L’art et manière de « traiter » une INFO

 

A la base, c’est la même info.  Elle est traitée par 4 journaux « d’obédiences » différentes. Il est intéressant de comparer l’information ainsi soumise à l’attention du lecteur. MC

1. La SNCF veut délocaliser ses informaticiens

PAR Politis

Déjà en 2009, la direction de la SNCF avait voulu confier à IBM la sous-traitance de sa gestion informatique (avec délocalisation à la clé en Asie ou en Europe de l’Est). La mobilisation de l’intersyndicale, en particulier de SUD-Rail, avait contraint la direction à abandonner ce projet – moyennant 70 millions d’euros payés à IBM pour rupture de contrat !

Malgré ce fiasco, la SNCF revient à la charge, toujours avec IBM. Furieux, les syndicats de cheminots dénoncent cette nouvelle tentative de l’entreprise publique. Et appellent le gouvernement Ayrault à « donner enfin des garanties sérieuses sur l’arrêt immédiat des délocalisations d’emplois d’informaticiens à la SNCF ».

Politis n° 1220 http://www.politis.fr/La-SNCF-veut-delocaliser-ses,19529.html

2. Le service informatique de la SNCF délocalisé en Europe de l’Est

PAR L’Humanité

C’est le cercle vicieux de la rentabilité à tout prix. La SNCF a d’abord externalisé son service informatique, sous-traité à IBM, qui aujourd’hui délocalise. 500 emplois sont menacés d’ici 2013.

Le groupe américain IBM, qui vient de remporter le contrat de surveillance du fonctionnement des logiciels de la SNCF, a entrepris de délocaliser vers l’Europe de l’Est cette activité jusqu’ici réalisée en France, selon une information du quotidien Le Parisien.

Une tâche déjà sous-traitée, jusqu’à présent à la société française de services informatiques Steria, dont les salariés étaient détachés dans les locaux de la SNCF et travaillaient aux côtés des cheminots informaticiens. IBM proposait moins cher, et délocalise les emplois. Le pilotage de l’informatique du service des ressources humaines sera pour sa part transféré à une filiale espagnole du groupe français Sopra.

« La SNCF passe un contrat avec IBM pour délocaliser »

« 260 emplois de sous-traitants vont être supprimés et 45 postes de cheminots non remplacés. D’ici à 2013, ce sont 500 emplois en tout qui vont disparaître », déplore Hervé Giudici, secrétaire général de l’Union fédérale des cadres et agents de maîtrise de la CGT Cheminots, cité dans le journal de jeudi. Dans un communiqué, la SNCF indique que, outre 90 emplois au Maroc dans l’informatique du fret, « l’équivalent de 150 emplois sont localisés dans l’Union européenne (dont un tiers depuis plusieurs années). Pour ces emplois, SNCF a engagé des discussions avec ses fournisseurs, dans le cadre de sa gestion contractuelle, sur les conditions de leur localisation ».

« De manière assumée et délibérée, la SNCF passe un contrat avec IBM pour délocaliser », dénonce Sébastien Gillet, représentant Sud. « Faire piloter des installations qui se trouvent physiquement en France par des Polonais et des Tchèques, avec tous les problèmes de communication que cela induit, est une aberration », selon lui.

L’ Unsa, qui milite pour « une SNCF intégrée », dénonce « ce dumping social » et la filialisation des services. « Plus on filialise, moins on a la main sur les choses », déplore Roger Dillenseger, secrétaire général adjoint de l’Unsa cheminots.

Permalien vers l’article : http://www.humanite.fr/social-eco/le-service-informatique-de-la-sncf-delocalise-en-europe-de-l-est-504452

3. La SNCF délocalise son informatique par procuration

PAR l’ Usine Nouvelle.

En confiant une partie de son informatique à IBM, l’entreprise publique va voir 260 emplois délocalisés en Europe de l’Est. Un chiffre qui s’ajoutera aux 240 emplois déjà délocalisés au Maroc, en Pologne et en République Tchèque.

La SNCF serait-elle en train de délocaliser une partie de ses services informatiques par procuration ? Le choix d’IBM comme prestataire pour la surveillance du fonctionnement de ses logiciels donne l’occasion aux syndicats Sud-Rail, CGT Cheminots et UNSA de dénoncer cette pratique.

Le géant américain de l’informatique prévoit en effet d’assurer cette mission à partir de ses implantations en Europe de l’Est, ce qui revient à délocaliser les 260 emplois maintenus jusqu’ici par Steria, le prestataire actuel, au sein des services informatiques de la SNCF.

« Par ricochet, ceci va entraîner la suppression des 50 postes de collaborateurs de la SNCF qui travaillaient jusqu’ici avec ceux de Steria. D’ici 2013, il faudra s’attendre à la perte de 500 emplois au total », craint Hervé Guidici, secrétaire général de l’Union fédérale des cadres et agents de maîtrise de la CGT Cheminots.

Dans un communiqué, la SNCF reconnait le projet de délocalisation de 250 emplois par IBM en dehors de la France, après la délocalisation durant les 10 dernières années de 240 emplois : 90 au Maroc et 150 en Europe de l’Est.

