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Il était entendu que la conférence sur le climat qui s’est achevée samedi à Doha (Qatar) avait de faibles ambitions. Le résultat est en deçà des prévisions. (…)

La portée de ce Kyoto 2, prévu jusqu’en 2020, est relativement faible. Le Canada, le Japon et la Russie ont en effet décidé de se retirer du processus qui est pour le moment le seul accord contraignant en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, très largement responsables du changement climatique. L’Europe, l’Australie et une dizaine d’autres pays qui ont renouvelé leur engagement ne représentent que 15 % de ces émissions au niveau mondial. Les États-Unis, plus gros émetteur des pays industrialisés, n’ont jamais adhéré à Kyoto.

Les décisions prises samedi reportent à 2013 la question de l’augmentation de l’aide financière aux pays en développement pour leur permettre de lutter contre le réchauffement. (…)

«Cette conférence a entériné l’inaction face au changement climatique. Les ministres n’ont aucune excuse», résument les représentants du Réseau action climat. (…)

Les émissions sont d’environ 50 gigatonnes (milliards de tonnes) par an alors qu’il faudrait se trouver aux alentours de 44 gigatonnes en 2020 selon le dernier rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement. On n’en prend pas le chemin. «Il y a actuellement le projet de construire 1200 centrales à charbon dans le monde et les subventions accordées à l’industrie pétrolière étaient en 2011 six fois plus importantes que celles accordées aux énergies renouvelables», rappelle le think-tank américain World Ressources Institute. (…)

Marielle Court – Le Figaro (Extrait)  Permalien

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Une autre vision … (Extrait)

Doha, la crise climatique passe « encore » après la finance…

Copenhague, Cancun, Durban et maintenant Doha : les conférences sur le changement climatique se suivent… sans que les engagements internationaux en matière de réduction des émissions de CO2 ne progressent vraiment. Pourtant, à chaque fois, les hypothèses les plus pessimistes des scientifiques sur l’accroissement de la température moyenne de la planète se confirment. Les signaux sont tous au rouge. (…)

Même la Banque mondiale s’alarmait en novembre dernier d’un risque de hausse de la température mondiale de + 4°C d’ici 2060, soit près du double du plafond de + 2° C retenu par la communauté internationale pour limiter tout risque d’emballement climatique et d’effets non maîtrisables. (…)

La prolongation des accords de Kyoto jusqu’en 2020, actée en fin de sommet pour ne pas sortir à vide de cette conférence, ne concerne plus que 15 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Au final donc, une coquille vide, sans réelles contraintes, ni précisions chiffrées. (…)

Devant de tels échecs successifs, l’attitude de la France et de l’Union européenne doit être exemplaire. En demandant d’abord que la crise du capitalisme mondialisé ne serve plus de prétexte au renoncement politique, et d’alibi pour continuer à masquer aux peuples l’ampleur des dangers que cette position hypocrite fait peser sur l’avenir de l’humanité et des plus pauvres. Notre pays doit aussi pousser vers une action diplomatique résolue pour faire avancer l’ensemble des Etats sur la voie de la responsabilité commune et des engagements internationaux contraignants. Avec aussi comme exigence fondamentale la concrétisation d’un droit fondamental de tous les êtres humains à l’énergie « décarbonée », c’est-à-dire une énergie non productrice de gaz à effet de serre. Un tel objectif implique de définir une grande politique de coopération énergétique mondiale pour limiter très rapidement et drastiquement le niveau de nos émissions.

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A. Chassaigne – « La Terre »(Extrait).  Permalien

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Vu par le PCF

Doha : le capitalisme se fout du monde !

La conférence de Doha (…) sous l’égide de l’ONU s’est conclue par un accord a minima engageant seulement 15 % des producteurs de gaz à effet de serre. Autant dire rien.

Alors que le protocole de Kyoto arrive à échéance au 31 décembre 2012, la conférence de Doha aurait pu donner un nouvel élan aux politiques de réduction d’émission de gaz à effet de serre.

Il n’en a rien été.

Au contraire : Les USA ont bloqué toute perspective autre qu’un accord a minima fondé sur des vœux pieux. Pire, ils envisagent sérieusement de se lancer à grande échelle dans l’exploitation du gaz de schiste dont leur sous-sol regorge.

Les pays du Sud attendaient des pays développés qu’ils s’engagent à verser 60 milliards de dollars d’ici 2015, et la promesse de 100 milliards par an d’ici 2020. Les grands pays bailleurs de fonds ont refusé de s’engager sur une telle somme : l’égoïsme des pays riches à l’égard des pays pauvres est le grand gagnant alors même que « justice climatique » et « justice sociale » sont intimement liées.

