Le fils de Mussolini : Berlus-connerie

Quand il n’est pas en train de dormir, comme lors de la cérémonie d’inauguration du Mémorial de la Shoah, dimanche, à Milan, Silvio Berlusconi, soixante-seize ans, dédouane le fascisme.

En marge de cette cérémonie, fixée le jour de la mémoire de l’Holocauste, l’ancien président du Conseil a cru devoir préciser que « les lois raciales représentent la pire faute d’un leader, Mussolini, qui, en revanche, a fait de bonnes choses dans tant d’autres domaines ».

En 1938, Benito Mussolini, dictateur de 1922 à 1943, a fait adopter les lois raciales, discriminatoires envers les juifs. « L’Italie n’a pas les mêmes responsabilités que l’Allemagne, mais il y eut une connivence qui n’était pas à l’origine complètement consciente. », a-t-il déclaré.

« Les fautes de Mussolini et de son régime ne se limitent pas aux atroces lois raciales, mais (ils ont commis) bien d’autres choses, à commencer par l’étouffement de notre démocratie et l’alliance avec le nazisme », a dénoncé Anna Finocchiaro, la présidente du groupe du Parti démocrate au Sénat.

Loin d’être un pantin du nazisme allemand, qui lui a inspiré les lois racistes, le fascisme italien a ses propres fautes: la gestion de la colonie libyenne et l’occupation de l’Albanie, avec les exactions qui les ont accompagnées. L’invasion de l’Éthiopie, en 1935, a charrié son lot de massacres.

Sur le front intérieur, la répression des opposants a été systématique. Celle-ci n’a pas commencé avec la prise de pouvoir, en octobre 1922. « Déjà, lors des premiers mois de 1921, les fascistes parvinrent à détruire 17 sièges de journaux et imprimeries, ils enflammèrent 59 maisons du peuple, 119 bourses de travail et 117 coopératives, 83 ligues paysannes, 141 sections du Parti socialiste italien et du Parti communiste italien, ainsi que 100 cercles culturels et bibliothèques », a rappelé, dimanche, Nichi Vendola, leader de Gauche écologie et liberté.

Le secrétaire du Parti de la refondation communiste, Paolo Ferrero, a dénoncé la thèse selon laquelle « les Italiens étaient bons », et victimes du nazisme. Pendant son enfance, sa mère lui contait que « ceux qui ont mis le feu à (notre) maison parlaient piémontais », le dialecte local, raconte-t-il.

Devant une telle levée de boucliers, Berlusconi a dénoncé une « spéculation électorale » et rappelé qu’il a « toujours condamné les dictatures ».

Peut-être.

Mais sa relation avec le fascisme a, elle, toujours été ambiguë. C’est lui qui, en 1993, quand il s’engage en politique, accorde un blanc-seing à Gianfranco Fini, leader du Mouvement social italien néofasciste, qui briguait la mairie de Rome.

Au niveau local, on ne compte plus les néofascistes présentés sur les listes de candidats du Peuple de la liberté, son parti.

Pour ratisser large à droite en vue des élections du 24 février l’entreprise de libéralisation des frontières républicaines par Silvio Berlusconi se poursuit.

Gaël de Santis