Un autre transfert en vue

Mais l’entreprise insiste sur le fait qu’aucun emploi de ses centres d’appels téléphoniques n’a été délocalisé, et précise avoir engagé des discussions avec ses prestataires informatiques sur les conditions de délocalisation de ces emplois. Les syndicats sont d’autant plus remontés que la SNCF prévoit aussi de transférer l’informatique de gestion des ressources humaines à une filiale de Sopra à Madrid, en Espagne.

La CGT Cheminot voit dans la politique d’externalisation de l’informatique une stratégie déguisée de délocalisation axée seulement sur la réduction des coûts, au détriment des exigences du service public en matière de sauvegarde de l’emploi, de sécurité et de qualité de service.

« Depuis le transfert de l’informatique de pilotage du central de Lille en République Tchèque et de celui de Lyon en Pologne, nous faisons face à des défaillances accrus. Nous avons du mal à traiter les alertes de dysfonctionnement parce que ceux qui travaillent là-bas ne maîtrisent pas toujours le français. On se demande si au final ceci ne va pas coûter plus cher à la SNCF », s’interroge Hervé Guidici.

Auteur Ridha Loukil – Publié le 21 septembre 2012

Permalien vers cet article http://www.usinenouvelle.com/article/la-sncf-delocalise-son-informatique-par-procuration.N182519.

4. IBM délocalise des activités sous-traitées par la SNCF

PAR Le FIGARO

IBM, qui surveille le fonctionnement des logiciels de la SNCF, a choisi l’Europe de l’Est pour le pilotage des applications informatiques de l’entreprise publique. Les syndicats s’inquiètent, la SNCF calme le jeu.

À l’heure où le gouvernement tente de lutter contre la hausse du chômage, une nouvelle affaire de délocalisations risque à nouveau d’échauder François Hollande. Deux mois après le syndicat des transports d’Ile-de-France qui délocalise ses centres d’appels au Maroc, la SNCF, entreprise détenue à 100% par l’État, est également pointée du doigt. A la différence près, cette fois-ci, que ce sont des emplois qu’elle a sous-traités qui sont en cause.

Le groupe américain IBM, qui vient de remporter le contrat de sous-traitance sur la surveillance du fonctionnement des logiciels de la SNCF, a entrepris de délocaliser vers l’Europe de l’Est – en Pologne et en République tchèque – cette activité jusqu’ici réalisée par la société Steria, sous contrat depuis 1999. Le pilotage informatique des ressources humaines est lui en partance pour l’Espagne dans une filiale de la société Sopra. Quant à la surveillance informatique du fret, elle est basée au Maroc depuis déjà une dizaine d’années.

La SNCF va engager une «réflexion» avec ses sous-traitants

L’information révélée ce jeudi par Le Parisien-Aujourd’hui en France a été confirmée par la direction de la SNCF qui nuance toutefois l’impact social de ces délocalisations. «Elles ne représentent que 150 postes en Europe sur les 260.000 que compte la SNCF. C’est tout à fait marginal», a réagi le patron de l’entreprise publique, Guillaume Pépy. Et d’ajouter: «La France est un énorme pays exportateur. On vend des TGV dans toute l’Europe, il est normal que le partenariat soit réciproque et un peu équilibré». Dans un communiqué, le groupe rappelle que «la SNCF ne délocalise aucun emploi».

Guillaume Pépy envisage toutefois d’engager une réflexion avec ses sous-traitants et regarder les conditions de localisation des emplois dans les contrats. «L’idée est de voir avec eux dans quelles conditions ils peuvent augmenter leur activité en France», a expliqué le porte-parole de la SNCF.

Quoi qu’il en soit, cette décision passe mal du côté des syndicats. Ils sont d’autant plus inquiets que cette victoire d’IBM est comme un air de déjà-vu. En juillet 2011, le groupe américain s’était associé avec la SNCF dans une coentreprise déjà pour gérer l’informatique de l’entreprise publique. Ce contrat de 1,7 milliard d’euros avait été rompu avec fracas six mois plus tard. «IBM est parti par la grande porte et est en train de revenir par la fenêtre», déclare Pascal Modeste, syndicat de SUD-rail. À la fin du mois, la CGT-Cheminots va envoyer une lettre à tous les parlementaires afin de les alerter sur ces discrètes délocalisations.

De son côté, le ministre délégué chargé des transports, de la mer et de la pêche, Frédéric Cuvillier a réagi à cette annonce sur son compte Twitter. Tout en rappelant que la SNCF emploie 400.000 personnes en France, il s’emploie toutefois à mettre en garde la société. «Attention à ce que la course à la compétitivité ne se fasse pas au détriment des emplois français», prévient-il.

Par lefigaro.fr Mis à jour le 20/09/2012

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En bref : voilà bien une délocalisation dont les salariés se seraient bien passé et qui n’aurait jamais été mise sur le marché privé si la SNCF était restée nationalisée, voilà bien une annonce dans la droite ligne des exigences de Bruxelles,  du libéralisme, du moins disant économique ; la prochaine offre de service émanant d’un pays encore plus démuni (et donc encore moins couteux permettant aux actionnaires de gagner encore plus aux détriments -peut-être- de la sécurité et d’un bon fonctionnement), sera … et qu’importe si cela propulsera des salariés au chômage.  MC

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