pays lointains, alors que le gaz qatariote est tout proche ! En effet, Washington a décidé de privilégier le gaz qatariote pour le marché européen afin de concurrencer le gaz russe. A Doha le dernier mot revient à Washington.

Réserve gaz dans le monde 2013

Parallèlement Washington semble dans le passé avoir aidé à enflammer les régions de la Tchétchénie et de la Yougoslavie en utilisant des mercenaires arabes et afghans au nom d’un« djihad » incertain !

La société du gaz russe « Gazprom » a été transformée en société d’État par actions (РАО) en 1993, (…) où Poutine était un responsable régionale à Saint-Pétersbourg. Quand Poutine a réussi en mars 2000 a maitrisé sans retard, les rênes de la situation en Tchétchénie, Gazprom est devenu rapidement le centre réel de pouvoir en Russie à l’image des compagnies américaines semblables qui régissent les Etats-Unis et qui sont derrière le projet du Nouveau Moyen-Orient. Washington a réalisé l’importance de la répartition géographique du gaz dans la région : le Turkménistan, l’Azerbaïdjan, l’Iran, l’Egypte et les réservoirs de gaz, bien identifiés auparavant par Washington, sur la côte orientale de la méditerranée entre la Syrie et Chypre et surtout sous la Syrie.

Ils ont réalisé que le contrôle de ces sources signifie la conservation d’une position monopoliste incontestée et la gestion du monde en fonction de leurs intérêts. Mais il leur faut neutraliser l’impact de l’influence russe, qui contrôle le transit gazier des régions de l’Azerbaïdjan et le Turkménistan. Le moyen pour y parvenir est le contrôle de gaz méditerranéen de manière a assurer l’approvisionnement de gaz à l’Europe.

Ainsi la Russie ne sera pas en mesure d’acheter du gaz de l’Asie centrale, pour le vendre à l’Europe. Ces pays d’Asie centrale seront donc forcés à entrer dans l’orbite de la stratégie américaine. Mais l’accès à la commande du gaz à partir de la rive orientale de la Méditerranée doit achever le processus de paix de la région, et pour parvenir à la paix dans la région, selon la légitimité internationale.

Est-ce que l’état israélien est prêt à cela ? Ou préfère-t-il un « nouveau Moyen-Orient » plus facilement contrôlable avec des cloisons confessionnelles et de nouveaux états sectaires qui ne disent pas non à Qatar ou plutôt à son maître ?

La liquidation de la cause palestinienne pour dissoudre la patrie et la remplacer quelque part dans le royaume de Transjordanie, serait éventuellement un remède dans ce dernier cas !

C’est le chantier du siècle, il y aura énormément de pertes humaines et quelque chose qui ressemble à un printemps arabe !

Recomposition d'etats moyen-orient


Source : Investig’Action – michelcollon.info –  Auteur : Khaled ABDELHAFIZ. Titre original de l’Article : « Du gaz naturel au gaz sarin… le fond du bourbier syrien ».