Le capitalisme vert est une illusion

Quel paradoxe ! Ce qui a été réalisé pour sauver les banques malades de leur propre cupidité serait désormais impossible quand il s’agit de sauver la planète. Alors que l’enjeu est d’engager de manière volontariste la sortie des énergies carbonées, le principal obstacle, c’est bien la rapacité, l’appât du gain immédiat. Oui, le capitalisme vert est une illusion car les temps longs des écosystèmes sont incompatibles avec les temps courts du profit : si les peuples ne s’en mêlent pas il y aura encore des conférences qui ne débouchent sur rien ou presque rien. Jusqu’à quand ?

Données clés

  • la perspective moyenne de réchauffement à terme de l’ordre de 4%…
  • les réfugiés climatiques pourraient être 50 millions dès 2020 !
  • l’objectif de diviser par 4 les émissions de gaz d’ici 2050 par rapport à 1990 pour les pays industrialisés peut être atteint par la mobilisation de 100 milliards par an.
  • l’énergie doit sortir du marché : pôle public de l’énergie.

PCF Paris

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Lu dans la revue « Politis » (Extraits)

Mauvais clap de fin d’une conférence climatique trop virtuelle pour être honnête…

Jusqu’au bout les couloirs de la conférence climatique de Doha, ont bruissé de rumeurs et d’informations plus ou moins vérifiables. Ce n’est évidemment pas une première pour une conférence internationale de cette ampleur. Mais cette année, une grande nouveauté : les textes imprimés avaient totalement disparu ! Les Nations Unies et les responsables Qataris ont formellement interdit toute distribution de communiqués, de textes et de brochures. Les délégations ou les (rares) ONG présentes qui avaient outrepassé cet ukase le premier jour ont été menacées de représailles voire de retrait de leurs accréditations. (…)

Plus de papiers, donc, sur les tables, sur les comptoirs ou dans les présentoirs. Les prises de position, les discours, les communiqués, les explications, les lieux de réunion, les annonces de conférence de presse, les appels, les protestations ont disparu dans le gouffre insondable d’Internet. Explication avancée par les organisateurs : économie de papier. (…)

Donc, pour les délégations, pour les participants, pour la presse, pour les représentants de la société civile, il ne reste plus que la rumeur ou d’erratiques messages Internet. Plus invérifiable que les papiers distribués et facilement censurable. Les responsables de l’ONU se récrient : « mais tout se trouve sur Internet ! Vous nous faites un procès moyenâgeux, il faut vivre avec notre temps ». (…)

Le fonctionnement d’une conférence sur le climat est donc devenu virtuel et les textes se croisent sur la Toile pratiquement sans se rencontrer. D’abord parce que personne ne sait vraiment où les trouver et aussi parce que nul ne sait à qui les envoyer. La COP 18, puisque tel est son nom, est à la fois sourde et quasiment muette. Penser qu’il puisse s’agir d’une bonne solution pour écarter toutes les opinions divergentes, relève évidemment de la mauvaise foi journaliste. (…)

Pour un semblant d’accord, il aura fallu jouer les prolongations au délà des limites fixées. C’est à dire jusqu’au moment où les délégations des pays les plus pauvres auront déjà repris leurs avions car n’ayant pas les moyens de s’offrir de nouveaux billets ou de régler de nouvelles nuits d’hôtels…

Il n’aura pas été question non plus, malgré les demandes pressantes des rares ONG présentes, d’évoquer longuement la très rapide fonte des glaces de l’Arctique qui a pourtant été confirmée il y a quelques jours par l’étude de 47 experts réunis par la NASA et le professeur Andrew Shepered de l’université anglaise de Leeds. (…)

L’Europe, pour sa part, n’a jamais pu ni s’exprimer d’une seule voix ni disposer d’une marge de discussion cette semaine, en raison de l’attitude de la Pologne qui a décidé de bloquer toutes les avancées possibles pour conserver le droit d’utiliser sans restriction ses réserves de charbon sans encourir la moindre sanction.

Il n’aura pas été question d’évoquer publiquement la reconnaissance par le HCR, le Haut Comité des Nations Unies pour les Réfugiés, la question des « réfugiés climatiques » déjà évalués à une cinquantaine de millions. (…)

Claude-Marie Vadrot – Politis (Extrait), Permalien