Égaux, ni moins ni plus

Avant-propos :

Il est possible d’exister en tant que femme de; comme il n’est pas interdit à l’homme de citer qu’il est accompagné par une célèbre compagne … Ce dernier propos tombant dans l’exceptionnel !!!

C’est pourquoi j’apprécie Audrey Pulvar et ne comprend pas le procès qui lui est intenté « de femme de », que certains se plaisent à lui faire endosser. N’a-t-elle pas le droit d’avoir un avis personnel , une position professionnelle en dehors de son ministre de compagnon, quelle est cette pseudo interdiction, au nom de quelle morale ?

Depuis quelle date obligerait-on au nom de quelle morale, la femme à rester au foyer lorsque son mari à trouver un emploi …

Cette réflexion est tout aussi vraie pour les compagnes de personnages politiques envoyées aux placards le temps des élections ou de leurs attaches à un Ministère.

Pour les « contre Audrey » ci-dessous un article sur le mariage homo qui devrait les faire réfléchir. MC

Un moment d’absolue vérité. Rien de moins. Le jour où chacun, face à son psychisme, ses peurs, fantasmes et legs, doit se montrer vrai. Face à face avec soi-même. Qui est cet autre qui me regarde droit dans les yeux ?

Prendre le temps de descendre en soi, celui de l’honnêteté maximale. Répondre, en remontant à la surface, à une question, la seule qui vaille : aujourd’hui, moi qui me regarde dans ce miroir, considéré-je l’homosexualité comme normale ou déviante ?

Ni faux-fuyants, ni politiquement correct, ni suivisme, ni résignation, mais la vérité de soi.

Oser l’affronter. Être homosexuel, est-ce “en mon âme et conscience” pareil qu’être hétérosexuel ou, au fond de moi, n’est-ce que “quelque chose” dont je m’accommode, que je tolère ?

Oui ou non, hétéros et homos sont-ils égaux en droits et en devoirs ? Ni moins, ni plus.

Avis aux élus de droite et de gauche qui s’élèvent aujourd’hui contre ce qu’ils considèrent comme une menace pour la cohésion nationale. Au bout du compte, vos cache-sexes ne trompent que vous. Ainsi de ce maire estimant à propos du mariage de personnes de même sexe que “moralement, anatomiquement, physiologiquement, c’est contre nature”, comme un aveu de son hideuse curiosité pour la façon dont “ces gens-là” “le” font.

Monsieur le maire vérifie-t-il avant de les marier que de futurs époux hétéros soient anatomiquement compatibles ?

Ainsi encore de cette élue de gauche déclarant “nous ne sommes pas là pour satisfaire les désirs individuels d’enfants” à propos des homosexuels désirant devenir parents. On se félicite à la place de cette dame que des hommes et des femmes se soient battus pendant des siècles pour le droit des femmes à s’approprier leur corps, lequel combat de très longue haleine permit en 1967 puis 1975 l’accès à la contraception et à l’IVG, et le slogan “un enfant si je veux, quand je veux”. On se félicite à sa place que chercheurs et médecins n’aient pas tenu le même raisonnement au moment d’inventer les techniques qui aident des parents en désir individuel d’enfants à concrétiser ce rêve.

On ne reviendra pas sur les excès de certains assimilant homosexualité à pédophilie, homosexualité à zoophilie, ou les nouveaux droits accordés aux homosexuels à une légalisation de l’inceste et de la polygamie : ceux-là se disqualifient d’eux-mêmes.

Quant à ceux qui brandissent “l’institution du mariage”, ce “fondement de notre société républicaine”, le lieu où naît la famille, nous dit-on, tous ces croisés de l’union sacrée d’un homme et d’une femme vivent-ils seulement dans ce pays, la France, où plus d’un mariage sur deux (y compris ceux contractés à l’église) se termine par un divorce ?

Ce pays où les naissances hors mariage dépassent les naissances au sein des couples mariés ?

Ce pays qui compte plus d’1,5 million de mères célibataires et 2 millions de familles monoparentales ? Citoyens de seconde zone ? Mauvais compagnons et mauvais parents du seul fait qu’ils ne sont pas mariés ?

Ne gravons pas nos noms au bas d’un parchemin. “Le réactionnaire, c’est celui qui ne pense pas à l’enfant”, écrit Bernard Poignant, proche de François Hollande, maire de Quimper, exaspéré par “les associations LGBT, ces petits groupes de trois fois rien”. On attend donc de savoir quelles mesures urgentes il a conseillées à son président d’ami concernant les 50 000 cas de maltraitance sur enfants survenant chaque année en France. Des enfants pourtant élevés par des parents tout ce qu’il y a de plus hétéros.

