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Affronter le FN c’est d’abord combattre clairement ses thèses et le dire.

Projet contre projet.

«Il s’agit de tisser à nouveau des liens de solidarité entre toutes ces catégories qui sont mises en concurrence et divisées. Et bien évidemment, donner un élan beaucoup plus fort à un projet alternatif qui puisse prendre le contrepied du projet du FN, mais aussi de celui de la droite française , […] capitaliste qui tente de créer les conditions nécessaires pour faire en sorte que le capitalisme, à bout de souffle, ne s’éteigne pas. L’immigration est accusée d’être à l’origine de la crise. […] Il ne s’agit pas de combattre l’émigration mais de lui apporter une réponse.[…]

Un projet ne peut se dire social s’il est fondé sur la division des dominés, sur l’exclusion d’une partie d’entre eux et sur la mise en accusation du plus pauvre et de la différence. S’il n’y avait pas d’immigrés, croyez-vous que la concurrence entre les salariés et les ouvriers disparaîtrait ? Il semble que nous connaissons des pays qui n’étaient pas des pays d’immigration et dans lesquels le capitalisme était autant exploiteur.

C’était le cas des pays latins comme l’Espagne ou l’Italie qui n’étaient pas des pays d’immigration mais des pays d’émigration. Beaucoup sont partis mais très peu sont venus. L’immigration dans ces pays date seulement de vingt ou trente ans. Étaient-ils plus protégés des crises et autres ? Cette division des dominés, donc, désarme les forces populaires et les  laisse en très grande fragilité face aux dominants, aux oligarchies.

Reconstruire des solidarités actives

Pour conclure, je dirais simplement que l’entreprise « lepéniste » a réussi sur deux terrains : elle a ancré à droite une force politique qui a une influence réelle sur la durée mais a peut-être surtout essaimé idéologiquement ses analyses, ses valeurs, sa vision de la nation française. Ce que nous appelons la « lepénisation » des esprits. Elle a créé les conditions d’une hégémonie idéologique et culturelle et donc les conditions politiques d’une recomposition de la droite française sur ces bases-là. Cela fut possible grâce à la construction d’un projet politique ; et pour combattre le FN, il ne suffit pas de réduire la crise sociale et de faire reculer le chômage.

Depuis très longtemps, je suis convaincu que ce n’est pas cela qui fera reculer le FN. C’est en combattant ses thèses comme celles de toute la droite aujourd’hui, c’est en reconstruisant des solidarités actives entre les dominés, c’est en élaborant et en partageant un projet alternatif, en proposant une nouvelle théorisation politique que nous ferons reculer, dans un même temps, la crise et l’influence du FN. Le FN présente une théorisation politique qui redonne sens et ambition aux aspirations populaires. À gauche, chacun sait que l’abstention autant que le vote FN sont un problème majeur pour nous.

Ces deux phénomènes indiquent l’urgence d’une nouvelle théorisation politique à la mesure de cette crise de civilisation que met en avant la crise du capitalisme. Crise d’alternative que la gauche française et les communistes connaissent particulièrement depuis la chute du mur de Berlin. Il faut, selon moi, inventer et c’est ce qu’il y a sans doute de plus difficile. »

Alain Hayot est membre du conseil national du PCF.

Extrait de Combattre le Front national de Marine Le Pen, audition du 16 mai 2011, Cahiers du LEM, n° 2, 2011.

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Article vu sur le site Investig’Action (CLIC)

Combattre le FN, sans oublier de combattre ses idées…

Les succès électoraux du Front national sont plutôt la conséquence d’un racisme plus diffus, plus répandu et bien plus ancien : le racisme vichyste et surtout colonial, dans lequel communiaient jadis des millions de Français. Ce racisme structurel et massif n’a pas disparu, comme le voudrait la pensée magique, avec la fin de la Seconde Guerre mondiale ou de l’Empire colonial.

Décomplexé et fier de l’être, Sarkozy n’a jamais hésité à jouer la partition écrite par le Front national. On se souviendra longtemps de son discours de Dakar, en 2007, quand il renvoya les Africains à un état de nature préhistorique (« l’homme africain n’est pas assez rentré dans l’Histoire »…). Ou des déclarations de son ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, qui hiérarchisa « les civilisations » comme on hiérarchisait jadis les « races humaines ». On se souviendra aussi du discours de Nice, en 2007, quand il fit l’apologie du temps béni des colonies. Ou celui de Grenoble, en 2010, où il se proposa de déchoir de leur nationalité les Français naturalisés mais insuffisamment « méritants ». Comme au temps de Vichy…

Sarkozy l’a amplement prouvé : le FN n’a pas le monopole du racisme. Ce n’est certes pas une bonne nouvelle, mais cette évidence doit nous obliger à réfléchir en profondeur à ce qu’est le racisme, et aux manières de le combattre.

