Malbouffe et « bouffer » mal.

En France, comme dans l’ensemble des pays développés, l’état de santé général de la population s’est amélioré depuis 1945. La mise en place de systèmes de soins généralisés et accessibles n’explique que partiellement cette évolution. Des logements confortables et une alimentation équilibrée et suffisante, ou encore la baisse de la pénibilité du travail constituent des déterminants essentiels.

  • L’état de santé de la population s’est amélioré.
  • Mais depuis dix ans, maladies chroniques et professionnelles progressent.
  • La prévention doit devenir une priorité.

Toutefois, depuis une dizaine d’années, la situation s’est détériorée. L’espérance de vie en bonne santé recule. Le nombre de cas de maladies chroniques (cancers, maladies cardio-vasculaires, diabète…) explose. En 2010, plus de 15 millions de personnes étaient touchées, soit presque un quart de la population française. Là encore, c’est dans l’évolution des modes de vie et dans la dégradation de notre environnement qu’il faut en chercher les raisons.

Ainsi, notre alimentation, trop riche en sucre, en graisse et en sel, les pesticides, les pollutions de l’air et de l’eau ou encore les conditions de travail entraînent nombre de cas de diabète, de maladies cardio-vasculaires et respiratoires et de maladies professionnelles. Ces pathologies sont l’expression des travers de notre société et on peut, à ce titre, parler de « maladies de civilisation ».

Face à cette situation, notre système de santé est trop centré sur les soins et pas assez sur la prévention, qui ne concerne que 2 % des 160 milliards d’euros de budget de l’assurance maladie. Tout l’enjeu consiste donc à rééquilibrer le couple curatif/préventif au profit du second et de parvenir, progressivement, à changer le cadre au sein duquel s’opèrent la production et la consommation de biens et de services. Soutenir une alimentation de qualité, dénuée de pesticides, ou encore diminuer les pollutions de l’air, par exemple, devraient être considérés comme des priorités sanitaires autant qu’écologiques.

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L’explosion des « maladies de civilisation »

Le diabète et l’hypertension artérielle sévères sont les affections longue durée (ALD) qui, avec les tumeurs cancéreuses, ont enregistré le plus de nouveaux cas chaque année. Avec 9 millions de personnes atteintes d’une affection longue durée (et 15 millions de malades chroniques), cette croissance pèse sur les comptes de l’assurance maladie. Ces malades « absorbent » près des trois quarts de son budget. Le diabète coûte à lui seul l3 milliards d’euros par an à la Sécurité sociale.

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Cette malbouffe qui nous rend malade

 

Les Français ont grossi d’un peu plus de 3 kilos en moyenne depuis 1997. Le surpoids et l’obésité concernent presque la moitié de la population et cette proportion ne cesse d’augmenter. L’offre alimentaire est trop importante et surtout trop grasse, trop salée et trop sucrée. Le constat est mondial : l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que plus de 1,4 milliard de personnes sont en surpoids dans les pays développés et émergents. Les catégories les plus fragiles sont les plus exposées. En France en 2009, les plus pauvres (moins de 900 euros de revenu par mois) avaient près de quatre fois plus de risque d’être en surpoids ou obèses que tes plus riches (plus de 5 300 euros de revenu mensuel). Cette situation présente de graves conséquences sanitaires : le diabète et l’hypertension artérielle, qui sont en grande partie liés aux problèmes de surpoids, font partie des maladies chroniques dont la prévalence a le plus progressé ces dernières années.

 

David Belliard – Alternatives Economiques – HS N° 94

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