Retraites complémentaires Agirc-Arrco : le Medef présente son plan de rigueur

Les partenaires sociaux, qui gèrent les régimes complémentaires des salariés du secteur privé, se sont retrouvés mardi 15 janvier pour une nouvelle séance de négociation, la troisième, pour tenter de redresser la situation financière ces régimes jugée chancelante.

Attention : Des annonces en forme de baisse des pensions. MC

En l’absence de mesures nouvelles, le besoin de financement annuel de l’Agirc-Arrco dépassera 10 milliards d’euros en 2017.

Les régimes complémentaires ont accumulé des réserves mais elles fondent rapidement. Celles de l’Agirc seront asséchées dès 2017 et celles de l’Arrco en 2020.

Le Medef a remis aux syndicats un premier projet d’accord pour réduire le déficit de l’Agirc-Arrco.

Selon Les Echos (15-01), le patronat propose:

  • en premier lieu un gel partiel du niveau des pensions complémentaires. Au 1er avril 2013, les pensions seraient relevées de 1,5 point de moins que l’inflation. (1)
  • Le Medef propose aussi une réforme des pensions de réversion pour les veufs et veuves. Ils ne toucheraient plus que 56 % de la retraite complémentaire de leur conjoint décédé, au lieu de 60 %, et à partir de 60 ans. (2)
  • Sur le plus long terme, le projet propose de reculer progressivement l’âge à partir duquel il est possible de toucher sa pension complémentaire au rythme d’un trimestre par an à partir de 2019. (3)
  • Quant à l’augmentation des cotisations réclamée par les syndicats de salariés, Il n’est « pas envisageable » de relever les cotisations pour l’instant, a assuré le négociateur du Medef, Jean-François Pilliard, étant donné le niveau de marge des entreprises. (4)

Des propositions jugées, on s’en doute, inacceptables, par l’ensemble des syndicats de salariés. La plupart d’entre eux, à l’exception de la CGT, approuvaient le principe d’une revalorisation moins forte que l’inflation le 1er avril prochain, à condition que le Medef accepte une hausse des cotisations. Les partenaires sociaux se sont donnés jusqu’au 7 mars pour finaliser un accord. La prochaine séance de négociation est fixée au 6 février. A noter la voix discordante de la patronne du Medef, Laurence Parisot, qui a déclaré le 15 janvier qu’il était « illusoire de croire qu’on peut résoudre le sujet avec des mécanismes du type désindexation » qui sont « une rupture dans le pacte entre générations ». Selon Laurence Parisot, « nous ne pourrons pas nous contenter de mesures conservatoires, ni sur le régime des retraites complémentaires, ni sur le régime général ».

Dans une interview au quotidien Les Echos daté du 15 janvier, Jérôme Cahuzac, le ministre du Budget, estime qu’une désindexation des pensions des régimes complémentaires « serait un élément d’appréciation très important. On ne pourra pas ne pas en tenir compte » pour le régime général…. Si la mesure était prise par les partenaires sociaux, elle pourrait servir de modèle pour régler une partie du problème du financement des régimes de retraite de base.

Rappelons que le Conseil d’orientation des retraites (COR) dévoilera le 23 janvier son 12e rapport.

Le quotidien économique s’est procuré une version encore préliminaire du rapport qui a été transmise vendredi 18 aux membres du COR.

A découvrir en avant-première. Cet état des lieux du système français doit précéder « une concertation sur le financement des retraites comme de la protection sociale » qui s’ouvrira « au printemps », selon l’annonce du président de la République lors de ses vœux aux « forces vives ».

Pour la réforme des régimes de retraite, « le scénario envisagé actuellement par l’exécutif consisterait à scinder l’exercice : d’abord des mesures de redressement de court terme, telles qu’une désindexation partielle des pensions, et dans un deuxième temps (avec une échéance beaucoup plus lointaine) une réforme plus structurelle qui pourrait corriger les imperfections pointées par le COR », estime le journal.

INFOS +
L’article des Echos « Retraites complémentaires : le plan de rigueur du Medef » avec le document de travail du Medef
Désindexation des retraites du régime général: « illusoire » pour Parisot
Retraites : les nouvelles pistes du COR pour corriger les inégalités – Les Echos 18 janvier

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Notes/Un avis de MC

1) Conséquence une perte du pouvoir d’achat régulier qui par cumul sera de prés de 7 % en 5 ans – Intolérable, d’autant plus que la CSG, taxes et impôts directs et indirects, ne vont pas vers une diminution. Comme dans le même temps la retraite SS n’augmente pas non plus c’est une grande dégradation du pouvoir d’achat des retraités qui s’annonce ( normal disent certains, les retraités ces nantis!)

2) Malheur au conjoint se retrouvant seul, le décès de l’une-l’un est souvent synonyme de se retrouver au niveau du seuil de pauvreté.

(3) Après avoir donner des années à trimer, le salarié aura quelques mois à vivre avant son décès – Hélas, ces paroles ne sont ni une prévision, ni de l’humour noir, mais bien la réalité. Combien de reportages réalisés en Allemagne ou aux USA, « glorifiant »ces retraités « heureux de faire une petit job pour arrondir leur pension (pension maigre bien évidemment sinon ils ne re-travailleraient pas) » – qui sont dans le même temps surexploité et sous payé justement parce qu’au prétexte qu’ils touchent déjà une retraite, c’est tout bénéfice pour les patrons. « Manqueraient plus qu’ils réclament le salaire d’un actif, ces cons ! »

(4) Ben voyons ! Je ne dis pas pour les artisans et certaines petites entreprises mais pour celles de tailles, les profits n’ont jamais été aussi florissants et les actionnaires jamais autant « gâtés » qu’en ces années de restriction austéritaires.