Pendant des années, la France a vécu sur un double mythe. Le premier de ces mythes est celui d’une société française se divisant clairement en « racistes » et « antiracistes ». Ce curieux discours binaire s’imposa dans les années 1980, après deux décennies marquées par un puissant refoulement de l’histoire coloniale et alors que les « immigrés » devinrent les parfaits bouc-émissaires de la crise économique. On vit par exemple Harlem Désir, porte-parole de SOS-Racisme, distribuer son badge « Touche pas à mon pote » sur tous les plateaux de télévision. « Il y a quelques années, les racistes n’osaient pas s’exprimer et les antiracistes étaient les seuls à oser s’exprimer, expliquait-il en 1985. Aujourd’hui c’est un petit peu l’inverse ! » Alors que Jean-Marie Le Pen enregistrait ses premiers succès électoraux, il fallait urgemment que les « antiracistes » s’affichent, insistait M. Désir, et qu’ils arborent de petites mains colorées au revers de leurs vestons [1].

Le second mythe, corollaire du premier, apportait lui aussi un certain confort aux « anti-racistes ». Il consistait à dire que seule l’extrê­me droite était « raciste ». Ce mythe mit plus de temps que le précédent à faire consensus. Dans les années 1980, les responsables locaux du RPR ne rechignaient pas à faire des alliances électorales avec le FN. Et personne n’avait encore oublié les déclarations stigmatisant « l’invasion migratoire » d’un Jacques Chirac ou d’un Georges Marchais. Ni le lapsus de Raymond Barre qualifiant de « Français innocents » les victimes collatérales d’un attentat antisémite. Mais avec le temps, le vocabulaire des responsables politiques eut tendance à s’adoucir, ou plus exactement à se distinguer de celui du FN. Rares furent ceux qui, comme Jean-Marie Le Pen et ses amis, continuèrent à exploiter ouvertement les thèmes de l’« invasion arabe », de « nos réussites » en Algérie coloniale et des « points de détails » de la Seconde Guerre mondiale.

Malheureusement, il ne suffit pas de s’auto-proclamer « anti-raciste », et d’exhiber un « pote » noir ou arabe, pour être immunisé contre le racisme. C’est même souvent l’inverse qui se produit, la dénégation prouvant en creux que le problème persiste.

Un racisme structurel

De fait, c’est paradoxalement le mythe d’une « France anti-raciste » qui a permis la persistance du racisme, sous une forme certes plus sournoise mais omniprésente. Dès lors que le Front national fut décrit comme le dépositaire exclusif du « racisme », les petites phrases des autres responsables politiques – sur la « misère du monde » (Rocard), « le seuil de tolérance » (Mitterrand), « le bruit et les odeurs » (Chirac), les génocides africains « pas trop importants » (Mitterrand), les « sauvageons » de banlieues (Chevénement), etc. – ne furent plus analysées comme la marque d’un racisme structurel de la classe politique française mais comme de simples « dérapages » et de regrettables « excès ». La presse, complaisante, leur trouva souvent des excuses (déclarations prétendument « off », « tronquées », « sorties de leur contexte », etc.), et fit de ces déclarations une preuve supplémentaire de la nocivité d’un FN capable de « contaminer » à lui seul toute la vie politique [2].

Si la théorie de la « contamination » a la vie dure, ce n’est pas tant pour sa pertinence que parce qu’elle arrange tout le monde : l’extrême droite, trop contente de se croire si puissante, les médias qui, dès lors, n’y « sont pour rien », et les forces politiques « républicaines » qui peuvent sans complexe se présenter comme les « victimes » de l’offensive lepéniste et de l’ambiance délétère qu’entretiennent les médias. Surtout, cette théorie de la contamination permet aux responsables politiques « traditionnels », de gauche comme de droite, de mener des politiques socialement rétrogrades et inégalitaires, discriminatoires à l’égard des étrangers, stigmatisantes à l’égard des musulmans et néo-coloniales à l’égard de l’Afrique… sous le joli prétexte de la lutte contre l’extrême droite ! Tel est le processus que l’on observe depuis de trop longues années : nos élus appliquent par petits bouts le programme du FN pour éviter que celui-ci ne remporte les élections…

