Vers une sévère revision de la politique familliale ?

Les allocations familiales s’avèrent très faible par rapport au coût des enfants


Le gouvernement s’est donné comme objectif d’atteindre l’équilibre des finances publiques en 2017, ce qui nécessite une baisse d’environ 60 milliards des dépenses publiques.

Bertrand Fragonard, le président du Haut Conseil à la Famille, est chargé de proposer, d’ici fin mars, un plan de restructuration de la politique familiale permettant le retour à l’équilibre de la branche famille en 2016 avec en conséquence une réduction des aides aux familles.

Le Figaro du 19 février, s’appuyant sur des études de l’OCDE, indiquait qu' »au sens strict des allocations familiales, la France est loin d’avoir le régime le plus généreux des pays développés ».

Au moment où se développe un débat sur une éventuelle fiscalisation des allocations familiales, signalons deux nouvelles contributions en provenance de l’Observatoire français des conjonctures économiques.

Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE, confirme que leur montant est déjà très faible par rapport au coût des enfants et que réduire le montant des prestations familiales serait une erreur économique et sociale.

« Le coût moyen d’un enfant […] est de l’ordre de 500 euros » par mois, écrit Henri Sterdyniak, membre du collectif des économistes atterrés, sur le blog de l’OFCE. « Or les allocations familiales sont de 64 € par enfant (pour une famille avec deux enfants) et de 97 € par enfant (pour une famille avec trois enfants) » par mois, rappelle-t-il.

Selon lui, « il faudrait donc au minimum multiplier par cinq les allocations avant que la question de leur fiscalisation ne devienne légitime« . Il rappelle que de 1984 à 2012, la BMAF a perdu 5,7 % en pouvoir d’achat absolu, mais 25 % en pouvoir d’achat relativement au revenu médian des ménages.

L’économiste de l’OFCE Hélène Périvier et le sociologue François de Singly estiment dans un second post publié sur le même blog qu' »en période de conjoncture économique dégradée comme celle que nous connaissons actuellement, réduire les dépenses sociales n’est pas souhaitable et peut être contre-productif macro-économiquement« .

Selon eux, « il est nécessaire de redéfinir le contenu et les contours de la politique familiale pour demain mais la volonté de retrouver l’équilibre des comptes sociaux ne peut pas en être le seul moteur. Il faut cesser de penser le changement sur un mode étriqué car il faut réformer le système dans ses fondements en fonction des nouveaux besoins et autour des principes de justice et des solidarités qui fondent notre Etat social« .

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