Le C.O.R, crie haro sur les retraites !

Les prévisions du 11e rapport du COR rendent inévitables une nouvelle réforme des retraites


La réforme de 2010 ne suffira pas à rétablir l’équilibre des régimes de retraite, loin de là. Selon les nouvelles projections du Conseil d’orientation des retraites (COR), contenues dans le rapport « Retraite : perspectives 2020, 2040 et 2060« , publié mercredi 19 décembre, le solde du système de retraite (y compris le FSV) resterait négatif à court et moyen terme.

La précédente majorité avait décidé en 2010 de relever progressivement l’âge minimum légal à 62 ans, déclenchant une vague de contestation massive, afin d’effacer le déficit des régimes de retraite à l’horizon 2018. Le rapport du COR, qui regroupe l’ensemble des partenaires sociaux, montre clairement que cet objectif ne sera pas atteint, notamment en raison du « contexte macroéconomique dégradé« , mais aussi que la réforme Woerth était nécessaire, même si les mesures prises pouvaient apparaître injustes.

« Notre modèle social est extrêmement sensible à la croissance. Dès qu’elle est inférieure à 1,5 %, les recettes s’effondrent et le système ne tient plus« , avertit Raymond Soubie, artisan de la réforme de 2010 lorsqu’il était conseiller social de Nicolas Sarkozy à l’Élisée. Et les prévisions 2013 sur le front de l’emploi ne vont pas arranger les choses.

L’INSEE, dans ses dernières prévisions diffusées le 20 décembre 2012, estime que l’économie restera « sans élan » d’ici à la mi-2013. Face à l’atonie persistante de l’activité, les destructions d’emplois vont se poursuivre et l’Institut anticipe un taux de chômage, au sens du BIT, en forte progression pour atteindre 10,9 % mi-2013 (10,5 % en France métropolitaine).

Pour le COR, le besoin de financement cumulé de l’ensemble des 33 principaux régimes de base et complémentaires se creusera régulièrement au cours des prochaines années, à législation inchangée, passant de 14 milliards d’euros en 2011 à 21,3 milliards en 2017, soit respectivement 0,7 et 1 point de PIB. Au-delà de 2017, les prévisions du COR varient sensiblement en fonction des hypothèses économiques retenues alors que la crise pèserait négativement sur les pensions futures des générations touchées.

A l’horizon 2020, le déficit serait compris entre 20,8 milliards et 24,9 milliards, selon les scénarios, il faut le dire, plutôt optimistes. Il aurait atteint 40 à 50 milliards d’euros sans la réforme des retraites de 2010. Les perspectives sur le long terme donnent une fourchette de résultats qui joue le grand écart (entre – 105 et + 93 milliards en 2060 selon les variantes !).

Pour rétablir l’équilibre d’ici à 2020, le COR a chiffré l’impact de trois leviers, naturellement combinables, mais présentés isolément, à savoir le rapport entre la pension moyenne nette et le revenu moyen net d’activité, le niveau des ressources affectées au système de retraite et l’âge effectif moyen de départ à la retraite.

Il faudrait augmenter les prélèvements qui financent les régimes de 1,1 point par rapport au taux projeté en 2020, ou bien baisser de 5 % le rapport entre les pensions et les revenus des actifs, ou bien encore retarder l’âge moyen de départ à la retraite de neuf mois supplémentaires, c’est-à-dire un décalage au total d’environ un an et 9 mois par rapport à 2011.

La modélisation des effets des réformes sur les choix d’âge de départ à la retraite est un exercice délicat et les projections d’âge de départ réalisées par le COR doivent être considérées avec précaution. Au régime général, l’âge moyen de départ à la retraite, qui est de 62,0 ans parmi les nouveaux retraités en 2011, atteindrait 63 ans dans dix ans, pour se stabiliser autour de 64,0 ans sur l’ensemble de la période 2035-2060.

Le présent rapport sur les projections, ainsi que celui qui doit être adopté par le Conseil en janvier 2013 sur un état des lieux du système de retraite serviront de base à la réforme promise par François Hollande pour l’année prochaine. Pierre Moscovici et Marisol Touraine ont confirmé que le gouvernement allait s’emparer du dossier en 2013.

Mais la ministre des Affaires sociales n’entend « pas trancher » avant la concertation avec les partenaires sociaux prévue au printemps 2013. « La réflexion doit être large« , a estimé Marisol Touraine, Pierre Moscovici évoquant de son côté « la prise en compte de la pénibilité, les carrières interrompues […] et la nécessité d’équilibrer financièrement » les régimes de retraite.

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Source Annuaire Secu lettre N° 533 Permalien

Mon avis:

Il est de plus en plus évident que la solution n’est pas dans le type de société libérale actuelle. La mondialisation financière aujourd’hui n’a pour but que d’assurer aux possédants encore plus, aux salariés toujours moins, quant aux retraités ceux-ci ne sont plus que des encombrants auxquels ils faut soutirer chaque deniers qu’ils ont économisés…

La conception sociale-libérale n’est pas, loin de là, un modèle de vertu dans la répartition égalitaire des ressources produites.

Aussi ne faut-il rien attendre de cette société qui ne peut  assurée une retraite digne à ceux qui ont contribué à l’enrichissement d’un pays, son développement et bien-être, qu’aux travailleurs pour qu’ils puissent vivre décemment, de leur temps de travail donné.

Bien évidemment le plein-emploi résoudrait bon nombre de problèmes tout comme, un jour ou l’autre, il faudra bien trouver une solution aux délocalisations d’entreprises et son régiment de chômage, aux interdictions de directives européennes interdisant à un état de nationaliser ses industries, c’est dire revenir bien évidemment sur le libéralisme et sa doctrine « la libre concurrence ».

Bien triste réveillon pour les anciens, les exclus de la société, les sans-logis, les chômeurs, les SDF …

MC

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