Voulant croire que le FN était la cause du racisme ambiant, on a fini par oublier que ses succès électoraux étaient plutôt la conséquence d’un racisme plus diffus, plus répandu et bien plus ancien : le racisme vichyste et surtout colonial, dans lequel communiaient jadis des millions de Français. Ce racisme structurel et massif n’a pas disparu, comme le voudrait la pensée magique, avec la fin de la Seconde Guerre mondiale ou de l’Empire colonial. S’il s’est renouvelé dans la forme, s’exprimant aujourd’hui par euphémisme et par métonymie (« islam », « banlieue », « communautarisme »), ou se camouflant sous de nobles idéaux (« la République », le « développement », « l’humanitaire »), c’est bien ce racisme-là, sédimenté dans notre culture, dans nos esprits, dans notre « identité nationale », qui continue de nous empoisonner.

Aussi ne faut-il pas se contenter de combattre le FN : il faut aussi combattre les idées du FN. Qui sont aussi, qu’on le veuille ou non, un peu les nôtres.

Alain Batchy

Source : Survie

Illustrations extraites de « Kounto et ses amis », ouvrage pour la jeunesse publié chez Flammarion en 1956 (texte T. Trilby, dessin M. Iessel). Ce livre a été réédité en 1997

Notes :

[1] « Droit de réponse », TF1, 5 janvier 1985

[2] Voir le maquillage que Michel Rocard organisa autour de ses déclarations sur la « misère du monde ». Thomas Deltombe, « Michel Rocard, martyr ou mystificateur ? », Le Monde diplomatique, 30 septembre 2009.

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Combattre les idées du Front National

Le texte programmatique qui suit annonce l’avant-propos du prochain Hors Série Tracés “A quoi servent les sciences humaines (IV)” (parution prévue en oct. 2012) et n’a aucune prétention sociologique.

Gueule de bois, enthousiasmes amputés. Au lendemain du premier tour des élections présidentielles, il est difficile de maintenir le cap des espérances démocratiques face au roc des 17,9 % de voix recueillies par la candidate du Front National. Si ce score est inférieur au pourcentage de voix que l’extrême droite avait obtenu en 2002 (16,9 % pour Jean-Marie Le Pen et 2,3 % pour Brunot Mégret), le nombre absolu des votes a augmenté de près d’un million. Les explications politiciennes qui nous sont données ne sont guère satisfaisantes : la droite se réfugie derrière le « vote de crise » – la vacuité sociologique de cet élément de langage saute pourtant immédiatement aux yeux : la « crise » (économique, suppose-t-on) frappe d’autres électeurs que ceux du Front National –, et la gauche lui emboîte le pas en invoquant le « vote de souffrance » – c’est à se demander pourquoi tous les Français n’ont pas voté Front National pour abréger leurs souffrances.

Les variables qui influent sur le vote actuel d’extrême droite sont nombreuses : taille de l’agglomération, statut des salariés et des patrons de PME, catégories sociales populaires. Par ailleurs, quelques journalistes n’ont pas manqué de rappeler le lien statistique fort qui existe entre le vote d’extrême droite et le niveau de diplôme – un lien examiné de longue date par les chercheurs en sciences politiques1. D’après l’Ifop, un électeur sans diplôme sur deux a voté le 22 avril dernier pour la candidate frontiste, et celle-ci ne récolterait que 7 % des voix des électeurs diplômés de l’enseignement supérieur. Le succès des idées défendues par le Front National (xénophobie, racisme, traditionalisme et nationalisme politico-économique, sous couvert de défense de la « vraie » laïcité, des « vraies » valeurs et des « vraies » gens) est donc pour bonne partie conditionné par les trajectoires scolaires empruntées par ses électeurs.

Ne nous trompons pas : le problème n’est pas tant l’« échec scolaire » (une formule qui tend à se focaliser sur l’évaluation individuelle), que la crise d’une institution – l’école – dévalorisée depuis des années à coups de discours caricaturaux sur « les profs » ou « le mammouth ». Du niveau primaire au supérieur, elle est tiraillée entre la mission qui est la sienne – transmettre une culture : une mission qui s’avère trop souvent source de violence symbolique, de dégoûts et d’humiliations en chaîne pour beaucoup d’enfants et de jeunes – et de nouvelles ambitions « professionnalisantes » – qui consistent parfois à abdiquer des objectifs jugés archaïques ou inutiles tels que l’éveil de l’esprit critique.

