Pénurie de médecin, pénurie de soins.

Une information du « Généraliste » qui laisserait pantois si l’analyse faite dans l’article, était complète, quid de la baisse constante du pouvoir d’achat , quid du déremboursement constant des médicaments et soins.

Reste que les libéraux médicaux ont oubliés le serment d’Hippocrate devenant chaque année un peu plus le serment d’Hypocrite tant ils voient pour la plupart, d’abord leurs rentrées financières . Hier le médecin faisant des Km dans la nuit pour soigné un nécessiteux incapable de le rétribué et se faisait grassement payé par les nantis. Une pratique de l’équité perdue aujourd’hui.  MC

Ce qu’il faut savoir : Coût de la consultation – 22 euros (1/2009) :

L’assurance maladie prend en charge 30 % de 22€, soit : 6,6€; moins 1 euro (part forfaitaire) = 5,60€.
La mutuelle prend en charge 30% de 22 euros = 6,60€.
Coût pour le patient : 22€ moins (5,60 +6,60) = 9,80€

Le Conseil National de l’Ordre des médecins a présenté jeudi matin l’Atlas de la démographie médicale 2012. L’offre de soins se stabilise, mais le nombre de médecins généralistes ne cesse de baisser, y compris dans les régions où on s’y attendait le moins. Et ça ne fait que commencer…

La situation est grave, même si elle n’est pas complètement désespérée. Telle est la tonalité de l’Atlas de la démographie médicale pour 2012 que le Conseil national de l’Ordre des médecins a présenté jeudi matin. Pour la première fois, cette étude propose une analyse de l’évolution de la démographie médicale entre 2007 et 2012, ainsi qu’une projection à 5 ans, qui en dit long sur l’étendue de la crise démographique, pour la médecine en général… et pour la médecine générale en particulier. Si globalement l’offre de soins fait du surplace (+1 % de médecins actifs inscrits au tableau de l’Ordre sur les cinq dernières années), le nombre de médecins qui partent à la retraite continue sa progression (+7,5 %), et la féminisation du corps médical se confirme (42 % des médecins en exercice, 56 % des nouveaux inscrits).

Chute des effectifs en médecine générale

Et surtout, le Cnom révèle que les médecins généralistes, qui représentent 92 477 au 1er janvier 2012, voient leurs troupes diminuer de 5 % en cinq ans. Et la tendance ne risque pas de s’inverser, bien au contraire ! D’après la projection de l’Ordre, les généralistes ne seraient plus que 88 860 à exercer en activité régulière en 2017, soit une baisse des effectifs de 7,5 %. «La spécialité de médecine générale souffre d’un désintérêt des jeunes générations», observe Michel Legmann, le président de l’Ordre des médecins. La défection frappe l’ensemble des régions à l’exception de la Bretagne et des Pays de la Loire. Paris et le Val-de-Marne sont les deux départements qui comptabilisent la plus forte diminution (-16 %). L’Ile-de-France devrait être la plus « quittée ». Une baisse de 30 % des effectifs étant prévue d’ici à 5 ans. «Certains arrondissements de Paris pourraient d’ici quelques années s’inscrire dans les déserts médicaux,», prévient Michel Legmann, qui relève que «les problèmes d’accès aux soins primaires ne sont plus qu’une question de zones rurales, car c’est l’ensemble des départements qui est touché.»

L’exercice libéral boudé… en début de carrière

Plus préoccupant encore : le Cnom insiste également sur le désamour des jeunes pour l’exercice libéral de la discipline. La moyenne d’âge des généralistes libéraux s’y élève désormais à 53 ans. Et les projections ne sont pas bonnes ! 59,7% des généralistes exercent actuellement en libéral, soit une diminution de 5,5 % sur les cinq dernières années. Dans la quasi-totalité des départements (84), le solde est négatif sur les cinq dernières années. Une baisse plus forte encore est attendue d’ici à 2017. En comparaison, le mode d’exercice salarié se porte mieux. Il enregistre une hausse de 2,6 % de ses effectifs entre 2007 et 2012. Et devrait augmenter de 1,5 % d’ici à cinq ans.