On se permettra de l’inciter, lui et ceux des élus ou ministres de gauche pas tout à fait à l’aise avec l’homoparentalité, à se pencher sur les difficultés mises sur le chemin des homosexuels parents, sur le temps qu’il faut pour que leurs enfants désirés voient le jour – d’une façon ou d’une autre –, la pression de l’entourage, les questions que peut se poser un parent homosexuel sur le développement de son enfant.

Non, un couple homosexuel ne se “commande” pas un enfant sur un claquement de doigts.

Oui, être homosexuel et parent est difficile, complexe, courageux. Et non, des enfants de couples homos ne grandissent pas plus homosexuels que des enfants de couples hétéros ! Comme si on avait la sexualité de ses parents, comme si une relation sexuelle consentie n’était pas une affaire qui ne regarde que les êtres qu’elle met aux prises, la rencontre d’inconscients, de pulsions, d’histoires personnelles, de vécus, au cœur de laquelle ni le législateur, ni le religieux n’ont leur place. Comme si faire l’amour était autre chose que la nudité totale de soi face à l’altérité. Tous égaux devant cela.

Pulvar Audrey, Les Inrockuptibles du 07 novembre 2012 Permalien

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Et aussi …

Monsieur le président de la République, Madame la garde des Sceaux, mesdames et messieurs les député-e-s et sénatrices-teurs

La France est aujourd’hui placée devant un moment de vérité. L’un de ces moments où le pays des Lumières – dont la devise “Liberté, Égalité, Fraternité” résume les combats de tous les avant-gardistes de siècle en siècle – doit prendre ses responsabilités. Liberté atavique du peuple français de penser son temps et renverser l’ordre établi. Libres les jacques du Moyen Âge, libres les héros superbes de 1789, libres et sacrifiés les communards de Paris, libre Louise Michel, libre Victor Schoelcher, libres ces hommes et ces femmes redressant un pays affaissé par l’Occupation. Libre encore, l’homme qui, bien qu’ayant, alors garde des Sceaux, signé quarante-cinq décisions d’exécution de captifs, algériens et français, pendant la guerre d’Algérie ne flancha pas, une fois président en 1981 au moment d’abolir la peine de mort, alors qu’une majorité de ses concitoyens y étaient opposés. Libre le pays de la séparation de l’Église et de l’État, où l’homme de loi s’est affranchi de la tutelle du religieux. Du sang a été versé pour obtenir et garantir cette indépendance !

Égalitaire le pays de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen ou de l’abolition de l’esclavage. Alors oui, dans les faits, cette égalité est quotidiennement mise à l’épreuve depuis trois siècles. Elle n’en demeure pas moins un idéal, un but, un trésor à défendre sans faillir.

Fraternels les engagés du serment du Jeu de paume comme les poilus grelottant dans la glaise, jetés sans discernement devant la gueule des canons ennemis par des généraux incompétents. Fraternels les soldats de Leclerc scellant leur union à Koufra comme ces Justes mettant en danger leur propre vie pour sauver celles de persécutés.

C’est ce pays qui une nouvelle fois aujourd’hui doit se montrer à la hauteur des valeurs cardinales fondant son identité :

Les citoyens de France sont-ils libres et égaux ? L’homosexualité est-elle l’égale de l’hétérosexualité ou juste tolérée ? De vous dépendra la réponse à ces questions. Si homosexuels-lles et hétérosexuels-lles sont égaux-ales, pour quelle raison objective n’auraient-ils-elles pas les mêmes droits et les mêmes devoirs ? Le droit, notamment, de s’aimer au grand jour, le droit de se marier, le droit de concevoir et d’élever des enfants, le droit de se voir reconnue une présomption de parentalité, le droit pour des couples non mariés d’adopter. Qui peut dire aujourd’hui encore que le mariage soit le seul lieu où se construit la famille ? Qui peut sérieusement, chiffres de la maltraitance à l’appui, affirmer qu’un parent hétérosexuel réussit mieux qu’un parent homosexuel ? Qui peut continuer de ne pas s’interroger sur les changements qu’augurent pour les sociétés de demain les progrès des sciences du vivant ? Quel législateur se détournera encore de ces dizaines de milliers d’enfants déjà nés, dont les droits liés à la filiation ne sont pas pleinement garantis en France ?

L’audace dont vous hésitez à faire preuve, onze pays au moins l’ont déjà éprouvée, dont des voisins et proches partenaires. Ces pays sont toujours debout. Ils n’ont pas sombré dans le dévoiement ou l’explosion des valeurs mais ne se sont tout simplement pas laissés paralyser par la peur.

À vous aujourd’hui de ne pas trembler.

Les inRocKuptibles

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