Pour combattre les idées portées par le Front National et les tendances au repli sur soi, il faut, à nos yeux, revaloriser le rôle des enseignants dans la vie démocratique et annihiler la coupure entre les dynamiques sociales et l’« école », aujourd’hui perçue et vécue comme le lieu de l’évaluation-sanction du mérite individuel. Lutter contre les arguments du Front National et en montrer toutes les limites, c’est nécessairement remettre au cœur de la vie publique, non seulement la question scolaire mais aussi, plus largement, la question éducative. C’est faire sortir l’école de ses gonds, la penser comme un organisme vivant en interaction avec l’environnement qui lui permet de (sur)vivre, avec le monde complexe dont elle ne saurait être déconnectée. Il s’agit bel et bien d’un espace en continuité, et non en rupture, avec la famille, avec la vie du quartier, avec la vie sociale à quelque échelle que ce soit. Cette continuité est un enjeu éducatif fort, souvent rabâché, rarement accompli.

L’école n’est pas non plus une parenthèse, un moment de la vie qui s’arrêterait une bonne fois pour toutes à l’âge de 12, 16 ou 25 ans, duquel on sortirait marqué de façon indélébile et irréversible par son « diplôme ». Les universités populaires prouvent que l’intérêt pour la connaissance déborde le cadre de l’institution scolaire, qu’il peut habiter les membres d’une société tout au long de leur existence. L’école n’est donc qu’un lieu et un moment parmi d’autres dans lequel se développent la curiosité, l’appétence pour le savoir, les techniques de compréhension des autres ou d’explication non partisane des phénomènes socio-historiques. Comme le disait le philosophe John Dewey, l’éducation doit être « un processus de vie et non une préparation à la vie à venir ».

Problématiser conjointement la question scolaire et la question éducative implique de saisir le rôle central que jouent les sciences humaines et sociales dans notre vie démocratique. En ce sens, il faudrait commencer par leur donner une autre place que celle à laquelle elles se trouvent actuellement réduites et confinées. À nos yeux, elles sont d’abord l’instrument qui permet de se servir des compétences et des savoirs inculqués à l’école. Elles sont comme l’interrupteur qui, s’il n’est pas activé, nous laisse dans la pénombre. Les Maîtres vous diront que l’ampoule se trouve juste au-dessus de votre tête et qu’elle peut même diffuser de la lumière, mais s’ils ne vous invitent pas à découvrir où se trouve l’interrupteur, il y a peu de chances que vous voyiez jamais la lumière…

Notre conviction politique est qu’il est temps que tout un chacun – les enfants en premier lieu – puisse actionner l’interrupteur par soi-même. Il faut sortir l’école du sanctuaire dans lequel elle se trouve enfermée, et forger (ou consolider) les outils pédagogiques qui favoriseront les échanges compréhensifs (tant consensuels que conflictuels) entre  individus ou institutions, et qui constituent le socle même de toutes les sciences humaines et sociales. En un mot : diffuser l’esprit d’enquête. Remettre en cause le discours des élites politiques, dont les leaders du Front National font partie quoiqu’ils en disent, nécessite de s’interroger sur la dimension collective de la vie, de s’appuyer sur des faits précis, d’utiliser les techniques et les méthodes qui produisent des connaissances rationnelles sur la société. L’esprit d’enquête consiste à se poser les questions suivantes et à pouvoir y répondre sans tordre la réalité : comment vivent les autres ? Quels sont les intérêts qui les animent, les contraintes auxquelles ils sont confrontés, les subtilités de leurs croyances et de leurs sentiments ? Quelles sont leurs trajectoires, géographiques et sociales ? Quels sont leurs projets ? En un mot, comment se mettre à leur place ?

L’apprentissage renouvelé des sciences humaines et sociales, dès le plus jeune âge et tout au long de la vie, devrait permettre de combattre l’idéologie fataliste qui pèse sur l’institution scolaire, alimente le discours de ses détracteurs, et oriente celui du Front National. Bien loin d’une extrême droite qui préfère jouer la carte du conservatisme et du repli identitaire, nous voulons redire haut et fort que la force des déterminismes sociaux n’est pas une fatalité ! Il est temps de remettre au cœur de notre projet démocratique et collectif l’ambition d’une éducation émancipatrice qui valorise l’enquête, la critique et la compréhension. Un jour alors, les idées nationalistes du FN apparaîtront aux yeux de tous comme ce qu’elles sont : schématiques, frileuses, sans fondements émotionnels autres que la peur et la haine.

