Les dérapages se multiplient avec la vente en ligne de médicaments.

La vente de médicaments sur Internet a été récemment autorisée en France, en application d’une directive européenne de 2011. Selon Le Parisien (7-08), le Conseil national de l’ordre des pharmaciens vient de porter plainte contre 11 sites de vente en ligne de médicaments. Des sites internet non adossés à une véritable pharmacie et qui n’auraient reçu aucune autorisation pour opérer sur ce marché autorisé depuis le 12 juillet 2013.

« Ces onze sites illégaux se cachent derrière des noms sonnant bien français, parfois même des noms de pharmacies bien réelles« , précise au Parisien Alain Delgutte, président de la section A (titulaires d’officines) du Conseil national de l’Ordre.

Autre particularité de ces sites, ils sont hébergés à l’étranger et proposent principalement à la vente des stimulants sexuels à des prix très bas (contrefaçon).

La liste des fraudeurs a été transmise à l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAEPS).

La Fédération des industries de santé (Fefis), qui regroupe 12 syndicats professionnels des industries de santé, tire la sonnette d’alarme. Elle a appelé jeudi 8 août les pouvoirs publics à mieux « encadrer et sécuriser » la vente de médicaments sur le Web.  Elle estime ainsi que cette menace constitue « un danger immédiat pour les patients-consommateurs« .

« Si à ce jour, la chaîne physique de distribution de produits de santé en France est relativement épargnée par la contrefaçon, grâce à son système de distribution très encadré, notamment pour ce qui concerne les médicaments, la vraie menace vient d’Internet où circulent des produits de santé potentiellement dangereux pour les patients et les consommateurs« , estime la Féfis dans sa note qui contient un certain nombre de propositions.

Parmi celles-ci, citons « le renforcement des pouvoirs de contrôles et de sanctions des autorités compétentes à l’encontre des opérateurs de sites illicites proposant à la vente des produits de santé » et la mise en place de « moyens juridiques et techniques permettant de filtrer en amont les sites illicites« .

De son côté, le ministère de la Santé a rappelé mercredi 7 août les consignes de sécurité et les conditions strictes de vente garantissant « une sécurité optimale pour les acheteurs« . Ainsi, seuls peuvent être autorisés par l’ARS compétente les sites exploités par des pharmacies physiques. De plus, seuls les médicaments non soumis à prescription médicale obligatoire sont autorisés à la vente par Internet.

La liste des sites autorisés, au nombre de 44, figure en ligne sur le site de l’ordre des pharmaciens. Les internautes sont donc invités à vérifier que le site sur lequel ils naviguent est autorisé. Ils peuvent également s’assurer que figurent clairement sur le site l’identité du pharmacien, les coordonnées de l’officine, son numéro de licence de même que les coordonnées de l’ARS dont dépend la pharmacie.

Depuis, de nouveaux sites illégaux de vente en ligne de médicaments ont été identifiés, portant leur nombre total à plus de 40 contre une dizaine auparavant, a indiqué jeudi 8 août Jacques Fortuit, vice-président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, dans un entretien accordé à l’agence APM. « Et la courbe est exponentielle« .

Pire, une dépêche TIC Santé annonce que seul un des 44 sites autorisés pour la vente en ligne de médicaments est hébergé par un hébergeur agréé pour les données de santé (Orange Business). Selon l’arrêté de bonnes pratiques, c’est pourtant un prérequis à l’agrément par les agences régionales de santé !

Un grande partie des sites sont hébergés (directement ou via un prestataire web) chez le français OVH, premier hébergeur en Europe, mais qui n’est pas agréé pour l’hébergement de données de santé. Quatre sites ne précisent pas le nom de leur hébergeur.

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Source Annuaire Secu lettre N° 565