NOTEO : Dénote les shampoings.

Les shampoings sont un nid à substances chimiques à risque pour l’environnement ou la santé. La faute, notamment, à une réglementation qui avance très lentement.

« Parce que je le vaux bien. » Ce slogan, lancé en 1973 par l’Oréal, reste associé à l’image d’une star cheveux au vent. Mais n’en déplaise aux publicitaires, les shampoings – de cette marque comme des autres – ne sont pas forcément un réel must pour nos cheveux. Notamment parce qu’« ils sont susceptibles de contenir 53 substances chimiques ayant un impact néfaste sur la santé ou sur l’environnement », explique Aurèle Clémencin, responsable du pôle social et santé du site Noteo (voir ci-dessous).

Shampoing image

Sur un plan environnemental, les substances emportées dans les canalisations lors du rinçage des cheveux finissent, malgré les systèmes de traitement des eaux usées, par se retrouver en partie dans les rivières et les océans. Certaines peuvent alors, entre autres impacts, perturber la faune aquatique : développement d’anomalies chez certaines espèces de poissons et de crustacés ou encore difficultés de reproduction. (…)

Un marché bio en plein boom

Qu’en est-il des produits éco-labellisés ? « Les clients peuvent se fier aux labels exigeants, comme l’écolabel européen, Nature & Progrès ou Cosmos Organic, par exemple », rassure Emmanuelle Ferré, responsable du pôle environnement chez Noteo. Le site Internet de l’association en recense huit au total (1). Ces labels offrent la garantie que les ingrédients sont en majorité composés de substances à moindre impact pour l’environnement. (…) Alors que les shampoings conventionnels sont susceptibles de contenir une cinquantaine de produits à risque, ce nombre est réduit à trois (2) dans les shampoings éco-labellisés.

Le marché de ces cosmétiques bio est une niche en plein boom (…) la progression du chiffre d’affaires de la cosmétique éco-labellisée est de l’ordre de 30 % par an depuis 2005. (…) Désormais, presque tous ont en catalogue un shampoing bio, comme Mixa bébé pour le groupe L’Oréal. De même, la plupart des marques de distributeurs proposent désormais des shampoings sous écolabel, à l’instar de Carrefour et de Monoprix.

« Greenwashing (verdir son image !) »

Sans se plier à ces cahiers des charges, certaines marques ont élaboré leurs propres critères « verts », comme Yves Rocher, mais ceux-ci sont moins exigeants. D’autres fabricants se contentent de surfer sur la vague en accolant à leurs produits diverses épithètes comme « naturel » ou « végétal », au risque d’être accusés de greenwashing. Unilever France a ainsi été montré du doigt au printemps dernier pour cette publicité sur la marque Timotei : « Sans paraben, la beauté naturelle à prix doux » (3). L’absence de cette substance ne suffit pas en effet à rendre un produit naturel. Il peut contenir malgré tout d’autres produits suspects. Par exemple, le shampoing Nivea for men « strong power, cheveux normaux » récolte sur le site Noteo une bonne note pour ce qui est de la santé (8,2/10), mais s’avère très médiocre sur le plan environnemental (3/10).

De quoi s’arracher les cheveux pour le consommateur, car dans le monde des shampoings comme dans celui des produits de consommation en général, tout n’est pas blanc ou noir. Un produit peut être bon pour l’environnement, mais mauvais pour la santé. C’est le cas notamment de certains produits bio. Pis, une même marque peut présenter, dans une même gamme de prix, le meilleur comme le pire. Comme L’Oréal avec, d’un côté, le shampoing traitant antipelliculaire Neutralia (6,1/10 pour la santé et 7,5/10 pour l’environnement sur le site Noteo) et, de l’autre, l’antipelliculaire « 2 en 1 Fructis » (3,3/10 pour la santé et 2,9/10 pour l’environnement).

Le règlement européen sur les produits chimiques – Reach, acronyme anglais pour « enre­gistrement, évaluation, autorisation et restriction des substances chimiques » – est certes entré en vigueur depuis 2007, mais il s’agit d’un processus dont la mise en œuvre s’étend sur de longues années. En attendant que le marché des produits chimiques soit mieux encadré, les consommateurs sont condamnés à se fier aux labels et à chausser leurs lunettes pour lire les étiquettes.

« Au final, les produits les mieux notés globalement sont ceux qui contiennent le moins d’ingrédients », résument les deux experts de Noteo. Le consommateur soucieux de l’environnement et de sa santé devra donc privilégier les shampoings éco-labellisés et contenant le moins d’ingrédients possible pour réduire le risque de tomber sur des substances suspectes.

Claire Alet – Alternatives Economiques N° 321 Février 2013

  1. Ecolabel européen, Le cygne blanc, Demeter. Nature & Progrès, Cosmébio, BDIH, Natrue, Cosmos Organic.
  2. Le sodium benzoate, l’alcool benzylique et l’eugénol
  3. Volr http://observatoiredelapublicite.fr

Site NOTEO www.noteo.info  Infos gratuites, comparant 45.000 produits de consommations courantes selon 4 critères : la santé, l’environnement, le social et le budget.


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