Paris, attire les touristes riches …

Un article paru dans courrier international numéro 1182 à attirer notre attention. Il est traduit en français dans l’hebdomadaire cité. Il est paru dans The Observer – Londres sous la plume de Kim Willsher.

Sous Giscard d’Estaing était née une formule « nous n’avons pas de pétrole et nous avons des idées » pour répondre à la crise soulevée par l’OPEP en son temps. Je trouve que l’on est là, dans cet article tout à fait dans le sujet avoir des idées parce que nous sommes en pleine crise économique et financière et qu’il n’y a aucune raison à ne pas vouloir faire venir le fric des plus aisées en France plutôt qu’ailleurs. Si l’auteur de l’article anglais dénonce (ou plutôt jalouse) l’attitude française c’est parce qu’il voudrait plutôt voir son pays réaliser cet exploit à notre détriment. Pour une fois « cocorico » dragon les riches sans vergogne. MC

Tandis que les autorités britanniques appliquent une politique de visas restrictive, la capitale française fait tout pour attirer les touristes les plus riches du monde.

The Observer Londres

L’espace d’un instant, le visage impeccablement maquillé de la vendeuse de ce grand magasin chic de la capitale française trahit une exaspération intense. Un groupe de touristes chinois gesticulent devant son stand en montrant du doigt des montres à plusieurs milliers d’euros.

Elle se reprend rapidement et leur sourit. Les clients, qui recomptent leurs liasses de billets et que les autorités touristiques de Paris qualifient de « fervents amateurs de shopping », n’ont rien remarqué et s’en contrefichent. Ils ont de l’argent, beaucoup d’argent, et il leur brûle les doigts. Or, entre les visites au Louvre et à Versailles, il leur reste peu de temps pour acheter les pro­duits de luxe dont ils raffolent. Et leur discussion animée ne porte pas sur la forme du sac ou de la montre à monogramme, mais plutôt sur combien de ces objets ils vont acheter.

Si Londres continue à compliquer l’obtention des visas pour les touristes à très haut pouvoir d’achat en provenance de Pékin ou de Shanghai, Paris récolte les fruits d’une volonté officielle de la France de faire de sa capitale une destination de choix pour les centaines de milliers de riches touristes chinois, dont le nombre ne cesse d’augmenter. « Soyons clairs, nous sommes en concurrence avec Londres, il y a une rivalité entre les deux villes. Notre objectif est que les visiteurs chinois viennent à Paris, y séjournent plus longtemps et y dépensent plus d’argent », déclare François Navarro, porte-parole du Comité régional du tourisme Paris Ile-de-France.

Et la France dispose d’un atout de taille puisque, contrairement au Royaume-Uni, elle fait partie de l’espace Schengen, cet ensemble de 26 pays européens dont la visite ne nécessite qu’un seul visa.

Les autorités françaises ont même été encore plus loin : elles ont mis en place avec les Allemands un bureau commun de délivrance des visas à Pékin, en octobre dernier, afin de permettre aux touristes chinois d’obtenir des papiers plus rapidement et plus facilement.

« Depuis cette date, nous constatons une augmentation d’environ 20 % des visas délivrés, mais ce n’est pas encore assez. Nous avons certes moins de problèmes de visas que Londres grâce à Schengen, mais nous avons demandé au gouvernement français de faciliter l’obtention des visas pour les Chinois, ajoute M. Navarro. Et notre objectif est de leur réserver le meilleur accueil possible. »

A ce titre, Paris a lancé une nouvelle opération de charme avec la publication d’un petit fascicule destiné aux hôtels, aux cafés, aux magasins et même aux compagnies de taxis, intitulé Do you speak touriste ?, qui les encourage à être « encore plus accueillants ».

La région parisienne attire chaque année 33 millions de touristes, avec à la clé 600.000 emplois, direct et indirects. Elle se targue aussi d’accueillir le plus grand nombre de visiteurs internationaux – environ 17 millions -, plus que toute autre ville dans le monde, avec notamment i million de touristes chinois par an. A titre de comparaison, Londres n’en accueille que 110 000.

Les autorités commerciales et touristiques de Londres mettent en cause depuis longtemps les restrictions trop sévères du gouvernement sur la délivrance des visas, destinées à endiguer l’immigration illégale : elles priveraient le pays de l’engouement des riches Chinois pour les voyages à l’étranger, avec un manque à gagner de 1,2 milliard de livres par an (1,4 milliard d’euros).

D’après l’Organisation mondiale du tourisme, le nombre de touristes chinois qui voyagent à l’étranger est passé de 10 millions en 2000 à 83 millions en 2012. Environ la moitié d’entre eux dépensent plus de 3.000 livres (3 500 euros) par séjour et représentent 25 % des ventes internationales de produits de luxe, soit une influence économique considérable. En 2012, selon le magazine Hurun Report, basé à Shanghai, la France est devenue la destination préférée des 2,8 millions de millionnaires chinois, dont le nombre ne cesse de croître.

Dans Do you speak touriste ?, on apprend que les Chinois, «  les rois du shopping » selon Navarro, ont « une vision romantique et idéalisée de Paris ».

Le conseil du fascicule ?  « Un simple sourire et un bonjour dans leur langue les satisfont pleinement. » Les vendeurs, les chauffeurs de taxi et même les serveurs, l’incarnation de la mauvaise humeur parisienne, sont priés d’apprendre à prononcer « huang ying guang » (bienvenue) pour ainsi s’attirer les bonnes grâces des touristes chinois.

Londres et le Royaume-Uni devraient s’en inspirer.

 

Kim Wilisher Publié le 23 juin

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