Retraite : Gros soucis sur les pensions à venir.

Des extraits de l’article « Le Medef s’attaque aux complémentaires » paru dans l’Humanité quotidien du 26 Novembre 2012 signé de Yves Housson.

Qu’il s’agisse de quémander des aides publiques ou d’imposer des sacrifices aux salariés, le Medef ne fait décidément pas dans 1a demi-mesure. Résolu à remettre en question l’ensemble des acquis sociaux, comme il le montre dans la négociation sur la «  sécurisation de l’emploi », il jette maintenant son dévolu sur les retraites. L’occasion lui est offerte par la dégradation des comptes des régimes complémentaires Arrco et Agirc, confrontés à la fois à une hausse du nombre de retraités et à une baisse de leurs ressources entraînée par l’aggravation du chômage.

LES « REMÈDES» DU MEDEF

Estimant, selon toute vraisemblance, bénéficier d’un rapport de forces favorable, le patronat a donc décidé de tenter d’imposer ses « remèdes », sans même attendre la concertation prévue par le gouvernement début 2013 sur l’ensemble du système de retraite.

Jeudi (22/11/2012), lors d’une première séance de négociations, ses représentants ont affiché la couleur en déclarant qu’ « une grande partie de l’effort doit porter sur les prestations »et en écartant, de fait, toute mesure pour augmenter les ressources des régimes.

La principale de leurs propositions, qualifiées par le chef de leur, délégation; Jean-François Pilliard, de, « peu plaisantes »: un gel des pensions pendant trois ans, ou leur sous-indexation, d’un point au-dessous de l’inflation, pendant cinq ans. Dans les deux cas, cela signifierait une perte de pouvoir d’achat d’environ 6 %.

LA CGT CLAQUE LA PORTE

Mais le patronat envisage aussi de frapper plus fort en réclamant un abattement de 10 % sur les pensions complémentaires versées aux salariés n’ayant pas atteint l’âge du taux plein dans le régime général (soit entre soixante-cinq et soixante-sept ans, selon les générations). Également au menu des réjouissances : un durcissement des conditions d’accès à la pension de réversion : l’âge y ouvrant droit serait porté à soixante ans pour tous, au lieu de cinquante-cinq ans actuellement à l’Arrco, et le taux serait diminué de 60 % à 54 % (de la pension du défunt).

Si l’ensemble des syndicats se sont montrés critiques envers ces propositions, seule la CGT a refusé d’ « engager les discussions sur ces bases ». Après avoir demandé, en vain, que la séance soit suspendue, le temps pour elle de consulter ses instances, la délégation cégétiste a claqué la porte. « Aller négocier sur la base d’un discours patronal disant: « il n’y a pas le choix, c’est reculs ou reculs », c’est un peu compliqué! », confie son chef de file, Eric Aubin.

Les autres syndicats, s’ils ont rejeté l’abattement de 10 %, ont accepté le principe d’ « efforts » à faire par les assurés, mettant l’accent, à l’image du représentant de FO, sur une « répartition sur les trois familles, salariés, pensionnés, employeurs ».

Pour la CGT, « il apparut très clairement que seule la mobilisation des salariés et des retraités permettra d’engager les discussions sur de toutes autres bases, plus Conformes à leurs intérêts ».

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Vu par “Capital” sous la plume de Nathalie Cheysson-Kaplan – Permalien vers cet article

Les nouvelles règles des retraites complémentaires

Alignement sur l’âge de la retraite du régime de base

Jusqu’à présent, l’âge requis pour bénéficier d’une retraite à taux plein sans abattement dans les régimes complémentaires Arrco et Agirc était de 65 ans. L’accord reporte cet âge de deux ans (soit 67 ans pour les assurés nés en 1956) pour l’aligner sur le nouvel âge du taux plein applicable dans le régime de base.

Pour les générations nées avant, le relèvement se fera progressivement, selon le même calendrier que celui retenu dans le régime de base. A savoir, 4 mois supplémentaires par génération : 65 ans et 4 mois pour les assurés nés entre le 1er juillet 1951 et le 31 décembre 1951, 65 ans et 8 mois pour ceux nés en 1952, 66 ans pour ceux nés en 1953 …

Reconduction de l’accord AGFF

L’accord AGFF étant reconduit jusqu’au 31 décembre 2018, les assurés qui ont fait liquider leur retraite de base à taux plein avant ces bornes d’âge pourront obtenir leurs retraites complémentaires sans subir d’abattement. Cette mesure s’appliquera aux salariés qui réunissent la durée d’assurance requise pour bénéficier d’une retraite à taux plein avant l’âge du taux plein ainsi qu’à ceux qui peuvent partir en retraite anticipée (carrières longue, travailleurs handicapés, nouveau dispositif en faveur de la pénibilité et dispositif amiante).

Majoration pour enfants

Les majorations pour enfants sont désormais les mêmes dans les deux régimes.

Les parents qui ont encore des enfants à charge lorsqu’ils font liquider leur retraite pourront prétendre à une majoration de leurs pensions de retraite Arrco et Agirc de 5 % par enfant aussi longtemps qu’il restera à leur charge. Jusqu’à présent, cette majoration pour enfant à charge n’existait qu’à l’Arrco.