Le Cnom a également identifié les régions où les départs à la retraite devraient être massifs et la présence des jeunes quasi inexistante : 35 départements sont identifiés, des plus ruraux (Orne, Sarthe…) au plus urbains (Paris, les Yvelines, l’Essonne). L’Orne par exemple recense 35 % de médecins généralistes libéraux susceptibles de partir à la retraite d’ici à 2017, alors que les médecins de 40 ans et moins ne représentent que 5,8 % des effectifs sur le territoire ornais.

Quelques raisons d’espérer

Toutefois, si la situation paraît catastrophique, on retirera au moins une assez bonne nouvelle du tableau. Alors qu’on s’alarme depuis quelques années du très faible pourcentage de jeunes médecins choisissant l’exercice libéral, l’Ordre confirme que moins d’un étudiant sur dix le choisit une fois thésé. Mais il révèle que 34,5 % se retrouvent tout de même en libéral cinq ans plus tard. D’ailleurs, concernant le devenir des remplaçants, près d’un sur deux s’installe en libéral, dans un délai maximum de 4 ans, privilégiant bien sûr le cabinet de groupe. Une révélation de cet Atlas 2012, que le président de la section démographie de l’Ordre, Patrick Romestaing qualifie d’«heureuse surprise.»

Autre raison d’espérer : le réservoir des retraités. Toutes spécialités confondues, ils sont 52 000 inscrits au tableau de l’Ordre. 10 410 poursuivent leur activité en cumul emploi-retraite. «Ils pourraient être trois fois plus nombreux», estime Michel Legmann, qui plaide pour une vigoureuse baisse des charges sociales de cette catégorie. Reste les médecins étrangers auquel l’Atlas de la démographie médicale consacre tout un supplément cette année. Ils sont plus de 20 000 : pas un seul n’exercerait, parait-il, dans les déserts médicaux…

Caroline Laires-Tavares et Paul Bretagne – Le généraliste

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Présenté le 16 oct. 2012, le rapport de « Médecins du monde »

Le constat est « alarmant ». Dans son rapport rendu public hier, « Médecins du monde » (MdM) alerte, plus encore que les années précédentes, sur la dégradation de l’accès aux soins et de l’état de santé des plus démunis.

Ce rapport est dressé à partir des quelque 29.466 patients reçus par MdM en 2011. Un record. En trois ans, l’activité dans les centres de soins a augmenté de 22 %. « Maintenant, nous avons des files d’attente devant les centres, ce que nous n’avions jamais vu avant, constate Thierry Brigaud, président de l’association. Nous avons dû embaucher pour gérer l’accueil. »

Ces patients sont des migrants dans leur majorité (92 %), souvent en situation irrégulière et pauvres (99 % vivent sous le seuil de pauvreté), 72 % sont à la rue ou en logement précaire. C’est donc un baromètre de la très grande pauvreté que livre annuellement l’ONG. Or ces migrants pauvres ont d’énormes difficultés à avoir accès aux soins. La preuve : 38 % accusent un retard de soins. Pourtant souligne Jean-François Corty directeur des missions France de MdM, « nous ne sommes pas face à de la bobologie, mais à de réelles maladies ».

12 % des patients sont atteints de maladies potentiellement graves (hypertension, asthme, épilepsie, psychoses, etc.) pour lesquelles les retards de soins peuvent avoir des conséquences dramatiques. C’est aussi le cas des femmes enceintes, dont 45 % accusent un retard de suivi de grossesse, une « grosse préoccupation », précise Thierry Brigaud puisque ces «grossesses précaires sont à risques ».

