Qui se souvient de ce qu’ont fait les États-Unis, en Irak?

Qui sait vraiment ce qu’est devenu le peuple irakien à qui les G.I’s et autres Marines devaient apporter la liberté ?

Presque personne de ces milliards d’habitants du Globe que l’on a abreuvés, des semaines durant, de la nécessité de mettre fin à la dictature de Saddam Hussein. Pourtant, aujourd’hui, il y a infiniment plus de raison d’en parler qu’à l’époque, en matière de drames humains.

Le « New York Times » écrivait : «9 avril 2003, le Jour de la Libération pour l’Irak» ou encore «après 24 années d’oppression, trois guerres et trois semaines de bombardements continus, Bagdad émerge, à peine, de l’âge des ténèbres. La journée d’hier était une journée de libération historique».

Seulement, quatre ans après, en 2007, bien après la «démocratisation», les statistiques officielles, rapportées, en 2010, par Dirk Adriaensens du « Brussels Tribunal », sont sans appel. On recense 5 millions d’orphelins, plus de 2 millions de réfugiés hors du pays et 3 millions, à l’intérieur du pays.

Pour les services de base, 70% des Irakiens n’ont plus accès à l’eau potable et 80% d’entre eux ont été privés des réseaux d’égouts. Le chômage tourne autour du taux de 70% de la population active. Atteint, officiellement, les 50%, il est de 70%, officieusement. (…) 4 millions d’Irakiens sont sous-alimentés et ont un besoin urgent d’assistance humanitaire.

Ne parlons pas du type de « libération » que les femmes ont connue, sous la férule de milices sanguinaires, au jugement sans appel, pour celles qui oseraient juste exister. Mais, tout compte fait, cela n’intéresse pas les décideurs de guerre, les médias, comme le « New York Times », qui ne revient pas sur le sujet et, surtout, les ONG des droits de l’Homme, ces institutions qui peuvent soulever le monde entier autour des causes qu’elles choisissent, fussent-elles des cas individuels.

Le travail est terminé, les Irakiens ne sont plus d’aucune utilité, comme les Somaliens, les Palestiniens et d’autres damnés de la Terre. Les Libyens de même.

Une exception, les Syriens, si. Les « démocratiseurs » s’en fichent et ont le culot de servir les mêmes arguments qu’ils ont servis contre Saddam. La mobilisation est grandiose et de tous les instants. La même, presque au détail près, que celle qui a précédé l’invasion de l’Irak.

La seule différence est l’impossibilité d’aller bombarder, librement, sinon le scénario était cousu de fil blanc. Cela n’empêche pas que la violence amplement entretenue par la « communauté internationale » et les monarques du Golfe, (qui étaient de la partie contre l’Irak), produit, déjà, ses effets, sur les millions de Syriens, dont la voix reste inaudible, parce qu’elle ne correspond pas à la sémantique autorisée, dans la presse des grandes « démocraties ».

Au bout, que l’insurrection et les groupes infiltrés gagnent la partie ou pas, le bilan risque d’être des plus désastreux, pour le pays. Cependant, on ne se souviendra pas de l’Irak, des mensonges de Bush et de tous ses très « respectables » collaborateurs. On a oublié et on n’ira pas regarder les Irakiens, dans les yeux, pour leur demander ce qu’ils pensent de la «générosité» des États-Unis, à leur encontre. Les ONG et les « spécialistes » de tout acabit, en particulier, n’iront pas s’enquérir de l’« après Saddam » « made in Pentagone ». Ils risqueraient qu’on leur rende la sollicitude qu’ils ont prodiguée.

Badis Guettaf

Source : Marc et Cathy LemaireLe journal d’Irak est visible  sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

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