Les parents qui n’ont plus d’enfants à charge mais qui ont eu ou élevé au moins 3 enfants pourront bénéficier dans les deux régimes d’une majoration de 10 % du montant de leur retraite. Ces modifications ne s’appliqueront que pour les droits acquis à compter du 1er janvier 2012. Pour les droits acquis avant cette date, les parents continueront à bénéficier d’une majoration de 5 % pour 3 enfants à l’Arrco et de 8 % à l’Agirc pour 3 enfants (+ 4 % par enfants supplémentaires). Mais attention, pour les retraites liquidées à compter du 1er janvier 2012, ces majorations seront plafonnées à 1.000 euros par an dans chacun des deux régimes.

Versement des pensions

A compter du 1er janvier 2014 au plus tard, les pensions seront versées chaque mois. Aujourd’hui, elles sont payées tous les trimestres, et d’avance.

Pensions de réversion

Le mode de calcul des pensions de réversion ne sera pas modifié. A l’Arrco comme à l’Agirc, la pension de réversion est égale à 60 % de la retraite du défunt. Le projet d’accord initial prévoyait d’abaisser ce taux à 54 % et de rendre le montant de la pension de réversion proportionnel à la durée du mariage.

Paramètres de fonctionnement des régimes

A partir de 2012 et jusqu’en 2015 inclus, le rendement de ces régimes qui ne cesse de se dégrader depuis une dizaine d’année sera stabilisé. Dans le détail, le salaire de référence (ou prix d’achat du point) et la valeur de service du point évolueront tous les deux en fonction de l’évolution du salaire annuel moyen, diminué de 1,5 point, sans que cette revalorisation puisse être inférieure à l’inflation.

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Le patronat propose de rogner les retraites complémentaires

Vu par « Le Figaro » – Extraits –  signé de Guillaume Guichard  – Permalien

Syndicats et patronat se sont donné cinq mois pour sauver les retraites complémentaires. (…)

À cause du chômage, qui érode les rentrées de cotisations, et du vieillissement de la population, les régimes Agirc (pour les cadres) et Arrco (tous salariés du privé) affichent chacun un lourd déficit: 1,77 milliard d’euros pour le premier en 2011 et 1,69 pour le second. (…)

Dans l’immédiat, les partenaires sociaux doivent trouver des solutions d’urgence. Ces mesures, que certains qualifient déjà de «rustines», devront toutefois s’accompagner de mesures plus structurelles. (…). Différentes solutions élaborées par l’Agirc et l’Arrco ont été soumises aux partenaires sociaux. «Aucune ne se suffit à elle-même ou est facile à adopter», observe Jean-Louis Malys.

Pensions de réversion moins généreuses (1)

Les partenaires sociaux vont devoir jouer sur les trois leviers (…): le niveau des prestations, les cotisations et enfin la durée d’assurance et l’âge de la retraite.

Une dernière piste que la CFTC rejette déjà «catégoriquement» pour préserver la cohérence avec le régime général.

Le Medef suggère de regarder du côté des dépenses.

Le patronat propose, entre autres, de geler, à partir du 1er avril et sur trois ans, les prestations versées aux retraités. Cette proposition permettrait d’économiser 4,2 milliards sur trois ans.

Une alternative consisterait à les revaloriser légèrement, mais moins que l’inflation, pendant cinq ans.

Dans les deux cas, les syndicats grincent des dents.

« Nous ne pouvons pas accepter les mesures patronales qui auront pour conséquence un effondrement du taux de remplacement », a condamné Éric Aubin, le représentant de la CGT. Il a claqué la porte au bout de deux heures de débat.

Pour les veufs et veuves, les pensions de réversion Arrco pourraient aussi être moins généreuses.

(…) Une autre proposition patronale qui a le plus fait bondir les représentants des salariés: amputer de 10% des pensions des futurs retraités qui partiront avant l’âge du taux plein automatique, jusqu’à ce qu’ils aient atteint cet âge. Actuellement fixé à 65 ans, l’âge du taux plein doit progressivement atteindre 67 ans en 2022.  (…)

Notes

(1)   Le terme « pensions moins généreuse » du sous-titre, me fait bondir de colère, il sous-entend que jusqu’à présent les pensions étaient généreuses et malgré une légère ponction seront toujours « certes » un peu « MOINS généreuses » mais encore toutefois généreuses … soit en traduction : « vous rendez-vous compte de l’argent que nous dépensons pour des retraités qui ne sont même plus productif de valeur financières nous permettant que, nous les patrons, encaissions les bénéfices. Franchement sont ingrats c’est « vieux retraités », devraient être content de ce qu’on leur accorde … encore … MC
Une réflexion d’ordre générale sur la situation des organismes sociaux. Seul le plein emploi peut résoudre les problèmes liés aux « pseudo » déficits des organismes sociaux. Mais le patronat est trop content et, de faire baisser les salaires par pléthore de candidats au chômage sollicitant un emploi même réduit et, d’affirmer: puisqu’il y a moins de rentrées financières dans les caisses, diminuons les ponctions salariales pour arranger les comptes, avec une arrière pensée moins de charges patronales plus de bénéfices!. Ben tiens donc. Alors voilà, c’est donc bien le système de société qui est a revoir. MC