Vous avez dit : l’austérité est nécessaire … voilà un résultat.

Menacée d’expulsion, une Espagnole vend ses organes

Pour éviter d’être jetée à la rue avec sa fille, une chômeuse désespérée est prête à céder une partie de son corps. « J’ai d’abord mis en vente un rein, maintenant je propose aussi la cornée de mes yeux, un de mes poumons, un morceau de mon foie… Je vends n’importe quel organe de mon corps à qui peut le payer, et je fais cela parce que je suis-tout simplement désespérée. »

Une chômeuse espagnole de quarante-quatre ans a expliqué, dans une vidéo mise en ligne dimanche sur le site du quotidien EI Mundo, pourquoi elle a posé ce type d’annonce sur Internet, il y a deux semaines.

Le visage caché par des lunettes noires et de longs cheveux, elle raconte qu’elle dispose de 426 euros d’ aides sociales pour vivre avec sa fille, une étudiante de vingt-deux ans. Sans travail, elle est invalide à 66 % à cause des mauvais traitements infligés par l’homme avec qui elle a vécu pendant dix-huit ans et qui lui demande aujourd’hui de quitter le logement qu’il possède.

« J’ai reçu un préavis d’expulsion pour ma fille et moi. Nous n’avons pas de famille, nous ne savons pas où aller », dit-elle, très émue. « J’ai besoin d’un logement pour y installer mon foyer dans un endroit digne », ajoute-t-elle. Elle ne cesse de repéter qu’elle ne possède rien. Rien, sauf son corps. « Je n’ai pas d’autre moyen pour essayer de sauver ma vie et celle de ma fille. Si, avec le temps qu’il me reste à vivre, je peux ainsi donner à ma fille la force qui lui permette de sortir de cette situation, bien sûr je vends mes organes », affirme-t-elle. Elle précise être en contact avec une doctoresse de Melilla prête à l’aider. Pour l’instant, aucun acheteur ne s’est manifesté. Il faut dire que la vente d’organes est interdite en Espagne et passible de douze années de prison. « En Espagne, il est pratiquement impossible de faire un prélèvement d’organe suivi d’une transplantation sans que les autorités compétentes ne soient au courant », rappelle El Mundo.

Ce cri de désespoir est lancé au moment où les expulsions se multiplient. L’Espagne détient le taux de chômage le plus élevé d’Europe : 25.6 %. Vendredi, Amaya Egana, une ancienne élue socialiste du Pays basque, s’est donnée la mort en se jetant du quatrième étage lorsque des huissiers se sont présentés pour l’expulser de son appartement. Elle n’arrivait plus à rembourser son prêt. Le 25 octobre, un homme, Jose Luis Domingo, avait été retrouvé pendu dans le sud du pays, au moment où il devait être, lui aussi, expulsé de son logement.

Depuis l’éclatement de la bulle immobilière en Espagne, en 2008, plus de 350 000 propriétaires surendettés ont été contraints d’abandonner leur bien. Afin d’éviter d’autres drames, le gouvernement de droite de Mariano Rajoy devrait prendre des mesures pour « l’arrêt temporaire des expulsions qui touchent les familles les plus vulnérables ».

Damien Roustel. L’Humanité 13 Nov. 12

Source El Mundo Permalien

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Ecœuré … ce n’est pas possible dites-vous, peut-être bien ! Mais cela existe dans bien d’autres pays. MC

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Autre avis Tout s’achète, tout se vend !

Ces dernières années, le trafic illégal de reins a littéralement explosé : à tel point que l’Organisation mondiale de la santé estime à 10.000 le nombre d’opérations clandestines réalisées chaque année, rapporte The Guardian. Soit une toute les heures.

Le « tourisme de transplantation » était pourtant en baisse entre 2006 et 2007. Mais une demande internationale croissante de reins – causée par l’augmentation du diabète et d’autres maladies attaquant cet organe vital – conduit les trafiquants à s’attaquer à ce commerce juteux.

Les patients – qui se rendent la plupart du temps en Chine, en Inde ou au Pakistan – sont prêts à payer des fortunes, parfois plus de 200.000 dollars (158.000 euros), pour un rein. Des gangs récoltent ces organes auprès de populations vulnérables, à qui la vente d’un rein ne rapporte rarement plus de 5.000 dollars (3.900 euros).

La marge réalisée par les trafiquants est en général colossale : la semaine passée, un suspect dans le scandale du trafic d’organes au Kosovo mis au jour en 2008 a été arrêté en Israël. Moshe Harel est soupçonné d’avoir attiré au Kosovo d’éventuels donneurs de reins originaires de Turquie ou d’anciennes républiques soviétiques avec la promesse d’un paiement de 15.000 euros pour leur organe. Les reins étaient ensuite vendus entre 80.000 et 100.000 euros…

The Guardian a aussi contacté un vendeur d’organes en Chine qui propose ses services sous le slogan suivant : « Donnez un rein, achetez un nouvel iPad ! » L’opération peut être réalisée dans les 10 jours et rapporte 2.500 £, soit un peu plus de 3.100 euros…

Lu sur The Guardian

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Ou encore dans le cynisme le plus noir, cet article … Morale et vente d’organes

Des chirurgiens, des avocats et des philosophes de 78 pays ont dit « non » (non !) au tourisme de la transplantation. Il est jugé immoral que les riches occidentaux achètent des organes à de pauvres gens de l’hémisphère Sud… Voilà qui est une belle décision morale, reste à savoir si les donneurs potentiels qui ne recevront pas d’argent et si les transplantés en attente qui mourront faute d’organe en seront si heureux.

L’impératif catégorique kantien a pourtant ses limites. Cette décision est, certes, moralement défendable sur le terrain général de la soumission des pays du Sud à ceux du Nord ou que sais-je encore, mais elle l’est, sans doute, beaucoup moins dans chaque particulier. L’éthique et la morale sont des notions personnelles et personne d’autre, en dehors des religions constituées pour leurs fidèles, ne devrait décider à la place des individus.

Lutter contre ce marché international des organes ne peut guère avoir que deux conséquences, en augmentant les coûts : l’interdire aux demandeurs d’organes les moins riches et rendre éventuellement rentable le « vol » d’organes.

Maintenant, cela ne veut pas dire pour autant que cette pratique est « morale », ni qu’il n’y a pas quelque chose de l’ordre du cannibalisme , mais je ne vois pas de solutions. Les portes que la science ouvre ne peuvent guère être refermées par l’indignation morale, voilà tout.

Source : New Scientist.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

La morale sera simple. Si la volonté des dirigeants de chaque pays, fait en sorte que tout le monde mange à sa faim, ait un travail décemment rémunéré, permettant d’abolir la pauvreté, le don d’organe comme réparation financière au chômage n’existera plus. MC

Laisser un commentaire