Arnaud Fossier et Edouard Gardella

Retrolien :TRACES

  1. Entre autres, pour les élections de 1988, 1995 et 2002, le lecteur pourra se reporter à l’article de Nonna Mayer, 2002, « Les hauts et les bas du vote Le Pen », Revue française de science politique, vol. 52, n° 5, p. 505-520.

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Allocution de JJ BADEIGTS Président du CRIC, 14 juillet 2012 – Villeneuve-de-berg

Merci à celles et ceux qui sont présents pour fêter ce 14 juillet.

Le  CRIC (Comité de Résistance et d’Initiatives Citoyenne), est par définition une organisation  laïque qui rassemble celles et ceux qui à un moment donné veulent lutter contre tel ou tel aspect de ce qu’ils endurent, s’opposer à la régression, proposer des solutions pour conserver et améliorer leurs conditions de vie et protéger les services publics.

Tous ceux qui ne veulent pas subir, qui ont l’intention de résister aux mauvais coups sont les bienvenus, quelque soit par ailleurs leur engagement ou l’absence d’engagement, tant politique que philosophique ou religieux.   […]

Un immense espoir est né de l’élection de François Hollande à la tête de l’état suivi de la mise en place d’une chambre des députés de gauche. Les français ont affiché clairement leur refus de la politique de régression qui était menée.

Pour autant les problèmes que nous connaissions n’ont pas disparu et le CRIC reste vigilant.  Tous les services publics ont été victimes de coupe sombres dans les effectifs et ne sont plus en capacité de rendre aux citoyens les prestations qu’ils sont en droit d’en attendre… nous entendons bien rappeler que les promesses doivent être tenues.

Quoi qu’il en soit ce système qui permet aux ultras riches d’être toujours plus riches et au peuple, celui  des producteurs de richesses : salariés, artisans, paysans et autres enseignants et fonctionnaires, j’en passe, de vivre de plus en plus mal, est toujours en place.

Ces élections ont été marquées par une forte montée de l’extrême droite et je pense utile de dénoncer cette duperie. S’il suffisait d’agiter des drapeaux bleu blanc rouge pour attirer ceux qui se plaignent de leurs conditions de vie le FN a réussi. La tromperie est énorme de la part de ceux qui ne rêvent que de casser la République et en ce jour de 14  juillet il n’est pas inutile de rappeler que la construction de celle-ci s’est faite du sang des patriotes qui ont su défier les forces qui la remettaient en cause.

Se parer de ces vertus patriotiques, alors que leurs amis nazis sont nostalgiques d’un système qui voulait « purifier » la race humaine et qui vit des millions d’hommes, de femmes et d’enfants exécutés au seul motif de leur appartenance à telle ou telle communauté ethnique ou religieuse, à telle préférence sexuelle, à telle ou telle sensibilité politique,…… est pour le moins osé.

Sans se gêner les extrémistes de droite pensent que le moment est arrivé de se découvrir et d’afficher leurs haines racistes et xénophobes. Ils sont encouragés par d’autres qui remettent en cause les acquis sociaux et créent ainsi les conditions pour que les plus vulnérables tombent dans leur piège.

Les patriotes qui combattirent pour la libération de notre pays du nazisme ont voulu clairement que notre République soit porteuse d’améliorations sociales, la dernière décennie a vu la démolition systématique du programme du Conseil National de la Résistance. Cette casse est le terreau de l’extrême droite qui ne craint pas d’usurper l’appellation « Front National » qui était le nom de l’organisation qui fédérait les différents courants de la résistance. Jean Moulin et les autres qui firent le sacrifice de leur vie doivent se retourner dans leur tombe.

Ces pseudos patriotes véritables danger pour la République, sont absents des commémorations telle que celle du 8 mai. On peut les comprendre de ne pas vouloir participer à des cérémonies qui rappellent la victoire des alliés sur ce fléau que fut le nazisme, idéologie dont ils sont nostalgiques.

On peut les comprendre de ne pas vouloir rappeler que ceux qui se prévalent de leur idéologie étaient les mêmes qui, dans la gestapo, les milices participaient activement à la chasse aux résistants, s’enrôlaient dans l’armée allemande pour combattre sur le front de l’est, fusillaient les résistants, traquaient les juifs.

En ce jour, qui doit rester à la fête, il m’a semblé utile d’afficher clairement une volonté farouche de défendre les valeurs de la République, de rappeler que nous ne laisserons à personne le loisir de remettre en cause ce qui a fait et fait la France.

Je vous remercie de votre attention.