Favoriser l’embauche des jeunes en entreprise

Une « Revue de presse » large si vous voulez être bien informer et tout connaître sur cette proposition du gouvernement destinée à essayer de résoudre une partie du chômage. Utilisez le  » commentaire  » pour donner votre avis. MC

  • Si Guillaume Cairou dans l’Express, le 06/09/2012 écrit qu’il reconnaît des mérites à cette mesure phare de François Hollande, mais regrette que le gouvernement ne s’attaque pas au « vrai problème » qu’est le coût du travail.
  • Le journal « Les Echos » dans un article (signé de ROBERT DIEZ, LAURENCE SARTON) apporte un bout de réponse intéressante au contrat jeune :  « Dans le contrat de génération proposé lors de la campagne présidentielle par François Hollande -un jeune de moins de 30 ans embauché, un senior de plus de 55 ans maintenu dans son emploi -il est notamment question de mettre à profit l’expérience du second pour former le premier. Est-ce si facile ? Peut-on transférer aisément des compétences ? »
  • Notons que le Syndicat CGT écrit :  » Contrats de génération-ça ne suffit pas !  » Et explique dans son article qui commence par : Les objectifs politiques énoncés dans le document d’orientation du gouvernement – mener une action ambitieuse en faveur de l’insertion durable des jeunes, maintenir dans l’emploi des salariés seniors jusqu’à leur départ en retraite et organiser la transmission des compétences- sont louables et partagés. La situation actuelle faite aux jeunes et aux seniors est en effet intolérable. Les uns ne parviennent à mettre les pieds dans l’entreprise que d’une façon précaire ; les autres sont éjectés de leur emploi. Le franchissement du cap des trois millions de chômeurs ne va qu’accentuer la tendance.
  • Autre position : le Mouvement de jeunes communistes écrivait à propos du « contrat génération »  sur son site le 21 aout 2012 ce jeu de mot « Emploi des jeunes: ça sent le sapin… » en affirmant que Michel Sapin invente le CDI à durée déterminée, une nouvelle forme d’emploi jetable! »
  • L’Humanité écrit dans ses colonnes Les contrats de génération : « belle idée », un peu courte exposant en synthèse de son article : Les modalités du projet de contrats de génération, couplant embauche de jeunes et maintien de seniors en emploi, ont été dévoilées hier [05 sept 2012]. Si la mesure peut être efficace à court terme, elle manque d’ambition, au regard de l’ampleur du chômage.
  • Le PCF quant à lui sur son site écrit : CDI à durée déterminée : Michel Sapin doit rectifier ses propos ou signer un vrai CDI comme conseiller auprès du MEDEF

En évoquant au micro d’Europe 1, les 150.000 contrats d’avenir prévus pour la rentrée, Michel Sapin a expliqué que ces contrats proposeront aux jeunes «un vrai boulot en contrat à durée indéterminée pendant une durée suffisante, entre un an et trois ans». Manifestement, le ministre du travail n’a pas du prendre assez de repos pendant ses vacances pour se fourvoyer de la sorte. Un CDI en France est un acquis social important qui protège les salariés du secteur privé contre la précarité en leur donnant une garantie d’emploi. Michel Sapin doit rectifier au plus vite ses propos ou signer un vrai CDI comme conseiller auprès du MEDEF qui doit se pincer pour y croire. L’emploi des jeunes est une affaire sérieuse qui ne mérite pas d’y introduire toujours plus de précarité.

ENFIN « Annuaire sécu lettre N° 518 » à écrit et servira de conclusion à la présentation de ce « contrat génération » sans augurer aujourd’hui, de son succès, son avenir, de son intérêt chez les bénéficiaires ou des conséquences éventuelles auprès de ceux-ci, du marché du travail et de l’économie national. MC

La mise en œuvre du contrat de génération, cette mesure phare sur l’emploi du programme présidentiel destinée à favoriser l’embauche des jeunes (16-25 ans) en entreprise tout en maintenant les seniors (plus de 57 ans) dans l’emploi, se précise. Ce type de contrat concernera « toutes les entreprises », explique le ministre du Travail, Michel Sapin, dans une interview publiée par Le Parisien (5-09). « Le gouvernement souhaite que la négociation sur les conditions de mise en œuvre soit suffisamment rapide pour qu’un projet de loi soit prêt à la fin de l’année », indique le ministre en assurant que « le contrat de génération entrera en vigueur au tout début de l’année 2013, comme prévu ». « Concernant les entreprises de plus de 300 salariés, négocier sera une obligation », prévient le ministre qui demande qu’un accord soit conclu « avant septembre 2013 ». « Celles qui ne l’appliqueront pas seront pénalisées par une diminution des allègements de charges qui leurs sont accordées », menace-t-il. Cet accord se substituera aux plans seniors, obligatoires depuis 2009 qui a connu des résultats mitigés. En effet, les experts s’accordent à dire que les employeurs ont privilégié le maintien dans l’emploi de leurs salariés au détriment du recrutement de nouveaux seniors.

« Dans les entreprises de moins de 300 salariés, le dispositif entrera immédiatement en application dès publication de la loi », explique le ministre. « Une aide supplémentaire leur sera attribuée en fonction du nombre de contrats conclus » dit-il en ajoutant que cette aide forfaitaire annuelle sera de l’ordre de 2000 euros pour un jeune de moins de 26 ans recruté et l’équivalent, pour le senior de plus de 57 ans maintenu dans l’emploi. Ces deux aides pouvant s’ajouter aux allégements déjà existants pour les bas salaires, en deçà d’1,6 Smic. Le gouvernement vise 500.000 contrats de génération sur l’ensemble du quinquennat. Avec ce double dispositif, le gouvernement espère limiter les effets d’aubaine. « La carotte pour les moins de 300 salariés, le bâton pour les autres », souligne un responsable syndicaliste interrogé par Les Echos.

Par ailleurs, le gouvernement a remis aux partenaires sociaux le 4 septembre une document d’orientation afin de baliser la future négociation syndicats/patronat portant sur les modalités de mise en œuvre des contrats, dans le cadre d’un accord national interprofessionnel (ANI). Le texte indique que le gouvernement ne remettra finalement pas en cause le plafond des allégements de charges sociales sur les bas salaires, qui devait passer de 1,6 à 1,5 smic, pour financer les contrats de génération. « Dans le contexte général, un tel signal envoyé sur le coût du travail ne serait pas pertinent », indique-t-on au ministère du Travail. Du coup, les nouveaux contrats se retrouvent sans financement. Et l’addition va être salée : 2,5 milliards d’euros en année pleine.

« La priorité donnée à l’emploi devrait conduire l’exécutif à renoncer à un autre coup de rabot sur les allégements de charges prévu dans le programme PS, à savoir la prise en compte de l’épargne salariale dans la base des salaires éligibles aux allégements », croit savoir Les Echos (6-09). Le ministère du Travail s’y emploie en tout cas avec un enjeu de taille : plus de 1 milliard d’euros d’allégements.

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