Autre chiffre alarmant, 12 % des patients de MdM sont mineurs (+ 48 % depuis 2008), isolés ou en famille. Face à ce constat inquiétant, l’ONG en appelle à « la solidarité » et à « des mesures exceptionnelles ». Elle fait une série de propositions pour améliorer les dispositifs d’aide aux plus démunis, qu’elle défendra lors de la conférence contre la pauvreté et les exclusions, les 10 et 11 décembre prochains.

En premier lieu, MdM demande la fusion de l’aide médicale d’État et de la couverture maladie universelle (CMU) ainsi que l’élargissement du seuil d’attribution de la CMU complémentaire (assurance complémentaire pour les plus pauvres) au niveau du seuil de pauvreté.

L’ONG réclame aussi l’amélioration des permanences d’accès aux soins de santé (Pass) des- hôpitaux, censées garantir l’accès à l’hôpital pour ceux qui n’ont pas de couverture maladie.

Enfin, autres revendications : l’ouverture de salles de consommation pour les usagers de drogues, afin de réduire l’épidémie d’hépatite C, la suppression du délit de racolage passif pour les prostituées et la levée totale des mesures transitoires pour les Roms.

Marie Barbier – Humanité quotidien du 17 oct 2012

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L’UFC pointe la «fracture sanitaire»

Prenant en compte- une première-à la fois les déserts médicaux et les dépassements d’honoraires, l’association de consommateurs a établi sa carte de la « fracture sanitaire ».

Hier (16 oct. 2012) , à -la veille de la clôture des négociations entre l’assurance maladie, les médecins et les complémentaires Sur les dépassements d’honoraires, l’UFC-Que choisir a rendu publique une carte (consultable sur le site de l’ association) de l’offre médicale en France.

Interactive, elle permet pour chacune des 36.000 communes du pays, de consulter l’offre médicale pour quatre catégories de praticiens (généralistes, ophtalmologistes; gynécologues et, pédiatres). À travers l’étude de la localisation de praticiens et des tarifs pratiqués pour ces quatre spécialités, l’association de consommateurs constate une véritable « fracture sanitaire »sur le territoires.

Jamais jusqu’ici l’offre sanitaire n’avait été étudiée sous le double aspect des déserts médicaux et des dépassements d’honoraires. « Nous avons regardé les deux dimensions de l’accès aux soins, la dimensions géographique et la dimension financière. Et c’est vrai que lorsqu’on couple les deux les résultats sont assez dramatiques », concède Alain Bazot, président de l’UFC-Que choisir.

L’enquête montre que les zones rurales les plus isolées ne sont pas les seules où il devient difficile de se faire soigner. Ainsi, dans des grandes villes comme Orléans, Le Havre ou Mulhouse, on ne trouve plus de pédiatres en secteur 1 (sans dépassements). l’association estime que 58 % des Français accèdent difficilement aux pédiatres conventionnés. Pour les ophtalmologistes et les gynécologues, la situation est encore pire. Non seulement ces praticiens se font rares; mais moins de la moitié (46 %) pratiquent des tarifs opposables. Du coup, 80 % des Français ont potentiellement des difficultés à y avoir accès.

Du côté des médecins généralistes, pas de surprise: 3,7 millions de personnes vivent encore dans un désert médical tandis que 13,6 millions sont confrontés à des praticiens officiant en dépassements d’honoraires.

Pour les familles les plus modestes, c’est la triple peine : au-delà des déserts géographiques, les médecins ne pratiquant pas de dépassements se font de plus en plus rares. L’UFC-Que choisir estime que 54 % de la population vit dans un désert médical géographique, un pourcentage qui monte à 45 % pour les ophtalmologistes et 28 % pour les pédiatres.

Aux grands maux, les grands remèdes. Face à l’échec des politiques incitatives sur l’accès aux soins, l’association prône, à terme, la disparition des dépassements. Et suggère de les plafonner temporairement à 40 % du tarif de la Sécurité sociale, dans l’attente d’une refonte complète de la tarification des actes.

Alexandra Chaignon

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